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    Culture

    Orchestre philharmonique du Maroc: Pour la première fois, un Marocain aux commandes

    Par Karim Agoumi | Edition N°:5365 Le 05/10/2018 | Partager
    Mehdi Lougraida prendra les rênes de la série de concerts d’ouverture de la saison
    La violoniste franco-roumaine Nemtanu et le violoncelliste français Pernoo également conviés
    Des reprises de grandes œuvres des compositeurs allemands Brahms et Sc
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    Pour la première fois depuis sa création en 1996, l’OPM sera dirigé par un chef d’orchestre marocain. Le jeune virtuose de 33 ans, Mehdi Lougraida, prendra les rênes du célèbre orchestre national aux côtés de deux autres invités de religion différente pour diffuser un formidable message de tolérance à travers le langage musical

    C’est une première. L’Orchestre philharmonique du Maroc (OPM) sera dirigé par un chef d’orchestre marocain pour son premier concert d’ouverture de la nouvelle saison. Le jeune artiste partagera la scène avec deux autres invités de marque de culture singulièrement différente lors de la troisième édition des «Religions à l’unisson». Un évènement musical qui a su se bâtir une solide réputation au fil des années et qui vise à délivrer un message de paix à travers le langage universel de la musique.
    D’origine franco-marocaine, Mehdi Lougraida prendra ainsi la direction du célèbre orchestre à l’église Notre-Dame de Casablanca les 9 et 11 octobre, mais également à Rabat et à Agadir. Malgré son jeune âge, le Maghrébin passionné de musique depuis sa plus tendre enfance joue déjà dans la cour des grands. Le mélomane a en effet étudié la direction d’orchestre auprès de grands maîtres du milieu dont notamment Wolfgang  Doerner, David Reiland ou encore Paul Magie. Le virtuose a déjà dirigé de grands groupes de la musique classique tels que l’Orchestre national de Lille, l’Orchestre philharmonique de Liège ou encore l’Orchestre régional PACA de Cannes. 
    Ce premier concert aura également pour invité la violoniste franco-roumaine Sarah Nemtanu, premier violon solo de l’Orchestre national de France depuis l’âge de 21 ans qui a joué pour le film à succès «Le Concert» de Radu Mihaileanu, ainsi que le violoncelliste Jérôme Pernoo récompensé mondialement à plusieurs reprises. Représentant à eux trois les principales religions monothéistes, ils associeront leur talent pour interpréter avec sensibilité et poésie les œuvres phares de grands noms de la musique classique romantique. 
    Le public pourra ainsi se délecter du célèbre Double concerto pour violon et violoncelle du pianiste et compositeur Johannes Brahms. Un véritable régal pour les oreilles couvrant à la fois des tons graves et plus aigus. Une œuvre sublimant tous les timbres de voix mais qui fait appel à la technicité ainsi qu’à la précision des chanteurs. Egalement au programme, la troisième symphonie dite «Rhénane» du compositeur allemand Robert Schumann. 
    Un cocktail d’envolées lyriques inspiré par sa vie sur les bords du Rhin qui parvient à traduire l’écriture poétique sous forme de notes musicales maîtrisées et limpides.
     


    Sacré parcours pour Mehdi Lougraida 

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    - L'Economiste: Qu'est-ce qui vous a amené à la musique classique?
     - Mehdi Lougraida: J’ai joué pour la première fois de la musique à trois ans. Mes parents souhaitaient absolument me transmettre une éducation musicale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’objectif a été atteint! J’ai tout d’abord pris des cours de flûte traversière dans une école de musique, avant d’intégrer le conservatoire de Lyon. Mais cette passion me vient aussi de mon grand-père maternel. Trompettiste, il lui arrivait souvent de se produire au prestigieux opéra de Lyon. Lorsque j’ai atteint l’âge de 13 ans, il m’a inscrit à un stage de direction d’orchestre qui s’est avéré décisif pour ma carrière. J’ai eu un véritable coup de cœur lorsque j’ai découvert ce métier passionnant et me suis rapidement consacré corps et âme à cet art. En l’espace de quelques mois, j’ai rejoint l’Ecole normale de musique de Paris puis le Conservatoire royal de Bruxelles pour y décrocher un master de direction d’orchestre. J’ai eu la chance d’étudier aux côtés de grands chefs tels que Matthias Pintscher à l’Académie de Lucerne en Suisse ou encore Peter Eötvös à Budapest et à l’Académie Jarvy en Estonie. Actuellement, je suis chef assistant de l’Ensemble Intercontemporain fondé par Pierre Boulez, chef de musique adjoint de la Musique de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris. J’ai par ailleurs eu l’occasion de travailler avec l’Orchestre de Paris, l’Orchestre national de Lille ou encore le festival de Saint-Céré.

    - Vous allez diriger l'Orchestre philharmonique du Maroc pour cette rentrée, quelle place prend la religion dans la musique?
    - La musique occidentale s’est en grande partie construite autour de la religion. A toutes les époques, les compositeurs ont eu un intérêt pour la sacralité. Nous pouvons citer Bach, Mozart, Verdi, ou bien plus proche de nous, Olivier Messian. Mais cet aspect a également été exploré dans la musique orientale, comme par exemple avec les fameux Nasheeds (des chants religieux musulmans). 

    - Il existe très peu de visibilité des chefs d'orchestre et des musiciens du monde arabe dans les orchestres de musique classique. Comment l'expliquez-vous?
    - Les orchestres européens actuels sont marqués par la présence et l’influence de nombreux artistes issus du monde arabe. A titre d’exemple, je peux vous citer les chefs d’orchestre Fayçal Karoui ou encore Zahia Ziouani. Preuve que la musique classique se démocratise de plus en plus!

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