Economie

Céréales: Opération de charme française

Par Nadia DREF | Edition N°:5368 Le 10/10/2018 | Partager
Pour contrer la concurrence de la mer Noire, l’Hexagone met en avant l’orientation qualité
A partir du 1er novembre, zéro droit de douane sur le blé toutes origines confondues

Face à la montée de la concurrence russe et ukrainienne, les producteurs français se retroussent les manches pour sécuriser leur business à l’export au Maroc. Une délégation de 46 opérateurs et représentants d’organismes ont fait le déplacement dans le cadre d’une mission commerciale organisée par France Export Céréales.

Ces opérateurs ont pris part hier 9 octobre à la 21e édition des rencontres franco-marocaines des céréales. «Avec le Maroc, nous sommes plus dans un esprit de complémentarité. Après une bonne récolte céréalière (103 millions de quintaux), le Royaume va devoir avoir recours aux importations.

Les producteurs français sont prêts à combler ce manque et accompagner les producteurs marocains dans le cadre de notre coopération technique», souligne Philippe Heusele, président de France Export Céréales, qui vise à élargir son réseau de clients nationaux.

Libéralisé, le marché des céréales reste ouvert aux importations pour combler les besoins de consommation. A partir du 1er novembre prochain, le Maroc n’appliquera plus de droits de douane sur le blé, toutes origines confondues. Ce qui ouvrira la porte aux exportateurs de la mer Noire notamment les Russes et Ukrainiens pour augmenter leur chiffre d’affaires. Déjà entre novembre et décembre prochains, une entrée massive des céréales russes et ukrainiennes sont attendues.

Chaque année, près de 3 millions de tonnes sont importées principalement de la France qui reste le premier fournisseur de blé meunier. Et pour cause, les besoins en qualité des blés utilisés au Royaume sont très similaires à ceux exigés par les transformateurs français. «Les panifications locales sont essentiellement à base de pâtes fermentées avec une croûte croustillante, de type baguette française», expliquent les experts.

«Pour nous, la France est bien positionnée car c’est un fournisseur historique qui est avantagé également par la proximité géographique. Reste que nous sommes à l’affût des bonnes opportunités et nous restons à l’écoute des autres fournisseurs», confie Jamal M’hamdi, président de la Fédération des négociants en céréales et légumineuses (FNCL). Les minotiers et négociants ont, d’ailleurs, tenu une réunion à Rabat, au cours de la semaine dernière avec les exportateurs russes pour examiner les opportunités d’affaires.

«L’exportation de céréales est donc d’une importance vitale pour la filière céréalière. Mais contrairement au marché national, relativement captif, les marchés à l’export notamment sur pays tiers, sont totalement ouverts et font l’objet d’une concurrence acharnée entre les différentes origines», fait valoir Philippe Heusele. Les exportateurs français mettent en avant l’orientation qualité de la production depuis l’an 2000. A l’automne 2017, les agriculteurs français ont semé 97% de variétés à potentiel panifiable. Les 3% restants sont destinés à usage fourrager ou spécifique.

La France est le 5e producteur mondial de blé et le 2e producteur mondial d’orge. C’est aussi le premier producteur de céréales de l’Union européenne, avec une production moyenne annuelle d’environ 70 millions de tonnes. La France est aussi le 3e exportateur mondial de blé meunier.

La moitié des céréales produites dans l’Hexagone est exportée vers l’UE et d’autres pays tiers: Maghreb, Afrique subsaharienne de l’Ouest, Proche et Moyen-Orient ou encore Chine.

Un think tank en gestation

La Fédération nationale des négociants en céréales travaille sur une nouvelle vision pour mieux piloter le secteur. La FNCL apporte les dernières retouches à cette nouvelle feuille de route qui sera également accompagnée par le lancement dès novembre prochain d’un think tank baptisé «Grain Vision Morocco». Il s’agit d’un véhicule de réflexion et de sensibilisation développé par la Fédération afin d’accompagner le développement des professionnels du négoce des céréales. Ceci à travers une approche participative sur l’ensemble des problématiques et défis que rencontre ce secteur de l’amont à l’aval. Cette initiative s’inscrit également dans l’esprit du Plan Maroc Vert avec pour objectif de créer des passerelles d’échange et d’écoute entre les différentes parties prenantes.

 

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