Economie

Dialogue social: Mise en garde contre la contagion des «gilets jaunes»

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5410 Le 12/12/2018 | Partager
L'échec des concertations décrédibilise les organisations syndicales
L'UMT, la CDT et l'UGTM préparent leur plan d'attaque
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L'amélioration des revenus est l'une des principales revendications des syndicats. Ces derniers craignent que la position du gouvernement ne les décrédibilise face à leurs adhérents (Ph L'Economiste) 

Alors que la marmite sociale bout, les syndicats et le gouvernement sont toujours à couteaux tirés. Une nouvelle année «blanche» de dialogue social paraît inévitable. La situation est telle que certains syndicats, la CDT et l'UMT mettent en garde contre le risque de contamination des «gilets jaunes».

«Le gouvernement ne prend pas en considération la médiation sociale des syndicats. Ce n'est pas bon pour le pays. Regardez ce qui se passe en France avec le mouvement des gilets jaunes», souligne Miloudi El Mokhareq, secrétaire général de l'UMT.

Avec les échecs récurrents des rounds du dialogue social, les syndicats craignent de perdre du terrain. Une situation qui risque de les décrédibiliser auprès de leurs adhérents.  Déçus, ces derniers pourraient s'en détourner au risque de mettre en péril l'encadrement assuré jusque-là par les organisations syndicales.

«Nos adhérents sont impatients. Le gouvernement cherche à affaiblir les syndicats et le travail syndical. Le mouvement des "gilets jaunes" en France doit servir d'exemple», met en garde Abdelkader Zaer, le nouveau secrétaire général de la CDT. En l'absence de nouvelles propositions courageuses, les tensions ne risquent pas de s'apaiser. Les organisations syndicales s'apprêtent à réunir leurs instances pour trancher sur les dispositions qu'elles comptent déployer. 

A la dernière réunion du comité technique issu du dialogue social, le gouvernement n'a rien changé dans son offre pour le secteur public: une hausse de salaire de 400 DH étalée sur trois ans  mais rejetée en bloc par l'ensemble des organisations syndicales. Une augmentation des allocations familiales est également préconisée dans la fonction publique: 300 DH contre 200 DH actuellement, soit une augmentation de 100 DH pour 6 enfants.

«C'est le blocage. Faute de mesures qui amélioreraient les revenus, la reprise du dialogue nous paraît difficile. Aucune proposition sur le smig,  ni sur la retraite n'a été faite par le gouvernement», indique le patron de l'UMT. Même déception à la CDT et l'UGTM.

Dans le secteur privé aucune rencontre avec la CGEM n'est programmée. Mais là aussi, les négociations promettent d'être serrées. Le patronat a une série de dossiers qui attendent depuis plusieurs années: le projet de loi sur la grève qui a atterri depuis plusieurs mois au Parlement, le projet d'amendement du code du travail pour y introduire un peu plus de flexibilité, etc.

Khadija MASMOUDI

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