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    Analyse

    Moucharaka Mouwatina: Des premiers résultats pour le Souss

    Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5358 Le 26/09/2018 | Partager
    Incapacité à porter la voix du citoyen, absence de compétences et de leadership, financement
    Un mapping fonctionnel des OSC de la région dévoile les écueils

    Premiers résultats pour le Souss. Le think tank European Centre for Development Policy Management (ECDPM) vient de restituer les résultats du mapping fonctionnel des organisations de la société civile pour la région Souss Massa. Une opération qui a duré 4 mois et qui a nécessité au préalable un choix qualitatif.

    L’étude a été effectuée auprès d’un échantillon représentatif des OSC situées dans les communes urbaines des provinces de Agadir Ida Outanane, Inezgane-Aït Melloul, Taroudant, Tiznit et Tata. Une région  qui dispose, rappelons-le, d’un tissu associatif riche avec pas moins de 15.879 associations.

    Ce mapping a mis en exergue les forces et les faiblesses de la société civile de la région et permis d’approfondir la connaissance de son rôle social, politique et économique et d’identifier les principaux acteurs dans les trois domaines choisis par le programme. Une richesse pour la région certes, mais beaucoup de contraintes aussi, principalement la difficulté d’instaurer un dialogue avec les institutions non étatiques et les instances officielles.

    «Ce qui caractérise la région du Souss Massa est la forte présence du tissu associatif, opérant essentiellement dans le développement local. Néanmoins, la majorité des associations s’illustre plus dans la prestation de services que dans le plaidoyer», remarque Zakaria Amar, représentant du think tank.

    Les résultats de l’étude révèlent ainsi la faible capacité des OSC de la région à porter la voix du citoyen pour participer au processus d’élaboration des politiques locales et au développement de leurs territoires. L’objectif étant de mettre en exergue des pôles d’excellence et de capitaliser sur les bonnes pratiques. Parmi les points faibles pointés par l’étude, une disparité en termes de présence et de dynamisme des OSC, mais aussi en matière de financement.

    Ces dernières années, les bailleurs de fonds se sont concentrés sur Agadir et Taroudant, alors que les autres provinces accusent un manque important en financement. De plus, les associations ont du mal à renouveler leurs bureaux, souvent par manque de compétences et surtout d’intérêt, en particulier auprès des jeunes qui s’intéressent rarement au leadership.

    Cela est principalement dû au cumul de responsabilités des membres des associations car ils sont le plus souvent élus ou fonctionnaires de l’Etat. Manquant ainsi de ressources et de visibilité financière, les OSC arrivent difficilement à mettre en place des projets à long terme. C’est ce qui explique le changement permanent d’activité suivant la source de financement disponible: environnement, éducation, agriculture, etc.

    En matière de formation et de renforcement des capacités, la majorité des actions réalisées durant la dernière décennie s’est concentrée sur les aspects organisationnels et la conduite des projets. Aussi, les organisations sont plus actives dans les prestations de services et pas assez dans le reste.

    Enfin, le mapping fonctionnel a mis la lumière sur quelques initiatives réussies du programme Moucharaka Mouwatina. Un exemple, celui du programme «gouvernance locale» pour l’accompagnement de 11 collectivités locales à Tiznit et Taroudant, porté par l’association Migration et Développement. Son objectif est de renforcer les capacités des communes dans la planification territoriale et l’élaboration de plans communaux, en concertation avec la population.

    Les résultats permettront d’identifier les éléments qui vont aider un bon démarrage du programme Moucharaka Mouwatina dans le Souss Massa. «Il est crucial de capitaliser sur les expériences relevées aussi bien dans le Souss Massa que dans les trois autres régions, afin de diffuser les bonnes pratiques et créer des canaux d’interaction entre les OSC issues de chaque région», insiste Amar.

    Méthodologie de formation obsolète

    Selon le témoignage des associations participant à l’enquête, les formations deviennent redondantes et sans réelle valeur ajoutée, et ne répondent pas aux réalités du terrain. Il s’agit par exemple de la langue utilisée, de la méthodologie et des outils non adaptés à la population cible. Dans le renforcement des capacités, à titre d’exemple, la nouvelle approche sera d’adopter une méthodologie interactive adaptée aux réels besoins émis par le tissu associatif de la région. Il s’agit de solliciter des formateurs et des organisations locaux connaissant le terrain, utiliser des outils plus efficaces faisant appel par exemple aux arts, et surtout prendre en considération les caractéristiques de la région Souss Massa comme la langue amazighe et la culture.

     

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