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    Analyse

    Paiement mobile: Banques et télécoms doivent s'accorder

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5413 Le 17/12/2018 | Partager
    Des efforts, notamment sur les coûts, pour développer les usages
    Pour les opérations de paiement, la commission supportée par le commerçant serait inférieure à 1%
    Cinq entreprises dont quatre banques prêtes à se lancer
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    Dans un pays où le cash est dominant, l'introduction d'un nouveau moyen de paiement et son adoption reste un vrai challenge. Il y aura une période de communication et d'acculturation (Ph. DR)

    A fin novembre, les Marocains ont réglé 23 milliards de DH d’achats avec leur carte bancaire. Les transactions sont en hausse de deux chiffres depuis plusieurs années, mais comparées aux autres moyens de paiement, elles restent peu significatives.

    Là où le paiement par carte bancaire commence à rentrer dans les habitudes, le marché espère aller plus vite avec le paiement via le smartphone. Objectif: capter entre 50 et 60 milliards de DH de transactions annuelles au bout de cinq ans.

    «A l’instar de tout nouveau produit, il y aura un temps d’adaptation et de vulgarisation. Mais, une fois cette période passée, les usages vont exploser», prédit Asmaa Bennani, directrice de la Surveillance des systèmes et moyens de paiement et de l’inclusion financière à Bank Al-Maghrib.

    L’interopérabilité est l’un des atouts du modèle marocain. En Afrique subsaharienne où les services financiers sur mobile sont parmi les plus développés, l’interopérabilité n’est effective que dans une poignée de pays. Pour les observateurs, tous les marchés devront à un moment faire le choix de l’interopérabilité pour amplifier les usages.

    Le paiement mobile va créer une convergence entre deux secteurs, banque et télécoms, qui n'ont pas beaucoup de points communs. Cela pose d'abord un défi technique. La communication entre les plateformes des banques, des opérateurs télécoms et le switch constitue un vrai challenge. Ensuite, il faudra asseoir la crédibilité de ce nouveau moyen de paiement.

    «Tout le monde va démarrer de zéro en essayant d'offrir la meilleure expérience client. Dès que les premiers acteurs vont déployer leurs offres, cela va créer une sorte d'émulation et aussi permettre une meilleure compréhension des attentes du marché», relève un opérateur télécom.

    Cinq acteurs dont quatre banques peuvent déployer leurs offres incessamment. Dans cette activité, les banques ont pris une petite avance sur les autres acteurs. L'entrée des opérateurs télécoms dans la danse est très attendue, mais elle ne devrait intervenir qu'au cours du 1er trimestre. «Leur parc client est un atout de taille et ce sont eux qui pourraient donner une inflexion au paiement mobile», analyse un observateur.

    Comme dans d’autres pays où le cash est «roi» et qui ont expérimenté le paiement mobile, le challenge sera difficile à relever. Il faudra convaincre un grand nombre de commerçants à proposer cette solution de paiement. Or, nombre d’entre eux ne sont pas adeptes de la transparence. Cela explique en partie la difficulté de la carte bancaire à percer.

    En intégrant les entreprises dans le secteur des biens de consommation entre autres dans la boucle et en les sensibilisant à adopter le paiement via mobile, les opérateurs espèrent qu’elles vont assurer le relais auprès de leurs clients et les convaincre à utiliser ce canal. L’intérêt pour les grands fournisseurs est de réduire le coût de gestion du cash et le risque fiscal lié au paiement en cash.

    «Nous avons effectué un travail de syndication et d’information et travaillé sur des règles qui répondent vraiment aux problématiques. Maintenant, ce sont aux acteurs d’aller faire leur travail commercial», relève la directrice de la Surveillance des systèmes et moyen de paiement à la Banque centrale.

    L’un des enjeux du paiement mobile se situe au niveau des commissions qui seront prélevées. Il faut qu’elles s’ajustent dans l’intérêt à la fois des consommateurs, des commerçants et des opérateurs. «Nous sommes sur un marché embryonnaire et toutes les parties doivent consentir des efforts pour favoriser le développement des usages», plaide un dirigeant.

    Le règlement d'un achat depuis le smartphone auprès d'un commerçant ne coûtera rien au client. Par contre, le commerçant, lui, va supporter une commission. L'idée est que cette dernière soit inférieure à 1% dont une commission d'interchange maximale de 0,5%.

    Pour tenir ces niveaux de commissionnement, les émetteurs de Wallet négocient les tarifs du SMS avec les opérateurs télécoms, sachant qu'une transaction génère au moins 3 texto. En fonction des volumes, les opérateurs télécoms vont proposer des prix de gros. Cela permettra de réduire le montant de la commission prélevée chez le commerçant.

    Pour les retraits sur les GAB par exemple, les banques doivent revoir leurs frais. Pour les petits montants, le prélèvement de 6 DH passerait mal auprès des utilisateurs. Il y a certes des investissements à rémunérer, mais la rentabilité de cette activité s'évaluera après quelques années. Tout l'enjeu aujourd'hui est de développer les usages. «Selon les modèles, les acteurs devraient arriver à l’équilibre au bout de deux à trois ans», estime Asmaa Bennani.

    F.Fa

     

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