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Economie

Rapport de la Cour des comptes: Une douce ambiance de vacances dans des hôpitaux régionaux

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5338 Le 28/08/2018 | Partager
A peine deux consultations par semaine par médecin dans certaines régions!
Des établissements naviguent à vue, sans planification stratégique
Grandes défaillances en matière de facturation et de recouvrement
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Le rapport de la Cour des comptes a pointé directement la responsabilité des praticiens sur les délais de consultation et d’hospitalisation. Les consultations se limitent à une ou deux séances par semaine et par praticien. Certains d’entre eux fixent à l’avance le nombre de patients à examiner (Les visages ont été modifiés) (Ph. Bziouat)

Catastrophique. C’est le moins que l’on puisse dire de la gestion des centres hospitaliers régionaux et préfectoraux, relevant du ministère de la Santé, et gérés de manière autonome. 7 d’entre eux ont fait l’objet de missions de contrôle de la Cour des comptes pour la période 2016-2017.

En dépit de quelques différences, le constat reste le même: «les observations sont en grande partie d’ordre structurel et sont communes à tous les centres hospitaliers». Certains reproches ont été déjà formulés dans des rapports précédents de la Cour des comptes, dont celui de 2015. Les défaillances pointées concernent les différents aspects du fonctionnement de ces établissements.

A commencer par la planification stratégique et la programmation, qui font défaut au niveau de la majorité de ces centres. Le rapport de la Cour des comptes a mis l’accent sur «l’absence des projets d’établissement approuvés». En clair, ces Centres fonctionnent sans aucun document définissant les objectifs stratégiques et organisant l’offre de soins, les équipements et les infrastructures.

Ces documents, prévus par l’article 8 du décret sur l’organisation hospitalière, sont censés donner une vision claire pour le développement de ces établissements. Cette situation est accompagnée de l’absence de «budgets-programmes», qui déterminent les objectifs, les moyens et les résultats escomptés dans un cadre pluriannuel.

L’état des lieux décrit par le rapport de la Cour des comptes est plus sombre au niveau de la gestion de l’offre des soins. Il a été relevé que «certains centres n’offrent pas l’intégralité des prestations devant être assurées». Or, le décret sur l’organisation hospitalière avait fixé les spécialités et les services à mettre à disposition du public pour chacun des niveaux hospitaliers.

Par exemple, le centre régional de Marrakech n’offre pas de prestations en chirurgie générale, en neurochirurgie et en pneumologie. Pour celui de Berkane, les prestations de stomatologie et de chirurgie maxillo-faciale ne sont pas assurées. Cela est dû notamment à l’absence d’équipement et du manque de personnel médical. Les praticiens sont directement interpellés sur d’autres dysfonctionnements, particulièrement  les délais de consultation et d’hospitalisation.

«Les praticiens de la même spécialité ne sont pas présents en même temps à l’hôpital, les consultations se limitent à une ou deux séances par semaine et par praticien, ces mêmes séances se terminent souvent en fin de matinée. Certains praticiens déterminent à l’avance le nombre de patients à examiner».

Mais alors à quoi s’occupent-ils le reste de la semaine? Concrètement: la faible productivité des médecins est l’une des principales causes de la longueur des délais de consultation et d’hospitalisation. Ceux-ci peuvent atteindre, par exemple, 10 mois en service d’otorhinolaryngologie à Berkane, plus de 7 mois en service de cardiologie à El Jadida, et 8 mois en service de rhumatologie à Temara-Skhirat.

Les dysfonctionnements s’étendent également à la facturation et au recouvrement, favorisant la perte des deniers publics. Par exemple, la Cour des comptes a noté une différence entre les prestations réalisées et celles facturées.

Entre janvier 2009 et décembre 2015, le nombre des consultations au niveau du service d’urgence du centre hospitaliser de Témara-Skhirat s’est élevé à 943.354 cas, alors que celui des facturations pour la même période n’a concerné que 21 consultations. Au niveau du centre hospitalier de Meknès, de grandes insuffisances ont été identifiées en matière de recouvrement. Le total des restes à recouvrer s’est élevé à plus de 50 millions de DH.

Le casse-tête de la gestion des pharmacies

Les centres hospitaliers régionaux et préfectoraux s’approvisionnent en médicaments soit par acquisition directe, soit par le biais des dotations de la pharmacie centrale du ministère de la Santé. Or, l’inadéquation entre les besoins et les approvisionnements conduit à des ruptures de stocks ou à des pertes suite au non usage des produits. Par exemple, «au niveau du centre hospitalier préfectoral d’El Jadida, le montant correspondant aux médicaments périmés durant la période 2011-2015, atteint plus de 1,7 million de DH». Paradoxalement, ce centre a connu, durant la même période, une rupture de certains médicaments et dispositifs médicaux. 

 

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