×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Colloque des finances publiques: Le Maroc se cherche un modèle de justice sociale

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5356 Le 24/09/2018 | Partager
    Benchaâboun: «Le gouvernement décline déjà le contenu du discours royal»
    Des experts exposent leur expérience au colloque de la Fondafip

    Tayssir, Fonds de cohésion sociale, aide aux veuves, aux femmes abandonnées, Initiative nationale pour le développement humain (INDH), opération «1 million de cartables»… Le Maroc n’a jamais aligné autant de programmes sociaux. Mais peut-on dire pour autant qu’il a élaboré une politique lisible dans le domaine social?

    En tout cas, le colloque international sur les finances publiques, organisé par la Fondafip et la TGR les 21 et 22 septembre, a bien tenté d’étudier la question sous la thématique «Finances publiques et justice sociale». Un événement auquel plusieurs hauts responsables marocains et français, experts, chercheurs, invités ont émis des réflexions. Comme à l’accoutumée, il y avait foule. Une partie de l’assistance était restée debout.

    Et parmi les intervenants, Mohamed Benchaâboun, le tout nouveau ministre des Finances, attendu sur sa première intervention publique. D’autant plus que l’ex-PDG du groupe BCP, rompu aux business-plan, doit être en train d’apporter sa propre touche au projet de loi de finances 2019.

    La thématique du colloque intervient après les discours dans lesquels le Souverain a demandé au gouvernement de concevoir un nouveau modèle de développement pour répondre aux attentes sociales de la population. «Le gouvernement s’est déjà attelé à mettre en œuvre dans les plus brefs délais les principales réformes contenues dans le discours royal.

    Sur le plan économique, les réformes portent d’abord sur l’adoption de la Charte de déconcentration administrative à l’effet de permettre aux autorités régionales, préfectorales, provinciales et locales de prendre les décisions au niveau de proximité le plus approprié», déclare le ministre.

    L’objectif étant de permettre aux collectivités territoriales de promouvoir l’investissement public et privé et donc les créations d’emplois. La nouvelle charte d’investissement, qui devrait bientôt voir le jour, vise à améliorer l’environnement des affaires et faciliter l’acte d’investir. Dans ce nouveau schéma, les centres régionaux d’investissement, dont la mission et les attributions seront renforcées via le projet de loi dans le circuit d’adoption, joueront un rôle pivot.

    Sauf que tout cela suppose des ressources financières qui ne peuvent pas toujours être couvertes par les finances publiques. Surtout dans une conjoncture économique difficile où il faut tenir compte du déficit budgétaire, des recettes fiscales souvent limitées… Comment peut-on donc concilier considérations sociales et contraintes économiques?

    «La contribution des finances publiques en faveur de la justice sociale a connu deux périodes distinctes. La première s’est étalée depuis l’indépendance jusqu’aux années 1980. La deuxième a débuté à partir des années 1990 avec un renforcement plus prononcé depuis l’année 2000», rappelle Noureddine Bensouda, trésorier général du Royaume.

    L’Etat avait beaucoup investi dans la construction des barrages, des hôpitaux, des routes, des écoles, des universités… En parallèle, il encourageait le secteur privé pour l’accompagner dans le développement économique du pays. «Les finances publiques ont été sollicitées à travers les subventions des secteurs d’activités économiques, les zones industrielles, la réforme agraire…», ajoute Bensouda.

    De généreuses incitations fiscales ont également été accordées via les codes d’investissement. Dans le même temps, l’Etat était conscient qu’il fallait également mettre en place des programmes d’appuis sociaux pour lutter contre la pauvreté. Mais à présent, il est clair que l’Etat ne peut plus être seul à supporter le fardeau social.

    Les collectivités territoriales ainsi que les organismes à vocation sociale doivent être mis à contribution. Encore faut-il qu’ils soient en mesure de développer leurs ressources financières. Par ailleurs, il faut également assurer une bonne cohérence entre les différents programmes d’appui social afin qu’ils profitent à ceux qui sont réellement dans le besoin.

    Plus de 10% de la population en situation précaire

    Selon les chiffres rapportés par le Pr. Mustapha Sehimi, «le Maroc compte 1,6 million de pauvres après la mise en œuvre de l’INDH, mais on l’oublie souvent, il compte également 4,6 millions de personnes vivant dans la vulnérabilité et qui peuvent basculer à tout moment dans la pauvreté, surtout dans le monde rural». Il y a également le problème de la précarité dans laquelle vivent surtout les femmes et les jeunes faute d’emploi stable et rémunérateur. A peine 1 femme sur 5 est sur le marché de l’emploi, pourtant beaucoup d’entre elles doivent subvenir aux besoins de leur famille. Une situation due notamment à la panne de l’ascenseur social qu’est l’éducation. Un secteur qui a connu beaucoup de problèmes suite à une arabisation sans aucune coordination. D’où des décrochages par centaines de milliers.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc