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    Fête du Trône/IDE: La barre psychologique de 3 milliards de dollars

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5324 Le 27/07/2018 | Partager
    La profitabilité contrariée par l’étroitesse du marché local
    Plus de la moitié des investissements émis par trois pays
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    Malgré de grands projets dans l’industrie automobile, les flux nets moyens des investissements directs étrangers restent structurellement en dessous de 3 milliards de dollars par an. Au regard du potentiel du Royaume, ce niveau reste moyen. Il faudra mieux travailler les projets de dimension moyenne que le Maroc n’attire pas assez et améliorer son intégration dans la chaîne des valeurs mondiales.
    La Chine vient d’annoncer cette semaine en marge du sommet des «BRICS» qu’elle va investir 14 milliards de dollars sur trois ans en Afrique du Sud

    Bien que leur niveau reste modeste, le Maroc a réussi au cours de ces dernières années à maintenir un  flux régulier d’investissements directs étrangers. Après un repli de près de 1/3 à 2,32 milliards de dollars en 2016, les IDE bruts ont atteint 2,66 milliards de dollars en 2017. Soit une hausse de 15,4% avant de plonger de manière inquiétante de 33% au 1er semestre 2018 sans que l’on ne puisse vraiment établir de lien avec le mouvement de boycott qui frappe Centrale Laitière, Sidi Ali et Afriquia dont on dit qu’il aurait effrayé les investisseurs (et pas seulement étrangers; voir aussi L’Economiste n°5318 du 19 juillet 2018).

    Les chiffres de l’Office des changes indiquent que l’essentiel des flux de l’investissement étranger au Maroc provient de la France (28%), des Emirats Arabes unis (15%), d’Arabie Saoudite (11,8%), du Qatar (7%), des États-Unis (7%). De manière structurelle, la France, les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite concentrent plus de la moitié des IDE. L’immobilier (50%), la distribution et l’industrie (automobile et aéronautique) sont les trois vitrines des IDE au Maroc. Bon an, mal an, le Maroc attire en moyenne 2,6 milliards de dollars d’IDE, soit cinq fois moins que la Turquie dont le PIB est 7 fois plus gros que celui du Maroc. «Les investisseurs étrangers ont confiance dans la stabilité dynamique des pays au sens global, stabilité politique, juridique, fiscale, sociale… Ils sont également attirés si la promesse d’une profitabilité est réelle et pérenne, dans un cadre de  respect des règles concurrentielles, de la croissance continue du marché et du pouvoir d’achat…», explique le Pr Ahmed Azirar, fondateur de l’Association marocaine des économistes d’entreprise.
     Le Maroc a pris un certain nombre d’engagements internationaux, notamment l’accord d’association avec l’Union européenne et une cinquantaine de traités de libre-échange. Il a également engagé une série de réformes afin d’offrir aux investisseurs un environnement d’affaires attractif et similaire à celui de leur pays d’origine. 

    Les multinationales ayant choisi de s’implanter au Maroc constituent également une publicité efficace et susceptible de drainer de nouveaux investisseurs étrangers.
    Sur une longue période, l’analyse montre que le Maroc peine à franchir la barre des 3 milliards de dollars sauf cas exceptionnel tel que Renault ou Peugeot Citroën. De plus, l’essentiel des flux  se concentre entre un petit nombre de pays (la France, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite et le Qatar). Ce qui représente un risque pour sécuriser l’arrivée des IDE.

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    Le Maroc doit s’arrimer de manière dynamique et valorisante à la chaîne de valeurs mondiale, sachant que les échanges commerciaux mondiaux sont à 60% dominés par les biens intermédiaires

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    Parmi les raisons expliquant le fait que les IDE n’arrivent pas à franchir un  palier supérieur, l’on peut citer l’étroitesse du marché local, qui n’offre pas d’importantes perspectives de profitabilité. Sur le papier, cet obstacle peut être compensé par les opportunités offertes par le réseau d’accords de libre-échange signés par le Royaume. La fermeture de la frontière maroco-algérienne empêche l’horizontalité des échanges commerciaux avec le Maghreb. 
    «Le secteur de l’automobile offre aujourd’hui de belles opportunités à un certain nombre d’investisseurs qui souhaitent s’arrimer à la chaîne de valeurs.

    Reste à savoir si le Maroc arrive à s’arrimer de manière dynamique et valorisante à la chaîne de valeurs mondiale, sachant que les échanges commerciaux mondiaux sont à 60% dominés par les biens intermédiaires et non pas de produits finis. Le challenge est d’offrir aux investisseurs étrangers la possibilité de s’insérer dans les chaînes de valeurs locales et aux investisseurs locaux de s’y arrimer pour les allonger», signale le Pr Azirar. La difficulté à s’insérer dans beaucoup de chaînes de valeurs régionales et internationales solides limite donc le pouvoir attractif du Royaume. «Pour optimiser les opportunités d’investissement existantes, il faudrait travailler pour rapatrier les deux bornes de la chaîne de valeurs, l’amont (R&D, création, innovation) et l’aval (commercial, marketing, logistique, après-vente…) en mobilisant en synergie les acteurs à commencer par l’université et la recherche».

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