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    Analyse

    Conseil BAM: Comment évoluera la conjoncture dans 2 ans

    Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5359 Le 27/09/2018 | Partager
    La croissance portée par l’activité non agricole qui poursuit son redressement
    Forte décélération attendue du PIB agricole en 2018 et 2019
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    Si le déficit du compte courant va légèrement se creuser en 2018, il s’allègera en 2019 sous l’effet d’une hausse plus importante des exportations que celle des importations ainsi qu’à la bonne tenue des recettes de voyages et des transferts MRE

    Si la croissance devrait décélérer, comme nous l’annoncions dans notre édition du 26 septembre, en 2018 et 2019, les autres indicateurs de l’économie emprunteraient eux une trajectoire différente. A commencer par ceux du commerce extérieur.

    Les prévisions de Bank Al-Maghrib tablent ainsi sur une poursuite de l’amélioration des exportations en 2018 et 2019 respectivement de 8,2 et 6,8% fortement tirées par les performances attendues pour cet exercice des phosphates et dérivés mais aussi de celles espérées du secteur de l’automobile avec la mise en production de l’usine PSA. En face, les importations progresseraient également mais à un rythme moins soutenu que les exportations, 7,3 et 3,4% respectivement en 2018 et 2019.

    La balance des paiements creuserait légèrement son déficit à 4% en 2018 mais elle résorberait légèrement son déficit à 3,7% en 2019. Les recettes de voyages et les transferts des MRE devraient, en effet rester, en 2018, proches de leur niveau réalisé en 2017 puis s’accroître de près de 4% en 2019.

    A cela s’ajoute, les entrées de dons des partenaires du CCG prévues à 4,8 milliards de DH en 2018 et à 2,1 milliards en 2019 ainsi qu’une prévision d’afflux d’IDE de 3,6% du PIB sur les deux années à venir. L’encours des réserves de change aura, par conséquent, tendance à se stabiliser à plus de 240 milliards de DH en 2018 avant de progresser à 253 milliards en 2019.

    Ces réserves en devises permettraient de couvrir 5 mois et 10 jours d’importations de biens et de services au terme de cette année. La couverture sera étendue de 8 jours en 2019.  Dans ce contexte, la Banque centrale considère les conditions monétaires appropriées avec une dépréciation du taux de change réel compte tenu d’une baisse plus importante qu’attendu de certaines monnaies de pays émergents particulièrement la livre turque.

    Ceci dit, il est prévu que ce taux se stabilise «avec l’appréciation nominale du dirham en termes effectifs qui devrait être contrebalancée par une inflation domestique inférieure à celle des partenaires et concurrents», prévient BAM.

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    Si la croissance devrait être comprise entre 3,5 et 3,1% en 2018 et 2019, elle ne saurait pas pleinement tirer profit de l’activité agricole en décélération. C’est la reprise progressive de l’activité non agricole qui maintient ce niveau de croissance

    Justement, le régulateur bancaire prévoit une accélération de l’inflation à 2,1% en 2018. En cause, l’accélération attendue du rythme de la hausse des prix des produits réglementés qui se traduit par le relèvement de la TIC sur les tabacs bruns et des droits de timbres. En revanche, celle-ci décélérerait à 1,2% «sous l’hypothèse de la dissipation de l’effet de la hausse des produits alimentaires et énergétiques».

    L’inflation sous-jacente aurait tendance à légèrement augmenter à 1,2%, avec la résorption du cycle négatif de la demande intérieure. Pour ce qui est de la liquidité, BAM voit une dégradation du déficit à près de 57 milliards de DH en 2018 sous l’effet de la progression de la circulation de la monnaie fiduciaire. En 2019, la situation devrait se stabiliser.

    Au niveau des finances publiques, le déficit budgétaire a été revu à la hausse à 3,7% du PIB en 2018, suite à la révision à la baisse des recettes fiscales et de l’hypothèse relative aux dons des pays du CCG. En 2019, il s’atténuerait à 3,3%, sous l’effet des efforts de maîtrise des dépenses et de mobilisation des ressources.

    Ceci dit, la croissance ne dépasserait pas 3,5% en 2018 et 3,1% en 2019. Si celle-ci est soutenue par la poursuite du redressement de la valeur ajoutée non agricole (3,3%), elle est fortement impactée par la décélération des activités agricoles qui sont passées de 15,4 à 5,1%.

    Cette situation s’amplifierait en 2019. Les prévisions de la Banque centrale pourraient être revues à la baisse en cas d’accentuation des incertitudes autour de la vigueur de la reprise de l’activité économique mondiale ou même d’intensification de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et certains de ses partenaires.

    A cela s’ajoutent, les difficultés politiques dans certains pays de la zone euro ainsi que les incertitudes persistantes entourant les modalités du Brexit qui pourraient induire une détérioration de la demande étrangère.

          

     

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