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    Feux de forêt: Une année moins ravageuse qu’en 2017

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5346 Le 07/09/2018 | Partager
    230 incendies recensés du 1er janvier à fin août
    Rif: la région la plus boisée et toujours la plus touchée
    Des gendarmes face à la destruction de preuves et l’omerta
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    Plus de 170.000 ha ont été ravagés durant plus d’un demi-siècle. Les années 2004 et 2012 ont été les plus ravageuses. L’antécédent d’Izaren dans la région de Chefchaouen en 2004 a marqué un tournant dans la gestion des feux de forêt

    Du 1er janvier à fin août 2018, ce sont 230 feux de forêt qui ont été recensés. Ainsi, 463 ha ont été touchés durant cette période, selon les Eaux et Forêts. La plus grande superficie endommagée a été enregistrée dans le Rif avec 236 ha au total: Tanger, Tétouan, Chefchaouen, Larache et Ouazzane.

    C’est une constante dans la mesure où cette région est la plus boisée du Maroc. Son territoire est couvert à 42% contre 12% en moyenne au niveau national. La région de Rabat-Salé vient en seconde position: 62 ha ravagés par un peu plus d’une trentaine de départs  de feux.

    Le Haut commissariat aux Eaux et Forêts indique que «le nombre d’incendies a baissé de 23% par rapport à 2017 et de 30% en moyenne par rapport aux dix dernières années». Les espaces forestiers atteints par le feu ont également diminué: de 74% par rapport à 2017 et de 82% comparativement aux années 2000-2010.

    Généralement, les superficies brûlées sont constituées d’essences secondaires comme les arbustes et de strates herbacées (herbes saisonniers). Les arbres qui produisent du bois noble, comme le cèdre ou le thuya, ont subi aussi des dégâts durant cette saison: 40% des superficies brûlées. 

    Cause humaine et changement climatique    

    Le patrimoine forestier avec ses 9 millions d’hectares est une ressource précieuse et de plus en plus fragile et rare. Il faut jalousement le surveiller, le protéger et le conserver. La brigade anti-incendie est en alerte permanente et joignable 24h/24. Basé à Rabat, le Centre national de gestion des risques climatiques forestiers (CRCF) pilote les opérations anti-incendie. «Le dispositif estival de veille et d’intervention demeure mobilisé à son niveau maximal.

    Et pour cause, les végétations forestières sont très sèches et vulnérables. Le risque de propagation des feux en été est très élevé», précise Fouad Assouli, le responsable du Centre anti-incendie. L’entité qu’il chapeaute depuis 2005 relève du Haut commissariat aux Eaux et Forêts et à la lutte contre la désertification.

    Son top management, Abdeladim Lhafi, invite «tous les utilisateurs des espaces forestiers (campeurs, bûcherons, pêcheurs, éleveurs, entreprises de bois...) et leurs territoires avoisinants à doubler de vigilance».

    Car 99% des incendies sont d’origine humaine. Ils peuvent être prémédités ou pas. Les investigations de la Gendarmerie royale s’avèrent rarement concluantes. Entre autres raisons avancées par l’administration, le feu détruit le sol et... les preuves. La loi du silence freine aussi les enquêteurs, surtout dans les campagnes où se concentrent les forêts. En 2016, un peu plus d’une cinquantaine de personnes ont été traduites en justice (cf. L’Economiste n°5019 du 9 mai 2017).

    A l’exception de cette rare statistique, il n’y a aucune donnée disponible sur les infractions portant atteinte au domaine forestier, les motifs du forfait, la nature et le nombre des condamnations, l’évolution de ce type de délit et le taux de récidive.

    Aussi, aucune étude ou enquête approfondies n’existe sur les causes humaines des feux de forêt. Il n’y a pas de «raison avérée». Mais plusieurs pistes sont mises en avant par les gardes forestiers: vengeance, agriculture via l’extension des terrains exploités -y compris de cannabis surtout que le Rif est la première zone à risque-, apiculture, inadvertance... C’est une «problématique mondiale», affirme un fin connaisseur du secteur forestier. Rien n’empêche de lancer une étude pour mieux cerner le mal.

    La forêt marocaine fait face à un autre défi: le changement climatique. La saison des feux dure six mois, de mai à octobre. Le Haut commissariat aux Eaux et Forêts relève toutefois que l’état d’alerte démarre plutôt depuis ces dix dernières années. Elle commence à fin avril pour s’étendre jusqu’aux premières pluies. Début novembre généralement. Les précipitations tardent de plus en plus, selon les dernières données climatiques.

     

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