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    Analyse

    Matériaux de construction: L’écosystème logement et construction piétine

    Par Nadia DREF | Edition N°:5427 Le 08/01/2019 | Partager
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    David Toledano, président de la Fédération des matériaux de construction (FMC): «Il y a un virage qualitatif dans la construction qui interpelle le secteur» (Ph. Jarfi)

    David Toledano, président de la Fédération des matériaux de construction (FMC) et membre du Conseil national de l’habitat (CNH), qui vient d’être redynamisé, remet les pendules à l’heure. Si l’optimisme est de mise malgré une année négative, la création de l’Ecosystème logement et construction bloque sur des problèmes d’égo qu’il faudra dépasser. Détails.

    - L’Economiste: Comment s’est comporté le marché des matériaux de construction en 2018?
    - David Toledano:
    Le marché se porte un peu mieux ces temps-ci. Nous avons eu des mois difficiles suite aux arrêts des chantiers à cause des pluies et des fêtes. Toutefois, il y a eu une petite reprise du marché cimentier en fin d’année qui a atténué la baisse. Pour le moment, les chiffres sur les ventes du ciment ne sont pas encore disponibles, mais une chose est sûre, la consommation a baissé.  L’activité des autres producteurs de matériaux de construction (céramique, carreaux…) commence à s’améliorer. Il y a déjà une stabilisation et une certaine  résilience. Les opérateurs ne produisent plus selon leurs capacités, mais plutôt en fonction de la demande. Chaque opérateur essaye de trouver des marchés à l’export.

    - Comment relancer le secteur dès 2019?
    - Pour 2019, nous n’espérons pas une hausse brutale. Nous sommes entrés dans une situation de gestion de marché par rapport à la demande. Nous restons optimistes. Si la commande publique, qui a pris du retard, est relancée, ce sera pour nous une aubaine. Les montants d’investissements qui sont dans le pipe sont importants. Ces chantiers profiteront à plusieurs industries dont l’acier, le ciment et le béton. Aussi, il y a un virage qualitatif dans la construction qui interpelle le secteur. Jusqu’à présent, nous étions arc-boutés sur tout ce qui est basique (ciment, acier, produits en béton…).
    Aujourd’hui, il y a une véritable révolution et innovation dans les matériaux de construction. Beaucoup de produits nouveaux et innovants améliorent à la fois l’esthétique et la qualité du bâti ainsi que la vie de l’acquéreur sans pour autant pénaliser le coût de la construction. 

    - Le secteur peut-il attirer de nouveaux investisseurs étrangers?
    - L’industrie des matériaux de construction offre des perspectives très prometteuses aux investisseurs étrangers. Il y a même un grand intérêt de la part des opérateurs ibériques. L’exemple de l’Espagne est constructif. C’est un pays qui a été durement touché par la crise et il l’est encore aujourd’hui. Certes, il n’y a pas encore de reprise réelle dans le secteur du BTP chez nos voisins, mais ils ont opéré une relance par l’innovation, tous secteurs confondus. Ceci a permis de redynamiser cette activité.
    L’Espagne est le premier partenaire commercial du Maroc. Nous avons appelé les opérateurs espagnols, qui désirent développer leurs activités à l’international, à venir investir au Maroc. L’idée c’est de produire avec les Marocains de nouveaux produits. Il y a des niches où il faut investir pour fabriquer de nouveaux produits tels le complexe d’étanchéité, l’accompagnement des produits électriques, la rénovation de façades…

    - Où en est la mise en place du contrat-programme FMC?
    - Nous sommes actuellement en train de dérouler notre écosystème de la FMC. La cellule animation a été créée. Nous avons reçu une enveloppe budgétaire de la part de l’Etat. Nous allons commencer la mise en place du contrat-programme. Nous allons bientôt lancer les études pour la réalisation des écosystèmes. Nous travaillons sur l’écosystème Souss-Massa qui a été signé à Agadir. Nous avançons également sur l’écosystème matériaux de construction qui regroupe le ciment, l’acier, le marbre, le préfabriqué et la céramique. Il y a déjà 11 projets déposés par les producteurs de béton. Deux grands projets de valorisation de déchets sont finalisés par les cimentiers. S’y ajoutent d’autres projets dans l’acier qui sont à l’étude.
    Les marbriers et les céramistes ont un peu plus de difficultés. Les marbriers sont en train de se structurer pour tirer profit des avantages de l’écosystème et lancer de nouveaux investissements. Nous accompagnons également les céramistes.

    - Qu’en est-il de l’écosystème logement et construction?
    - C’est complexe. A savoir s’il verra le jour! Aujourd’hui, les fédérations ne sont pas toutes au même niveau. C’est ma propre perception des choses. Il y a encore des soucis de gouvernance. Nous avons fait un gros travail de rapprochement de points de vue. Mais il faut vraiment un électrochoc à faire subir. Aujourd’hui, nous ne sommes pas loin. La distance qui reste à parcourir est minime, mais elle est difficile à franchir car nous n’arrivons pas encore à faire changer les mentalités. Il y a des fédérations qui sont plus ou moins structurées et tournées vers l’intérêt de la profession. Je préfère rester positif, mais il faut une volonté puissante et sans arrière-pensée pour dépasser les égos et arriver à bon port.

    - Comment évaluez-vous le nouveau plan de relance de l’habitat?
    - C’est un premier jet à peaufiner.  J’ai été nommé membre du Conseil national de l’habitat. Aujourd’hui, il y a une grande conscience du fait qu’il faut consulter et ne pas prendre une décision unilatérale. L’ensemble du bâti monte en qualité. L’architecte doit intervenir sur tout ce qui est bâtiment, y compris le plus petit immeuble. C’est le seul moyen de garantir la qualité. Il ne faut pas que les architectes attendent le grand projet ou le gros coût pour s’y jeter. Il faut se rapprocher des gens. Même l’habitant clandestin, il faut l’encadrer. Ensuite, il faut intégrer tous les intervenants, notamment les ingénieurs, les producteurs de matériaux de construction… L’acte de construire est un acte majeur dans la vie. A la fin, l’Etat sera le premier gagnant. Même s’il fournit un effort financier pour aider le secteur, il sera récompensé. Il va percevoir de l’argent sur le bâti tout au long de sa vie (taxes annuelles et celles sur le profit). Autre constat: les problèmes du foncier et de la verticalité sont des points qui sont actuellement pris au sérieux. Il y a des pistes intéressantes. Certes, il n’y aura pas l’euphorie des années 2000, mais une reprise est attendue. Ce que nous souhaitons c’est d’avoir une stabilité et d’avoir une vision claire. La demande est là. Il y a des nouveaux ménages qui vont vouloir se loger, des primo-accédants... Le logement locatif est aussi pris en considération.

    Propos recueillis par Nadia DREF

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