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    Le défi de la résistance aux antimicrobiens

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5398 Le 26/11/2018 | Partager

    Si l’on ne redouble pas d’efforts pour enrayer l’antibiorésistance, les infections à «superbactéries» pourraient tuer quelque 2,4 millions de personnes en Europe, en Amérique du Nord et en Australie au cours des 30 prochaines années.

    Une nouvelle étude de l’OCDE montre que trois décès sur quatre dus à ces infections pourraient être évités à l’aide de mesures simples, telles que des incitations à se laver les mains et un emploi plus raisonné des antibiotiques, qui ne coûteraient pas plus de 2 dollars par personne et par an.

    Il ressort du rapport «Stemming the Superbug Tide: Just A Few Dollars More(1)» que les complications engendrées par la résistance aux antimicrobiens pourraient coûter jusqu’à 3,5 milliards dollars par an en moyenne dans les 33 pays couverts par l’analyse si rien n’est fait pour intensifier la lutte contre les superbactéries.

    L'Europe du Sud est particulièrement exposée. L’Italie, la Grèce et le Portugal devraient se placer en tête des pays de l’OCDE affichant les taux de mortalité due à la résistance aux antimicrobiens les plus élevés. Tandis que les États-Unis, l’Italie et la France déploreraient les taux de mortalité les plus élevés en valeur absolue (avec presque 30.000 décès dus à la résistance aux antimicrobiens rien qu’aux États-Unis d'ici à 2050). Dans les pays de l'OCDE, les investissements consentis dans un vaste programme de santé publique incorporant certaines mesures pourraient être amortis en une année seulement et déboucheraient sur une économie de 4,8 milliards de dollars par an, selon l'étude.

    Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, la résistance aux antimicrobiens est déjà élevée et devrait progresser plus vite encore que dans les pays de l’OCDE. Ainsi, au Brésil, en Indonésie et en Russie, entre 40 et 60% des infections sont déjà résistantes, contre 17% en moyenne dans les pays de l’OCDE. Et dans ces pays, les taux de résistance aux antimicrobiens devraient croître entre quatre et sept fois plus vite que dans les pays de l’OCDE entre aujourd’hui et 2050.

    De son côté, l'Organisation mondiale de la santé a mis en garde également contre la hausse dangereuse de la consommation d'antibiotiques dans certains pays, mais aussi de la sous-consommation dans d'autres régions, qui entraînent l'émergence de superbactéries mortelles.

    Découverts dans les années 1920, les antibiotiques ont sauvé des dizaines de millions de vies en luttant efficacement contre des maladies bactériologiques comme la pneumonie, la tuberculose et la méningite.  Mais au fil des décennies, les bactéries se sont modifiées pour résister à ces médicaments.

    F. Z. T.

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    (1) Les données qui se rapportent aux pays européens ont été fournies par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.

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