×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Région minière de Tafilalet et de Figuig: La mise à niveau est enclenchée

    Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5437 Le 23/01/2019 | Partager
    A peine 6.000 km2 traités sur 60.000, l'exploitation artisanale montre ses limites
    Centrale d’achat, formation des artisans, éviction des intermédiaires, appel aux privés
    Un décret de la loi 74-15 pour réglementer et redynamiser le secteur, attendu
    zone_de_competence_de_la_cadetaf_037.jpg

    Le Dahir autorise à la CADETAF, par dérogation à l'article 8 du Règlement minier, l'exploitation artisanale des gisements de plomb, de zinc et de barytine à  l'intérieur du territoir qui couvre actuellement les provinces d'Errachidia, de Figuig et une partie des  provinces de Zagora et de Boulemane

    Le Drâa Tafilalet a une longue histoire minière. La région regorge de potentiel minier et dispose d'une qualité de minerais reconnue à l’échelle nationale et internationale.

    Toutefois, ces capacités demeurent largement inexploitées et n'intègre pas encore la dynamique économique engagée au niveau national. En cause: une activité minière artisanale non structurée et majoritaire sur un territoire évalué à 60.000 km2, mais la région ne tire réellement profit que seulement de 6.000 km2.

    Connue sous le nom de Région minière de Tafilalet et de Figuig, cette zone produit principalement trois minéraux: le plomb, la barytine et le zinc. Elle connaît des limites surtout à cause de son mode d’exploitation artisanal et obsolète qui ne permet pas de pousser très loin le développement de l’exploration et de l’exploitation minière. Avec les minéralisations qui deviennent de plus en plus profondes, les moyens et les méthodes de mise en valeur dépassent largement la capacité des artisans mineurs.

    secteur_minier_artisanal_037.jpg

    Entre 2016 et 2017, l’activité minière artisanale a réalisé un CA de 281,8 millions de DH et a enregistré une évolution positive sur l’ensemble des indicateurs, mis à part le nombre des artisans miniers qui a baissé de 2,6%

    Afin de redynamiser l’exploration et la recherche minière et restructurer l’activité artisanale, un projet de mise à niveau ambitieux est mis en route et dont les objectifs devraient être atteints en 2030. La restructuration de l’activité minière artisanale dûTafilalet et Figuig est effectuée dans le cadre du projet de loi 74-15, qui est une refonte du Dahir du 1er décembre 1960 portant création de la région minière de Tafilalet et de Figuig.

    «La réforme a deux objectifs. Le premier concerne les artisans, en les aidant à se développer et être mieux encadrés, tout en sauvegardant leurs intérêts et valorisant leurs produits, notamment en éliminant, progressivement, les intermédiaires. Le deuxième objectif est de permettre aux autres opérateurs privés d’accéder à ce territoire minier, longtemps restreint aux seuls artisans mineurs», résume Lhou Lmarbouh, président de la Fédération nationale de l’industrie minérale (FNIM).

    En effet, le projet en question table sur l’intervention des opérateurs privés moyennant des accords de partenariat avec les artisans mineurs locaux afin de couvrir l’ensemble de la zone minière. Autre action prioritaire: augmenter la cadence de la cartographie géologique dans le territoire, ce qui permettra de disposer d’une vue d’ensemble sur le potentiel et les opportunités pour les investisseurs éventuels.

    situation_financiere_de_la_cadetaf_037.jpg

    Avec une évolution du chiffre d’affaires de 35% entre 2016 et 2017, la Centrale d'achat et de développement de la région minière de Tafilalet et de Figuig (CADETAF) dispose d’une meilleure assise financière pour accompagner le secteur

    Et enfin, la restructuration de l’activité minière artisanale fera en sorte de rehausser le niveau du secteur et de professionnaliser le métier à commencer par la Centrale d'achat et de développement de la région minière de Tafilalet et de Figuig (CADETAF). Cette centrale est une structure publique qui a pour vocation la supervision de l’activité minière artisanale, l’encadrement des artisans mineurs et la commercialisation des minerais extraits dans cette zone.

    Avec la sortie du décret d’application du projet de loi 74-15, prévue pour bientôt, un décollage économique prometteur est attendu dans cette zone. «Le décret du projet de loi 74-15 est en phase avancée et sa sortie est attendue dans les quelques semaines à venir. L’enclenchement du processus a permis d’ouvrir la porte des échanges entre les différents partis et de créer une passerelle de communication entre le ministère de tutelle et les artisans mineurs», explique Saïd Majioud, directeur par intérim de la CADETAF.

    Ainsi, l’activité minière artisanale de Tafilalet et Figuig entame un nouveau chapitre dans son histoire. Des rencontres d’information et de sensibilisation sont organisées régulièrement avec les artisans mineurs, afin de faire connaître les changements apportés par la loi et rassurer quant à leurs effets sur l’activité minière dans cette zone.

                                                                                               

    Une zone minière créée par Dahir

    Pour comprendre l’impact des nouvelles dispositions du projet de loi 74-15, il faut comprendre le secteur et son organisation dans la zone minière de Tafilalet-Figuig. En effet, ce n'est qu'en 1952 que les travaux miniers ont été entrepris dans la région minière de Tafilalet et de Figuig dans le cadre de  la législation minière (Dahir du 16 avril 1951) portant règlement minier au Maroc.

    Plusieurs gisements ont été alors découverts dans le Tafilalet par des sociétés privées. Cependant, une activité artisanale illicite a vu le jour et s’est rapidement développée notamment après la fermeture des exploitations industrielles des gisements de Tafilalet.

    Pour régulariser cette situation, il a fallu donner un cadre légal à cette activité, ce qui a donné lieu à la création de «la région minière de Tafilalet et Figuig» et la création d’une centrale d’achat dédiée «CADETAF» pour superviser l’activité minière dans cette zone.

    Sabrina BELHOUARI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc