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    Régions

    Mezouar en tournée régionale Les priorités pour 2019

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5445 Le 04/02/2019 | Partager
    Travailler sur les grands dossiers et restaurer la confiance
    Réfléchir ensemble sur le modèle de développement
    «L’avenir de l’économie nationale se fera dans les territoires régionaux»

    Identifiant Scald invalide.

    Salaheddine Mezouar a entamé, vendredi dernier, une tournée dans les différentes régions. Le président de la CGEM veut un partenariat solide avec les conseils élus. «Le développement du Maroc se fera dans les territoires régionaux et avec l’implication du secteur privé», dit-il (Ph. YSA)

    Il est venu chercher la «Baraka de sa ville natale (Meknès) et sa région». Salaheddine Mezouar a entamé, vendredi dernier, une tournée dans les différentes régions. Pour sa première escale, le président de la CGEM a rencontré les opérateurs de Meknès, dans la matinée, et ceux de Fès l’après-midi.

    Accompagné de Fayçal Mekouar, Mohamed Fikrat, Abdelkrim El Mehdi, Fadel Agoumi, Marwa Talal, et autres hauts cadres du Patronat, l’ex-ministre de l’Industrie, des Finances et des Affaires étrangères s’est voulu rassurant sur la ténacité de son équipe.

    «Nous ne travaillons pas dans l’anarchie. Nous nous penchons plutôt sur de grands dossiers tels les délais de paiements, la restitution de la TVA, la fiscalité…», dit-il. Sa tournée intervient «dans le cadre du processus de mise en œuvre d’un nouveau modèle de développement».

    L’Economiste revient sur les principaux points débattus lors de la première escale du patron des patrons.

    ■ Une réponse rapide et efficace… aux doléances
    Devant les opérateurs affiliés à l’Union de la CGEM Meknès-Ifrane, Mezouar a rappelé le contexte difficile de l’économie marocaine. «Nous devons trouver des réponses rapides, efficaces, et réconciliantes aux doléances des Marocains», souligne le président de la CGEM. Ce dernier ne nie pas que le Maroc a réalisé plusieurs chantiers en 20 ans. Le Royaume a créé de la richesse, appuyé le secteur privé, et formé les ressources humaines. Toutefois, les défiances, disparités sociales et vulnérabilités s’accentuent. De plus, notre système éducatif est défaillant. «Il y a des problématiques structurelles qu’il faut rétablir dans l’immédiat, et avec l’appui des Régions. Il est anormal que des régions soient moins développées que d’autres», estime Mezouar. Pour y remédier, ce dernier propose un modèle de développement inclusif qui puisse assurer un taux de croissance de plus de 5%. «Car, les 3% de croissance, observés durant les sept dernières années, sont insuffisants et ne font qu’aggraver la situation», estime l’ex-SG du RNI.

    ■ Impliquer le privé dans le développement  
    «Je suis convaincu que l’avenir de l’économie nationale se fera dans les territoires régionaux, et l’entreprise doit être au cœur du nouveau modèle économique», indique Mezouar. Conscient de l’importance de la région Fès-Meknès, avec ses viviers d’emplois, il a souligné que «les contraintes de la jeunesse et du chômage, tout comme pour les tensions sociales et économiques, ne peuvent être endiguées sans l’implication du secteur privé». L’enjeu étant économique, social et géopolitique, l’entreprise est appelée à jouer un rôle prépondérant. «Le Maroc doit atteindre un taux de croissance de 7% afin d’assurer le développement escompté, respecter les délais de paiement, grandir et devenir fort…», estime Mezouar. Pour aller vite, il faut lever tous les verrous. «L’Etat est impliqué dans la gouvernance à plusieurs niveaux. Il faut définir son rôle et celui du secteur privé». Celui-ci doit être amélioré, développé, et voir sa base s’élargir…afin de participer à la résolution des grandes problématiques liées au chômage.

    ■ Régionalisation avancée et décentralisation… aussi
    De l’avis du top management de la CGEM, les opérateurs économiques doivent jouer un grand rôle aux côtés des autorités et conseils régionaux. «Ceci, dans un cadre organisé et institutionnalisé», insiste le président de la Confédération.
    «Il faut activer la décentralisation et travailler en coordination sur la réalisation des plans de développement régionaux», appelle-t-il. Ce qui nécessite une vision claire pour doper l’attractivité des territoires régionaux. En attendant, la CNSS, l’impôt, et le foncier constituent des problématiques récurrentes et décourageantes. Pour réveiller les capitaux, restaurer la confiance et booster la création d’emploi, Mezouar recommande des lois fiscales simplifiées et facilitées, «ne donnant pas libre cours aux interprétations de l’inspecteur des fiscs». Sur la question des délais de paiement, quelque 560 milliards de DH sont gelés en attente de paiement.
    «C’est plus qu’offrent les banques en matière de financement», fait remarquer le président de la CGEM. Et de poursuivre: «pour les marchés publics, des entreprises attendent plus de 10 mois avant de se faire payer… de plus, il y a 40 milliards de DH de TVA à restituer». Ces fonds devraient normalement booster l’économie du pays.

    ■ Exemplarité de l’Etat et lutte contre l’informel
    Afin de redresser la situation, un choc de confiance est nécessaire. Ainsi, Mezouar insiste sur le principe de «l’exemplarité de l’Etat», évoqué par le Roi lors de son discours du 20 août 2018. Il en est de même pour la lutte contre les importations informelles «néfastes et menaçantes pour la stabilité économique du Royaume». A ce titre, «la CGEM appuie les actions de contrôle menées par l’administration des douanes qui ont généré une hausse de 20% du chiffre d’affaires pour les entreprises qui travaillent dans la légalité». A noter que chaque hausse du chiffre d’affaires se traduit par une création d’emploi.
    Pour ce qui est de la crise des commerçants, Mezouar s’est montré ferme. Pour lui, «il faut savoir ce que nous voulons: est-ce une économie forte ou fragilisée?». Le patron des patrons se dit pour «une économie ayant des fondements solides». En ce sens, sa confédération prépare des assises sur le système fiscal. «Celui-ci doit être facile, simplifié, appliqué dans la transparence, et sans abus... Autrement, nous irons droit au mur», conclut-il.

    La dimension africaine aussi

    Pour le président de la CGEM, le Maroc doit développer de nouveaux marchés en plus de ceux de l’Union européenne. Dans leur conquête, les entreprises marocaines bénéficient de la capacité d’accompagnement qu’offre la CGEM. «L’image de notre Roi est un atout majeur pour nous au niveau du continent africain», souligne Fayçal Mekouar, vice-président de la CGEM.
    De son côté, Aziz Fertahi, président de l’Union de la CGEM Meknès-Ifrane a appelé à «la création d’une zone logistique proche de la capitale ismaïlienne, la révision à la baisse du prix du foncier de l’Agropolis, ainsi que l’activation du projet de la ZI de Ouislane. «Pour réussir le chantier de la région, il faut que les habitants de Fès-Meknès soient moins critiques pour leur territoire et ouverts sur d’autres régions», conseille Mohand Laenser, président du Conseil régional.

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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