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    Société

    Le trafic de cocaïne met les autorités sous pression

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5430 Le 14/01/2019 | Partager
    Le Maroc de plus en plus confronté aux réseaux de trafic international
    La résine de cannabis à Tanger, Gueltat Zemmour… Les saisies se multiplient
    Cannabis: Réduction des superficies cultivées de 65%

    244 kg de résine de cannabis à Tanger, 3,7 tonnes de chira à Gueltat Zemmour… Les saisies des services de sécurité se sont multipliées au cours de cette semaine. Elles confirment les statistiques fournies par le ministère de l’Intérieur.

    En effet, à fin septembre dernier, les autorités avaient intercepté plus de 90 tonnes de kif, 51 tonnes de chira,  606.239 psychotropes et plus de 617 kg de cocaïne. L’essor du trafic international de drogues dures met sous tension les services marocains de sécurité. Le ministère de l’Intérieur s’organise pour lutter contre ces réseaux qui choisissent de transporter ces marchandises illicites par voie maritime.

    La longueur du littoral et la sophistication des moyens utilisés par les trafiquants n’arrangent pas les affaires de Rabat. Depuis ces dernières années, les trafiquants ont opté pour des liaisons maritimes dans le sud du Maroc. Ils exploitent ainsi la situation sécuritaire fragile, avec des frontières poreuses, dans le Sahel et le Sahara, pour en faire de nouveaux circuits de trafic de drogues dures.

    Le trafic de cocaïne en provenance de l’Amérique du sud en direction de l’Afrique, notamment du nord, a atteint des niveaux inquiétants. La cocaïne passe par le Maroc par voie aérienne, en utilisant les vols commerciaux ou maritimes à travers l’Atlantique pour ensuite transborder les marchandises vers d’autres destinations.

    Pour contrecarrer  ces pratiques, des dispositifs de contrôle ont permis à l’aéroport Mohammed V de Casablanca le démantèlement de divers réseaux qui opèrent dans ce créneau. Selon un document du ministère de l’Intérieur, en 2017, une seule opération a permis de saisir plus de 2.500 kg de cocaïne et de démanteler un réseau ayant des ramifications en Europe et en Amérique latine.

    Parallèlement à cette traque, qui nécessite une coopération internationale étroite et des moyens supplémentaires, le ministère de l’Intérieur agit sur un autre front. Il s’agit de la bataille contre le cannabis dans les provinces du nord, dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre les drogues.

    Ainsi, les autorités poursuivent les actions contre cette culture, selon une vision progressive. Selon une source du ministère de l’Intérieur, les efforts entrepris ont permis de réduire les superficies cultivées de 65%. Celles-ci représentent 47.000 ha contre 134.000 ha auparavant, d'après la dernière évaluation réalisée sur la base de photos prises par satellite.

    Les autorités ont maintenu leur campagne en 2018 contre la propagation des cultures interdites dans ces régions. Les mesures préventives ont conduit à la destruction de centaines d’hectares consacrés à cette culture illicite dans ces zones.   

    Approches globales et complémentaires

    Cependant, à travers cette lutte, le département de l'Intérieur ne se limite pas à l'approche  sécuritaire. Il a conçu une série de mesures, qualifiées de «globales et complémentaires». L’approche de développement est considérée comme l’un des piliers de la politique suivie pour réussir dans sa lutte contre la culture du cannabis.

    Ces régions ont bénéficié de nombreuses initiatives qui s’inscrivent dans le cadre du Plan Maroc vert, l’INDH ainsi que d’autres programmes de développement sur le plan local. L’Etat cherche des solutions et de nouvelles alternatives dans ces zones tout en venant en aide aux populations pour qu’elles abandonnent progressivement des ressources en provenance de la culture du cannabis.

    Il s’agit également de protéger les cultivateurs de la mainmise des trafiquants et des réseaux criminels qui opèrent dans le secteur. Surtout que la hausse de la demande internationale de ce produit et sa commercialisation en progression constante représentent des blocages qui réduisent les efforts fournis par le Maroc.

    Ce qui n’a pas découragé les groupes parlementaires de l’Istiqlal et du PAM à déposer une proposition de loi afin de demander la légalisation de la culture et de la distribution du cannabis à des fins médicales. Dans la même lancée, ces groupes d'élus réclamaient la fin des poursuites à l’encontre de plusieurs milliers de personnes recherchées ou impliquées dans le trafic du haschich. Le ministère de l’Intérieur a rejeté ces propositions, considérant qu'elles sont électoralistes.

    Par ailleurs, Rabat s’inquiète du développement sans précédent de la consommation des psychotropes, avec les risques sur la santé, la sécurité et la stabilité sociale, surtout chez les jeunes.

    Au cours des dernières années, sont apparus des produits classés amphétamines,  particulièrement les pastilles d’ecstasy. Ils sont importés en contrebande des pays d’Europe occidentale, avec des bagages non accompagnés transportés par les agences internationales de transport de voyageurs et de marchandises.

    Au port de Tanger-Med, les autorités ont saisi 40 millions de comprimés Tramadol, cachés dans des conteneurs en provenance de l’Inde, et à destination des pays subsahariens.

    Partage d’informations

    Pour lutter contre les réseaux de trafic international opérant dans le domaine de la drogue dure, l’Etat a renforcé le système sécuritaire et consolidé les capacités nationales. Plusieurs réunions ont été tenues entre les différents services de sécurité en vue de coordonner les efforts pour la confrontation et le démantèlement des réseaux actifs dans ce domaine. Le contrôle a été renforcé tout au long du littoral, à l’intérieur des ports, des aéroports internationaux, tout en modernisant le matériel et les techniques de recherches. En parallèle, le Maroc mise sur le renforcement de la coopération, particulièrement au niveau de l’échange d’informations sur le terrain à travers les officiers de liaison et les centres de police commune ainsi qu’à travers Interpol.

    Mohamed CHAOUI

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