Analyse

Conseil BAM: Croissance, emplois, investissement, pétrole... l’économie sous pression!

Par Franck FAGNON | Edition N°:5359 Le 27/09/2018 | Partager
Le PIB non agricole n'a toujours pas retrouvé son rythme d'avant crise
La poursuite de la hausse du prix du pétrole pourrait peser sur la reprise
Une nouvelle réunion d'urgence BAM-CGEM-GPBM
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La capacité du gouvernement à mettre en place les réformes de structure est essentielle pour redonner confiance aux chefs d’entreprise. La croissance non agricole poursuit son amélioration, mais son rythme reste toujours inférieur aux niveaux d’avant la crise

Les facilités de trésorerie aux entreprises privées (-1,8% à 146 milliards de DH à fin juillet) et l'encours des crédits à l'équipement (+3,5% à 96 milliards de DH) suivent des trajectoires différentes depuis le début de l'année. Mais, le fossé entre les deux souligne en partie les difficultés financières et le manque de confiance des entreprises.

Pour relancer l'investissement privé, il faudra entre autres agir sur les délais de paiement, les arriérés de TVA... a estimé Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib à l'issue du conseil de politique monétaire le mardi 25 septembre. «Une réflexion sur le système de garantie national pourrait aider les banques et les investisseurs», a-t-il indiqué.

De toute évidence, le remède contre l'atonie de l'investissement ne viendra pas de la politique monétaire. Les baisses du taux directeur et les mesures prises pour encourager le financement des PME ne suffisent pas à relancer la machine. La Banque centrale prévoit une nouvelle réunion avec la CGEM et le GPBM sur le sujet en espérant que le gouvernement s'y joindra. Sa capacité à mettre en place les réformes de structure est essentielle pour redonner confiance aux chefs d'entreprise.

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Le baril de Brent vaut plus de 80 dollars actuellement contre une moyenne de 54 dollars en 2017. Il terminerait l’année à un prix moyen de 69,8 dollars avant de reculer à 63,8 dollars en 2019. La probabilité qu’il suive une autre trajectoire n’est pas à exclure. Certains analystes anticipent une remontée du prix du pétrole à 100 dollars. Ce ne serait pas une nouveauté pour l’économie. En revanche, les contextes ne sont plus les mêmes

La croissance non agricole poursuit son amélioration, mais son rythme demeure inférieur aux niveaux d'avant la crise. Elle s'établirait à 3,3% en 2018 puis à 3,7% en 2019 selon les prévisions de la Banque centrale. Ce scénario est entouré de nombreuses incertitudes. La remontée du prix du pétrole est particulièrement surveillée.

Le baril de Brent vaut plus de 80 dollars contre une moyenne de 54 dollars en 2017. Il terminerait l'année à un prix moyen de 69,8 dollars selon les prévisions avant de reculer à 63,8 dollars en 2019. En même temps, la probabilité qu'il suive une autre trajectoire n'est pas à exclure. Certains analystes anticipent une remontée du prix du pétrole à 100 dollars. Ce ne serait pas une nouveauté pour l'économie.

En revanche, les contextes ne sont plus les mêmes. La poursuite de la hausse du cours du pétrole et la répercussion sur les prix à la pompe vont rogner le pouvoir d'achat des ménages. Cela pourrait aussi anéantir toute relance de l'investissement si les entreprises anticipent une baisse de la demande.  Pour le moment, la Banque centrale demeure optimiste.

En outre, le pays peut s'appuyer sur certains instruments pour faire face aux chocs exogènes. Il pourrait renégocier si besoin est une nouvelle ligne de précaution et de liquidité. La dernière de 3,6 milliards de dollars est arrivée à échéance en juillet dernier. «A chaque situation, il faut s'adapter et faire preuve d'imagination tout en étant rigoureux sur le plan de la gouvernance», indique le wali de Bank Al-Maghrib. 

 

 

 

 

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