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    Larache: Dans les coulisses du haras d’Hermès

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:5362 Le 02/10/2018 | Partager
    Une écurie ultramoderne avec un centre d’insémination artificielle
    Spécialisée dans les chevaux de polo, elle fournit le club d’Asilah
    Hors de toutes cultures, le centre se dresse fièrement à Aïn Boussafi
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    A Larache, l’élevage de poneys de polo est une activité dans laquelle s’est lancé Patrick Guerrand-Hermès depuis 2003. Le célèbre maroquinier, un véritable passionné, prépare ses étalons aux futures compétitions dans les meilleures conditions. Son haras dispose aussi d'un centre d'insémination artificielle, qui a d'ailleurs accueilli la première opération du genre réalisée en Afrique (Ph. Adam)

    Dans les environs de Larache, tout n’est pas seulement vergers et plantations sous serre. La région accueille à Aïn Boussafi le haras de Patrick Guerrand-Hermès, l’héritier de la firme de produits de maroquinerie et de luxe. Ce véritable centre d’élevage équin est situé à moins d’une heure des terrains de polo d’Hermès à Asilah (cf. édition n° 5347 de L’Economiste du 10 septembre 2018). Et c’est dans l’élevage de chevaux pour la pratique de ce sport équestre que le haras est spécialisé.

    Le centre est équipé des dernières technologies en la matière pour la sélection et l’insémination. «C’est d’ailleurs ici qu’en 2003 est tentée avec succès l’insémination artificielle d’une jument, une première au Maroc et même à l’échelle de tout le continent africain», se souvient Guerrand-Hermès.

    A l’époque, le haras était installé à Marrakech et c’est sur conseil de feu le roi Hassan II qu’il l’aurait transféré à Larache. «C’est toujours au Nord que nous avons élevé nos meilleurs chevaux»,  lui aurait alors suggéré le monarque, raconte Guerrand-Hermès dont les yeux brillent de mille feux quand il parle de chevaux, sa passion. Et à Aïn Boussafi, ils sont choyés, c’est le cas de le dire.

    Le cheval de polo (également appelé poney de polo même si sa taille est plus grande) est issu d’un croisement entre un pur sang arabe et un cheval argentin et c’est d’ailleurs dans ce pays que sont élevés les meilleurs chevaux pour cette compétition. A Aïn Boussafi, des étalons sont croisés avec les meilleures juments de polo, amenées directement de la pampa argentine. Mais l’attrait principal de Aïn Boussafi est l’insémination artificielle et l’utilisation de mères porteuses.

    «Cette manière de faire permet à la mère biologique de continuer sa carrière sportive et de ne pas l’interrompre», explique Natalia Miglia, la vétérinaire en charge du suivi des chevaux.  Les bons exemplaires peuvent en effet atteindre des prix très élevés (jusqu’à 300.000 euros, un peu plus de 3 millions de DH) et cette manière de procéder permet d’avoir un retour sur bénéfice plus rapide.

    Le centre dispose même d’installation de cryogénisation qui permet de maintenir ovules et spermatozoïdes pour de longues périodes et leur utilisation au besoin. L’opération est actuellement bien rodée et le taux de réussite atteint les 80%, selon Miglia.

    Après une gestation de près d’une année, les poulains restent avec leur maman jusqu’à l’âge de quatre mois. Après ils démarrent une période d’entraînement pour devenir de futurs champions du polo jusqu’à l’âge d’un an. « Mais dès leur naissance, on les habitue à la présence humaine et à sentir la main de leur maître, bien avant le démarrage de leur vie active» explique Willy Santos, entraîneur en chef au haras d’Aïn Boussafi. 

    Tout au long de leur séjour dans le haras, les chevaux vivent en semi-liberté dans de grands enclos. Leur alimentation est essentiellement issue de l’herbe qui pousse à même le sol. « La meilleure façon d’élever des chevaux c’est de les maintenir en liberté, cela renforce leur système immunitaire et préserve leur santé» explique encore Santos.

    En effet, un cheval passe plus des trois-quarts de son temps à manger, à brouter de l’herbe, le reste à dormir. Ce qui serait néfaste pour la santé d’un être humain, est idéal pour le système digestif d’un équidé après des millions d’années d’évolution. « Les chevaux élevés en enclos et alimentés deux fois par jour présentent souvent des ulcérations dans l’estomac», note la vétérinaire qui confirme le côté salutaire de la vie à l’air libre.

    Dès la 2e année, les chevaux sont transférés au club de polo de la Palmeraie, du côté d’Asilah, où ils entameront leur vie active.

    Le polo, un sport qui vient de loin

    La pratique du polo est très ancienne, elle serait même liée à celle de la domestication du cheval, il y a plus de 8.000 ans. Son nom est d’origine indienne qui a rapidement été adopté pour parler de ce sport d’abord répandu en Asie avant d’atterrir en Occident via l’Angleterre. Mais ce sont les Argentins qui lui donnent ses lettres de noblesse. C’est là d'où viennent les meilleures et les meilleurs cavaliers.
    Au Maroc, le sport est représenté par la Fédération royale marocaine de polo dont les meilleurs cavaliers sont issus de la Garde royale.
    A noter pour la petite histoire que c’est à Tanger que se trouvait le premier club de polo du continent africain, là où se trouve actuellement le club équestre. Il servait de lieu de pratique pour les cavaliers anglais. Il a été suivi par la création du premier club marocain à Casablanca en 1907.

    De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

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