×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Régions

    Fès: Des empreintes artistiques pour promouvoir la médina

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5344 Le 05/09/2018 | Partager
    Une initiative de l’architecte Meriam Ghandi
    Objectif: archiver des bouts d’histoires sur des bases scientifiques
    fes-art-medina-044.jpg

    Les murs de la médina ont parlé à l’architecte Meriam Ghandi. «Ils m’ont livré des histoires que j’ai voulu archiver grâce à l’art ». Elle s’est appuyée sur des empreintes de murs et de grilles sur de la terre de Fès, travaillée à la façon artisanale ancestrale. Ses œuvres contiennent également des coordonnées GPS (Ph. YSA)

    Il  y a des architectes qui ne veulent pas seulement être de passage. Ils veulent surtout marquer de leur empreinte l’histoire de la ville de Fès. Meriam Ghandi en fait partie. Fille d’un grand décorateur, cette jeune architecte-artiste (37 ans) est, depuis une vingtaine d’années, prise de passion pour l’art sous différentes formes.

    Ses créations sont, à son image, lumineuses et inspirées, simples mais pleines de caractère, modernes mais authentiques. Son nouveau-né est inauguré depuis le 31 août à l’hôtel Sahrai. Il s’agit en effet d’une exposition intitulée «Manifeste d’une empreinte». «J’ai travaillé sur des objets traditionnels qui me parlent. Y figurent la théière, le zellige, le bois ainsi que la porcelaine de Fès», exprime-t-elle.

    Et de poursuivre: «A travers cette nouvelle exposition, je dévoile mon imaginaire en vue d’entraîner le visiteur dans un univers rempli de poésie». En tout, une quarantaine d’œuvres confectionnent le «Manifeste d’une empreinte». Elles invitent à un nouveau regard sur les objets et les architectes. Pensée sous trois formes différentes mais complémentaires, son exposition met en valeur des objets courants faisant partie de l’identité marocaine.

    Le but étant d’attirer l’attention sur leur poésie, leur valeur patrimoniale ou leur esthétique. Pour cela, elle a fait le choix de les couler dans le béton, dans un chantier, «en travaillant aussi la composition du béton à la façon d’un chimiste et en coordination avec un chef de chantier et un maçon expérimentés». «Notre univers est influencé par le métier d’architecte, une sorte de vases communicants entre architecture et art, art et architecture».

    fes-medina-art-044.jpg
     

    Meriam Ghandi dit que les murs lui parlent, l’attendrissent, et se demande ce que ces murs ont écouté comme histoires et secrets. Sur ce volet, l’architecte a voulu, à la manière d’un scientifique, archiver des bouts d’histoires de la médina. Pour cela, elle a pris des empreintes de murs et de grilles sur de la terre de Fès, travaillée à la façon artisanale ancestrale. «Je travaillerai sur des empreintes pour les mellahs du Maroc, mais aussi pour les médinas de Rabat, Casablanca, Tanger et Marrakech», confie-t-elle à L’Economiste.

    Pour sa part, le troisième thème de son exposition tourne autour de tableaux peints. Lesquels représentent une expression artistique abstraite et colorée. En d’autres termes, il s’agit d’une quintessence de son imaginaire inspiré de ces voyages et rencontres au Maroc et en Afrique. Notons enfin que les œuvres exposées au Sahrai sont proposées entre 1.500 et 25.000 DH.

    Carte de visite

    Meriam Ghandi est une architecte atypique et assez distinguée. Diplômée de l’Ecole d’architecture Paris Malaquais, elle a reçu, en 2012, le prix «Young arab architects» pour son projet de réaménagement du village Zaouiat Ifrane. Ce prix est une initiative de l’Institut du Monde arabe à Paris. En 2014, elle a été sélectionnée pour représenter la femme architecte du Maroc dans le concours international «Arc vision prize-women and architecture» (Bergame, Italie). La même année, elle a été retenue pour exposer un de ses projets à Florence, encore en Italie, par le Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS), une association mondiale de professionnels qui se consacre à la conservation et à la protection des monuments. Et en 2016, l’une de ses créations a été exposée à la 15e «Biennale d’architecture de Venise».

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc