×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Changement climatique: Comment optimiser les retombées

    Par Nadia DREF | Edition N°:5414 Le 18/12/2018 | Partager
    nezha_el_ouafi_014.jpg

    Nezha El Ouafi, secrétaire d’Etat chargée du Développement durable: «Aujourd'hui, le décor est bien planté. Nous allons œuvrer pour concrétiser les actions au niveau régional et local» (Ph. SEDD)

    Le Maroc est convaincu de l’urgence de l’action climatique et d’une opérationnalisation efficace de l’Accord de Paris, qui pousse les Etats à renforcer leurs ambitions. Nezha El Ouafi, secrétaire d’Etat chargée du Développement durable, analyse les enjeux pour le Royaume.

    - L’Economiste: Quels sont les freins au changement climatique?
    - Nezha El Ouafi:
    La question du changement climatique est à l’agenda international depuis plus d’un quart de siècle. Pourtant, nous sommes encore très loin d’avoir mis en place toutes les solutions. Ceci au moment où les impacts du réchauffement climatique (sécheresses ou inondations, phénomènes climatiques extrêmes, blanchissement des coraux, acidification des océans et bien d’autres impacts) voient leur fréquence et leur intensité s’accentuer d’année en année. Certes l’Accord de Paris représente une avancée importante dans l'histoire du multilatéralisme écologique et en terme politique. Toutefois, la plupart des Etats sont loin d’avoir mis en place des politiques permettant de restreindre la hausse de température à 2°C de plus par rapport aux températures de l’ère préindustrielle et encore moins l’ambitieux objectif de 1,5°C. Les évaluations actuelles montrent que la communauté internationale doit fournir beaucoup plus d’efforts pour atteindre ces objectifs.

    - Quelle lecture faites-vous du pacte sur l’opérationnalisation de l’Accord de Paris?
    - La COP24 à Katowice a connu l'adoption des directives de l'Accord de Paris. Ce «rulebook» est conçu pour encourager une plus grande ambition d'action en faveur du climat et doit bénéficier à tous les pays, en particulier les plus vulnérables. L’un des éléments-clés du pacte de Katowice est un cadre de transparence détaillé, destiné à promouvoir la confiance entre pays, notamment sur les questions du financement. Ce paquet reconnaît que tous les pays contribuent à la lutte contre le changement climatique. L'accord définit la manière de décider de nouveaux objectifs plus ambitieux à partir de 2025 et de réitérer l'engagement actuel de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020.

    - Comment se profile l’après COP24?
    - Ambition. C’est le mot d’ordre du Secrétaire général qui organisera un sommet sur le climat le 23 septembre au siège de l’ONU à New York au début de la 74e assemblée générale afin de susciter la participation des gouvernements au plus haut niveau.
    Aujourd'hui, le décor est bien planté. Nous allons œuvrer à tous les niveaux national, bilatéral  et international pour saisir l'opportunité et concrétiser les actions sur le terrain au niveau régional et local. Nous devrions être efficaces et concis dans la préparation de nos projets et programmes climatiques. L'expertise nationale doit être renforcée pour faciliter la mobilisation des financements.  Nous devrions aussi jouer la carte de l'Afrique et de la coopération Sud-Sud. Mais sans oublier d’accélérer nos chantiers réglementaires et de communiquer davantage à l'international pour attirer plus de financement.

    - Quelles sont les priorités du Maroc pour 2019?
    - Etant donné la grande vulnérabilité du Royaume aux impacts du changement climatique, le processus Programme national d’adaptation (PNA) est non seulement un engagement vis-à-vis de la communauté internationale, mais aussi une nécessité pour notre pays. Le Maroc a beaucoup à gagner en s’engageant dans un tel processus d’une manière urgente, holistique, intégrée, participative, inclusive et efficace. En 2019, notre pays visera à aligner les priorités nationales aux engagements internationaux du changement climatique. Ce qui passera à travers la mobilisation déjà engagée pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement durable adoptée par le Souverain en juin 2017. Il s’agira également de renforcer la résilience de façon adéquate et urgente de la population et des territoires  à travers l'alignement des PNA avec les PDR qui sont en cours. Quatre conventions ont été signées dans ce sens. D’autres sont en  cours de préparation. Ce chantier vise aussi à accroître le soutien politique de haut niveau à l’adaptation. Autre objectif: mobiliser le soutien technique et financier au niveau international à l’adaptation à travers le Centre de compétences en changement climatique.

    Propos recueillis par Nadia DREF

                                                                     

    Mise en œuvre de la NDC Maroc

    La contribution nationale définie (NDC) du Maroc trouve son ancrage institutionnel dans la SNDD. Elle affiche une ambition de réduction totale de 42% des émissions de gaz à effet de serre en 2030. Pour y arriver, il va falloir mettre en œuvre 55 projets pour un investissement global de 50 milliards de dollars. NDC Maroc dispose également d’un volet consacré à l’adaptation décliné en plusieurs objectifs sectoriels chiffrés pour les horizons 2020 et 2030.

    Le coût global de mise en œuvre s’élèvera au minimum à 35 milliards de dollars. Une feuille de route de la mise en œuvre de la  NDC a été élaborée  à la lumière des consultations sectorielles qui ont permis de donner une vue d’ensemble des contraintes et solutions pour la réalisation des projets inscrits dans la NDC.

    En 2019, le Maroc procédera à la réalisation de ladite feuille de route. Objectif: surmonter les défis répertoriés lors de consultations menées auprès de différentes parties prenantes marocaines ayant un rôle à jouer dans la mise en œuvre de la NDC.

     

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc