Analyse

Collecte des déchets: Les scenarii de l’après Sita et Averda

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5311 Le 10/07/2018 | Partager
Nouveaux cahiers des charges pour la collecte et la décharge de Médiouna
Une production de +2,5% chaque année
Incinération ou enfouissement, quelle option retenir?
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A Casablanca, le volume des déchets, qui est en augmentation de 2,5% chaque année, va pratiquement doubler en 20 ans (2015-2035)

Casablanca peine à collecter et gérer ses déchets ménagers. Plusieurs délégataires se sont succédés pour les résultats peu probants que l’on connaît. Le départ précipité et avant terme de Sita, Averda et Ecomed, poussés vers la sortie par l’autorité délégante (la commune), annonce une reconfiguration du service propreté. Il s’agit de l’un des postes les plus budgétivores. La commune consacre en effet plus de 700 millions de DH/an à la collecte (une somme partagée par Sita et Averda). Aujourd’hui, une totale refonte du système de collecte, de nettoiement et de traitement des ordures ménagères est en gestation. 
En effet, deux appels d’offres internationaux viennent d’être lancés. L’un devrait aboutir sur le choix des nouveaux délégataires du service de propreté (en septembre prochain), alors que l’autre devra désigner l’entreprise qui assurera la gestion du centre de traitement, de valorisation et d’enfouissement des déchets ménagers à Médiouna. L’ouverture des plis de ce dernier marché est prévue pour le 25 juillet.
Sur le volet collecte, la commune urbaine de Casablanca (CUC) entend éviter les erreurs des précédents mandats en élaborant un nouveau cahier des charges sur la base du retour d’expérience des anciens délégataires et en consultant les principaux concernés (élus, arrondissements, société civile…). Ainsi, les principales nouveautés de ce document se résument à 3 points: l’obligation de résultats, nouveau découpage en 8 lots (au lieu de 4 précédemment) avec cahier des charges spécifique à chaque arrondissement et finalement un système de facturation forfaitaire. Il s’agit là d’une grande nouveauté car les délégataires étaient jusqu’ici payés sur la base du tonnage. D’ailleurs, ce point était à l’origine du départ de Sita, accusée de gonfler les tonnages en comptabilisant gravats et déchets verts. 
Et pour mieux quadriller le vaste territoire de Casablanca, 4 délégataires au moins seront nécessaires (au lieu de 2). «Le matériel apporté sera neuf et correspondra aux normes environnementales en vigueur», promet une source auprès de la SDL Casa-Prestation qui pilote l’opération. Les nouveaux délégataires pourront toutefois utiliser le matériel existant pour une période n’excédant pas les 6 mois. 
Mais le dossier le plus épineux est sans conteste celui de la décharge de Médiouna.  Une véritable bombe à retardement écologique qui continue d’empoisonner la vie des Casablancais (notamment les riverains sur les territoires de Médiouna et Bouskoura). 
Aujourd’hui, la situation est telle qu’il n’est plus possible d’ignorer le problème plus longtemps. Il a été donc décidé de réhabiliter et fermer définitivement la décharge. Le nouveau délégataire devra exploiter un site mitoyen de 35 hectares. Il devra accueillir outre le centre d’enfouissement et de valorisation (CEV), un centre de tri, des installations de traitement du lixiviat et du biogaz, les bâtiments annexes ainsi que l’usine d’élimination et de valorisation énergétique. 
Sur ce terrain, récemment acquis, la commune a d’ores et déjà engagé des travaux de construction du 1er casier (7 hectares) et les ouvrages annexes. Ces derniers seront exploités par la commune pendant une période transitoire maximale d’une année en attendant la désignation du nouveau délégataire. «A l’issue d’une étude menée par un cabinet spécialisé, et suite à différents échanges, missions, visites d’experts nationaux et internationaux, le procédé retenu est celui de l’incinération», explique la même source de Casa-Prestation. Cependant,l’appel à manifestation d’intérêt laisse la porte ouverte aux autres procédés qui pourraient être plus avantageux (économiquement, écologiquement et techniquement).

Mandat de 25 ans

Plusieurs objectifs sont attendus du prochain mandat de gestion déléguée (d’une durée de 25 ans). En effet, il faudra améliorer significativement la situation environnementale, réduire le volume des déchets à enfouir à l’optimum en tenant compte du prix à la tonne facturé au délégant. Ainsi le volume des déchets enfouis dans le futur centre d’enfouissement et de valorisation (CEV) devra être réduit d’au moins 85% (par rapport à la quantité de déchets reçus en décharge).

 

 

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