International

La réponse de Macron à la crise des «gilets jaunes»

Par L'Economiste | Edition N°:5410 Le 12/12/2018 | Partager
Des mesures pour faire face à l’urgence économique et sociale
Ces annonces posent la question du financement

Plusieurs organisations patronales (dont le Medef et la Confédération des petites et moyennes entreprises) ont salué les mesures annoncées, lundi 10 décembre 2018, par Emmanuel Macron pour le pouvoir d’achat. Ils espèrent un redémarrage de l’activité économique après plusieurs semaines de blocage des «gilets jaunes».

L’intervention du président français divise. Certaines figures du mouvement ont appelé à une trêve tandis que d’autres appellent à un acte V de la mobilisation, dès samedi prochain. Après les nouvelles concessions, le gouvernement français doit faire face à 15 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. De quoi nettement compliquer le maintien du déficit public sous la barre des 3%. Voici les principales mesures annoncées:

■ Salaire minimum: Il augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur, a annoncé le chef de l’Etat. Le salaire minimum est d’un peu moins de 1.200 euros nets par mois. La hausse, qui incombera donc in fine aux finances publiques, viendra en complément d’une augmentation de 1,8% qui devait intervenir en janvier prochain. Elle était prévue, mais sur l’ensemble du quinquennat.

■ Encouragement à une prime: Emmanuel Macron a également demandé à tous les employeurs qui le peuvent de verser une prime de fin d’année à leurs employés qui elle aussi sera sans impôt ni charges. Le lendemain de cette annonce, les groupes Publicis, Altice et Iliad ont décidé d’accorder une prime de 1.000 euros à une partie de leurs salariés français.

■ Retraités: Il a annoncé la suppression dès 2019 d’une hausse d’impôt (la CSG, contribution sociale généralisée) pour ceux qui touchent moins de 2.000 euros par mois. A l’heure actuelle, seuls les retraités gagnant moins de 1.200 euros environ en étaient exemptés.

■ Heures supplémentaires: Elles seront défiscalisées, sans impôt ni charges dès 2019. Cette mesure avait été mise en place sous le quinquennat du président de droite Nicolas Sarkozy (2007-2012), puis abrogée par son successeur socialiste François Hollande (2012-2017).

■ Lutte contre l’évasion fiscale: Les dirigeants des grandes entreprises françaises devront verser leurs impôts en France, a assuré le président, sans annoncer de mesure concrète. Il a également évoqué une taxation des grandes entreprises qui réalisent des bénéfices en France (allusion aux Gafa).

■ Représentatitivé: Une consultation nationale prévue sera élargie à la représentation politique, au mode de scrutin, la prise en compte du vote blanc, au rôle des maires, à la décentralisation, l’organisation de l’Etat.

■ Immigration/identité: La nation doit être en accord avec elle-même sur son identité profonde. Il faudra aussi aborder la question de l’immigration.

■ L’ISF: Malgré les appels répétés des gilets jaunes, Macron confirme qu’il ne reviendra pas sur la suppression de l’ISF (Impôt sur la fortune), qui touchait les plus riches. Cet impôt a été transformé début 2018 en impôt sur la fortune immobilière (IFI), dans le but affiché de favoriser les investissements dans l’économie productive et non spéculative.

Grandes entreprises et banques

Emmanuel Macron réunira les grandes entreprises pour qu’elles aident la nation. Il devait recevoir, hier 11 décembre, les dirigeants de certaines banques. Gros employeurs, elles devraient être priées de soutenir l’action gouvernementale, qu’il s’agisse du versement d’une prime de fin d’année, du maintien de leur présence sur le territoire et de leur action en faveur des ménages modestes (frais bancaires, crédit et moyens de paiement).

F. Z. T. avec AFP

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