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Deloitte: A nouvelles ambitions, nouvelle équipe

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5378 Le 24/10/2018 | Partager
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Sami Rahal, président de Deloitte France et Afrique francophone: «Il faut sortir de l’approche de la stratégie en chambre. Les dirigeants demandent l’opérationnalisation et la mise en oeuvre des prescriptions préconisées par le conseil. Les slides et le powerpoint n’impressionnent plus personne» (Ph. F. Al Nasser)

Sami Rahal, CEO de Deloitte France et Afrique francophone et Brice Chasles, directeur général Deloitte Afrique francophone viennent d’inaugurer le nouveau siège de la firme à la marina de Casablanca.  Le Maroc est une des quatre bases opérationnelles de Deloitte en Afrique. Le réseau y emploie 500 personnes réparties entre les cinq métiers de conseil et l’audit.

La firme nourrit de grandes ambitions sur le marché marocain dans le conseil et l’expertise. L’équipe dirigeante actuelle au Maroc est constituée de Brice Chasles, directeur général de Deloitte Afrique francophone, Sakina Bensouda, Managing Partner de l’Audit et Antoine Oliveau, associé gérant de l’activité Conseil.

- L’Economiste: Deloitte semblait un peu en retrait sur le marché marocain ces dernières années. Quelle est la situation de la firme aujourd’hui?
- Sami Rahal:
Deloitte a une belle histoire de leadership au Maroc dans son métier historique qu’est l’audit. Cette activité a très bien réussi et réussit toujours très bien. Elle a été portée par un associé, notamment Fawzi Britel qui est toujours avec nous. Nous sommes à une période d’inflexion, toutes nos équipes sont réunies dans nos locaux à la marina de Casablanca. Mais c’est surtout un moment où nous accélérons la croissance de nos métiers de conseil. Il y a quelques années, nous nous étions développés dans le financial advisory. A cette époque, je dirigeais ce métier en France et en Afrique. Maintenant, nous souhaitons positionner Deloitte dans le conseil partout où la firme est implantée.
Deloitte est le numéro un mondial des services professionnels avec un chiffre d’affaires de 44 milliards de dollars dont 20% réalisés dans l’audit. Ce n’est pas la même configuration au Maroc. Nous sommes à 70% audit et 30% conseil. Notre objectif est de rester fort en audit et devenir beaucoup plus fort dans d’autres métiers. C’est de là que viendra clairement la croissance.

- L’étanchéité entre l’audit et le conseil est-elle vraiment effective au Maroc? On vous accuse souvent de faire du mélange de genre.
- Chaque pays a sa propre réglementation, et notre responsabilité est de la respecter scrupuleusement. Il se trouve que nos clients apprécient notre modèle pluridisciplinaire qui leur assure de la proximité et de l’efficacité. Ce qui est sûr, c’est que cette richesse de services a permis à Deloitte et à nos confrères de réaliser de belles performances. Et quand on réussit très bien, on est souvent jalousé. Nous sommes vraiment attaché à ce modèle parce que c’est un atout.

- Le Maroc peut-il prétendre au rang de hub de vos activités en Afrique francophone?
- Nous n’avons pas un hub pour toute la région. Deloitte couvre 19 pays en Afrique francophone mais physiquement, nous ne sommes implantés que dans 13 pays. Bien entendu, il y a des marchés plus importants que d’autres par leur taille et leur potentiel. Et le Maroc en fait partie. Casablanca a un rôle qui va bien au-delà du Maroc. C’est le cas aussi d’Abidjan en Côte d’Ivoire et de Libreville au Gabon où nous avons une présence historiquement forte. La colonne vertébrale est constituée de Casablanca, Abidjan et Libreville. Gravitent autour, Dakar qui a aussi sa zone d’influence et Tunis connectée avec l’Afrique centrale et le reste du Maghreb. Autour de Libreville sont connectés, le Cameroun et la RDC, un marché compliqué mais où nous réalisons une belle croissance. Nous souhaitons avoir quatre à cinq bases fortes dans la région dont Casablanca.

- Avez-vous rattrapé le retard de votre présence africaine par rapport à la concurrence?
- Je peux vous assurer qu’on n’est pas du tout en retard. En termes de chiffres, Deloitte Afrique francophone est co-leader sur ce marché avec un de nos concurrents (Ndlr : PwC). Au Maroc, nous étions en décalage au niveau du conseil par rapport à nos positions dans d’autres zones géographiques et certains marchés. C’est ce que nous nous efforçons de développer.

- Puisque vous prêchez la transparence à vos clients, quel est le chiffre d’affaires de Deloitte au Maroc et en Afrique francophone?
- C’est moins le chiffre d’affaires (honoraires) que le nombre de collaborateurs qui sert de benchmark dans nos métiers. Deloitte France et Afrique francophone représentent 1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires.

- A quoi tient la déflation des honoraires sur le marché de l’audit?
- Ce n’est pas une situation propre au Maroc. La chute des prix remonte à au moins vingt ans au niveau mondial. Depuis des années, le métier d’audit ne s’était pas réinventé, il n’y avait plus d’attentes fortes car le métier était devenu trop compliance avec moins de valeur ajoutée. Mais les choses sont en train de changer, plus dans les grands pays anglo-saxons où les administrateurs comprennent leur responsabilité personnelle et professionnelle sur la qualité des comptes. Les prix y sont en train de répartir à la hausse.

Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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