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    Economie

    Amzazi défend les choix de sa réforme

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5434 Le 18/01/2019 | Partager
    La question linguistique est tranchée
    Le recul des inscriptions dans les filières scientifiques est inquiétant
    La gratuité de l’enseignement obligatoire n’est pas discutée

    Pour Saaid Amzazi, la stratégie élaborée en matière linguistique est claire. Le ministre de l’Education nationale a mis au point un plaidoyer qui met en pièces l’argumentaire avancé par les adversaires de l’enseignement des matières scientifiques en français. Ces derniers se recrutent dans le PJD au point de diviser la majorité.

    Dans cette opposition farouche, le parti de Saâdeddine El Othmani a trouvé dans l’Istiqlal un allié naturel. Qu’importe, l’essentiel est que sur cette question linguistique, les nouveautés apportées par le projet de réforme en discussion à la Chambre des représentants cadrent avec l’ambition d’inscrire les générations à venir dans la modernité.

    Pour le ministre, ce projet de texte s’appuie sur trois références. Primo: la Constitution comporte 2 chapitres qui traitent de ce dossier. Deuzio: les orientations royales dans le sens où le Souverain a déjà dressé l’état des lieux de la question linguistique, notamment les langues d’enseignement. Tertio: la vision stratégique, préparée par le Conseil supérieur de Omar Azziman dont la composition est large et représentative de toutes les forces vives de la société.

    «Nous avons pris en compte ces trois références pour élaborer une proposition incarnée par le projet de loi-cadre. Aujourd’hui, nous défendons une question d’équité pour que tous les Marocains puissent bénéficier du même type d’enseignement. Les enfants dont les familles ont la capacité de payer les écoles privées sont mieux formés en langues étrangères que ceux qui restent à l’école publique», martèle Amzazi lors d’une conférence de presse donnée hier jeudi sur le bilan d’étape de la mise en œuvre de la vision stratégique 2015-2030.

    Pour convaincre, le ministre avance des données chiffrées. Selon lui, dans les facultés des sciences, les étudiants qui réussissent rapidement viennent des établissements privés, ayant une meilleure maîtrise des langues. Il enfonce le clou en évoquant la fracture linguistique entre le lycée et le supérieur, particulièrement les lauréats du bac dans les premières années de fac.

    Ainsi, 26% d’entre eux n’arrivent pas à passer l’examen du premier semestre parce qu’ils se retrouvent dans un environnement différent, où ils ne maîtrisent pas les langues.

    «De plus, 34% de nos bacheliers vont choisir des filières en arabe pour fuir la question des langues», dit-il. Il cite d’autres aberrations comme des bacheliers scientifiques qui suivent des filières de sciences humaines alors qu’on devrait les retrouver dans les facs de sciences.

    Le recul des inscriptions dans les disciplines scientifiques est inquiétant: 58% en économie et en droit, près de 30% en sciences humaines et sociales et à peine 12% dans les sciences exactes. «Nous le payerons cher, car la recherche technologique et scientifique se base sur ces disciplines. Donc, il est impératif de régler la question de la langue véhiculaire des matières scientifiques entre le secondaire et le supérieur. Arabiser l’enseignement supérieur  risque de nous isoler», lâche le ministre.

    Toujours sur le même registre, il rappelle que «dans les sciences, les productions sont plus en anglais qu’en français et plus en français qu’en arabe». Pourquoi le français? Le ministre n’élude pas la question.

    Selon lui, «le Maroc dispose d’un capital d’enseignants qui maîtrisent les matières scientifiques dans cette langue. Si nous avions un contingent en anglais, nous aurions basculé vers cette langue. Ce sont des choses qui prendront du temps mais l’opération est lancée. Dans dix ans, l’avantage sera plus donné à l’anglais qu’au français, sachant que la mondialisation l’impose. Aujourd’hui, il faut absolument créer de l’équité vis-à-vis des Marocains pour qu’un enfant issu de l’école publique ait les mêmes chances que le privé», précise le ministre.

    Sur la contribution financière des familles, Saaid Amzazi est catégorique. Pour lui, la loi est très claire: le principe de la gratuité dans l’enseignement obligatoire, qui va jusqu’à 16 ans, n’est absolument pas discutée. L’Etat garantit à tout élève pauvre la poursuite de ses études supérieures. Il recadre le sujet en rappelant qu’il est question de frais d’inscription.

    «Ce projet de loi-cadre vient rendre justice à plusieurs familles pauvres qui ne payeront pas ces frais après son entrée en vigueur», dit-il. Les frais d’inscription ne serviront pas à financer la réforme qui puisera ses ressources dans le Fonds qui sera créé par l’Etat. Ils profiteront aux établissements pour améliorer les prestations rendues aux élèves. Les frais d’inscription ne dépassent pas 500 DH par an.

    Le patrimoine de l’Education n’est pas à vendre

    La question du patrimoine foncier du ministère revient sur la table. La mise en œuvre de la réforme a un coût, estimé à 10 milliards de DH chaque année. Un Fonds qui sera créé servira à accompagner l’effort de réforme. «Le patrimoine dont dispose le ministère est extraordinaire. Il compte 500 écoles mais il n’a jamais été question de vendre ce patrimoine», tranche Saaid Amzazi.
    Par contre, il est possible de réhabiliter les établissements pour en faire des structures scolaires par adjudications publiques, à travers des conventions avec le privé. L’objectif est de développer l’offre et favoriser la scolarisation et non de gagner de l’argent.

    Mohamed CHAOUI

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