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    Economie

    Sommet intergouvernemental des migrations: Le business à la rescousse

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5409 Le 11/12/2018 | Partager
    Un besoin de nouveaux profils toujours plus grand
    France, Allemagne, USA, Royaume-Uni… tant de postes à pourvoir
    S’ouvrir à la mobilité globale, une évidence
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    Le Haut-commissariat au Plan a mené une enquête sur l’emploi en 2017 auprès des migrants installés au Maroc. Parmi eux, 75,7% sont diplômés, et pour 54,1%, c’est même un diplôme supérieur. Pourtant, ils occupent en majorité les secteurs des services, de l’industrie et de
    l’artisanat

    Trois points de vue. Celui d’un gouvernement, d’une société et d’un chef d’entreprise. Un presque 360 degrés pour une perspective sur le terrain. Parmi les thèmes abordés lors du Sommet intergouvernemental des migrations, certains se sont penchés sur la mobilité des compétences en réponse à la pénurie.

    C’est le responsable des affaires publiques chez Randstad, une entreprise néerlandaise dans le domaine de l’intérim et des services en ressources humaines, Jaap Buis, qui met le premier en garde. «Nous avons besoin de nouveaux profils surtout dans le domaine du numérique. Des secteurs comme la banque, les sciences, la santé… cumulent les postes vacants. Entre le vieillissement des populations du nord et l'inadéquation des formations et des besoins du marché de l’emploi, intégrer les étrangers dans les forces de travail est une évidence».

    En France, on parle de 300.000 postes vides, de 7 millions de convocations de travail aux USA, d’une pénurie de 200.000 ingénieurs au Royaume-Uni et de 1,2 million de postes à pourvoir en Allemagne. «Il n’y a pas d’autre solution que l’ouverture à la mobilité globale» ajoute-t-il.

    Pour Alain Rolland, spécialiste dans la création et la gestion de complexes commerciaux, installé à Casablanca, «la grande distribution génère de larges perspectives, notamment en termes d’emplois, mais impose le transfert et le développement des compétences». Un secteur qui grandit si vite au Maghreb, qu’il a décidé de créer une filière d’apprentissage des métiers de la vente en Algérie. «Une formation qui n’existait pas jusque là» précise le chef d’entreprise.

    Pour lui, la question ne se pose pas. «Les migrants doivent avoir accès à la sécurité, à la santé et avoir un pouvoir d’achat pour participer au développement des pays où ils s’installent». L’occasion de rappeler l’enquête sur l’emploi de 2017 du Haut-commissariat au Plan auprès des migrants installés au Maroc. Parmi eux, 75,7% sont diplômés, et pour 54,1%, c’est même un diplôme supérieur.

    Pourtant, ils occupent en majorité les secteurs des services, de l’industrie et de l’artisanat. Une autre étude pour un autre point de vue, celle du Canadian Employee Relocation Council de 2012, répétée en 2017, et réalisée dans 23 pays. Une seule question était posée: «seriez-vous prêt à changer de pays si l’opportunité se présentait? » Ils étaient 25% à dire oui en 2012 et 18% cinq ans plus tard.

    «Le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud sont les pays où les gens sont le plus enclin à partir pour aller, dans l’ordre de préférence, aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni ou en Australie» détaille le président du conseil canadien, Steven Cryne.

    La directrice générale adjointe au sein de l’Organisation internationale pour les migrants, Laura Thompson, rebondit.«Si de plus en plus de personnes ne veulent plus se déplacer comme c’était le cas avant, nous sommes face à un grave problème».

    Elle invite le secteur privé «à sortir de sa boîte» et «à faire pression contre des politiques migratoires qui bloquent le développement économique et le développement des compétences». En résumé, les états sont appelés à améliorer leurs politiques d’accueil des étrangers. Si le pacte mondial, en débat à Marrakech, était appliqué à la lettre, d’après une étude du cabinet Mc- Kenzie, ce serait 2 points de PIB mondial en plus.

    Le Qatar revoit sa copie

    Le pays a engagé sa stratégie nationale 2018-2022 vers plus d’attractivité pour les travailleurs extérieurs. Le représentant du ministre du développement administratif, du travail et des affaires sociales du Qatar, Mohammed Al-Obaidly, est venu donner les grandes lignes de cette nouvelle vision. En lieu et place de la kafala, le pays adopte le bon vieux contrat de travail, auquel l’employé pourra mettre fin. «L’employeur est obligé de justifier le paiement des salaires par virement bancaire mensuel. A défaut, des sanctions sont prévues et l’administration du travail sera avisée» explique Al-Obaidly. Concernant les travailleurs domestiques, la partie la plus importante du contingent venu d’ailleurs, la loi réglemente les heures de travail, les vacances, les primes… quand le pays réfléchit à l’instauration d’un salaire minimum arrêté à 225 dollars américains. Autre grande nouvelle: les travailleurs étrangers peuvent désormais quitter le territoire sans l’autorisation de leurs employeurs. La législation du Qatar vise ainsi à s’harmoniser avec l’arsenal juridique international.

     

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