Competences & rh

Marrakech redore le blason des développeurs marocains

Par Joséphine ADAM | Edition N°:5409 Le 11/12/2018 | Partager
La conférence Devoxx, un condensé de passionnés de code
L’initiative de Badr Al Houari, le seul marocain champion du monde Java
Des étudiants font la démonstration de leurs innovations
conference-devoxx-marrakech-009.jpg

La conférence Devoxx a été l’occasion pour les étudiants de l’école 1337 à Khouribga de présenter leurs projets (Ph. Mokhtari)

«Le digital n’est pas un simple mot, c’est une culture». Badr Al Houari en connaît un rayon. Cet expert mondial Java, qui est aussi le seul marocain champion du monde Java depuis 2016, organise, via son cabinet de conseil et d’expertise IT, XHub, la conférence Devoxx.

Pour cette 7e édition tenue à Marrakech, quelque 1.800 participants ont pu échanger autour de 200 sessions, conférences, keynotes et ateliers animés par plus de 150 experts et conférenciers de renommée internationale comme ceux de Tinder, Uber ou Google. Ici, on touche du doigt l’ADN du digital.

Tout y est, des passionnés de code de tous âges, des outils connectés, des prototypes et bien sûr une gaming zone pour se détendre les neurones. Il y a ceux qui déambulent, ceux qui animent les ateliers comme l’allemand Markus Eisele, lui aussi champion Java, le suédois Sghiouar Abdelfettah, ingénieur Google Cloud, les américains Paul Anderson et Gail Anderson, des champions Java et développeurs champions Oracle, ou encore Saskia et Loïc Blanc, deux geeks de 10 et 13 ans, venus pour donner envie aux plus jeunes de programmer car, comme ils le disent, «les enfants d’aujourd’hui sont les développeurs de demain».

Le salon était aussi l’occasion pour les étudiants marocains de présenter leurs projets. Au stand de l’école 1337 de Khouribga, dont la pédagogie s’articule autour du peer-learning, un fonctionnement participatif qui permet aux étudiants de libérer leur créativité grâce à l’apprentissage par projet, Chaimae Eloiriaghi et Riad Nbou ont présenté leur application «Sudoku» qui trouve et affiche les résultats de n’importe quelle grille de jeu.

D’autres ont présenté leur robot détecteur de trous et dos d’âne à embarquer sur véhicule, ou l’application «réalité augmentée», qui transforme une photo en vidéo. Leur point commun à tous: le plaisir et la passion du code. «Nous ne pensons pas à ce que vont devenir nos projets. Notre moteur est de voir devant nos yeux, ce que nous avions en tête. Quand nos idées prennent forme» explique Chaimae.

Tout commence quand Al Houari sent que sa carrière d’ingénieur d’Etat en informatique ne va pas l’épanouir. «J’ai vite été confronté à une réalité qui ne m’a pas fait plaisir. Les développeurs ne sont pas valorisés au Maroc». Alors l’idée de rassembler les meilleurs en communauté s’est imposée en 2009.

«Nous étions entre nous pour échanger nos idées sans questions d’argent ni d’intérêt» confie-t-il. Son temps, il le passe à développer des logiciels et applications open source, jusqu’à se faire un nom, surtout à l’étranger. Sa réputation est telle aujourd’hui qu’il est invité à intervenir partout dans le monde au gré des grands rassemblements de développeurs.

«L’objectif est, qu’en tant qu’africains, nous voulons participer et contribuer à l’avènement du digital, et ne pas être simplement des consommateurs» ajoute Al Houari. Un marocain à suivre de très près, surtout en ces temps de «fuite des cerveaux».

J.A.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc