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    Analyse

    Collecte des déchets: Le cauchemar de Médiouna continue

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5311 Le 10/07/2018 | Partager
    La décharge est arrivée à saturation depuis 2010!
    2 millions de tonnes/an d’ici 2035
    Différentes solutions à l’étude
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    Les déchets organiques ou fermentescibles (plantes, rebuts de cuisine ou du potager) constituent plus de la moitié des volumes à la décharge de Médiouna (55%). Pratiquement 25% des déchets du Maroc sont produits sur son périmètre

    Papier, carton, plastique, métaux, verre… la décharge de Médiouna est une véritable mine de matières premières. Mais, les déchets organiques ou fermentescibles (plantes, rebus de cuisine ou du potager..) constituent plus de la moitié des volumes (55%). Ils sont suivis par le papier/carton (14%), le plastique (10%), les gravats (6%)… (voir aussi infographie). En 2017, les Casablancais ont produit  plus de 1,4 million de tonnes de déchets ménagers et assimilés. La production de déchets, qui est en forte croissance (2,5% par an), atteindra les 2 millions de tonnes/an d’ici 2035. Ces déchets sont traités par la méthode classique d’enfouissement. C’est l’actuel délégataire Ecomed (qui continue sa prestation, jusqu’à la reprise en main par le nouveau délégataire) qui assure ce service. Saturée, la décharge actuelle a largement dépassé ses limites depuis des années et son exploitation a continué via des avenants renouvelés tous les 6 mois. La commune est aujourd’hui à la recherche d’une solution visant la valorisation de ces déchets et permettant de résoudre plusieurs contraintes dont l’absence de tri sélectif et la prédominance de la matière organique ou fermentescible. Le sort d’un millier de chiffonniers qui vivotent sur le site de la décharge est également à prendre en considération. La décharge est une source de revenus pour une population riveraine de chiffonniers ou fouineurs récupérateurs. Ils pourront être intégrés sur le site, au niveau du centre de tri ou l’usine de valorisation des déchets. 
    Lancée en 1986, la décharge de Médiouna est devenue aujourd’hui une plaie, non seulement pour la région Casa-Settat, mais à l’échelle nationale. Et pour cause, 25% des déchets du Maroc sont produits sur ce périmètre.  
    La première région du Royaume, qui compte 20% de la population et contribue pour 34% au PIB national, produit aussi 35% des déchets. La couronne du Grand-Casablanca, Berrechid, Dar Bouazza et Mohammedia, produit à elle seule 60% des déchets de la région, dont une bonne partie atterrit bien sûr à la décharge de Médiouna. Celle-ci est arrivée à ses limites dès 2010.
    Il faudra peut-être réfléchir à une nouvelle génération de décharges éparpillées sur plusieurs sites à Casablanca et non seulement à Médiouna. Autrement dit, il est possible à long terme de doter chaque région de Casablanca de sa propre décharge.
    Les effluves de ce dépotoir, situé à une vingtaine de minutes à peine de Casablanca, se propagent à des kilomètres à la ronde atteignant les zones environnantes (Médiouna, Bouskoura, Nouaceur , aéroport Mohammed V…), mais aussi des quartiers plus lointains comme Sbata, Lahraouiyine, Tit Mellil… au gré des vents. Ces odeurs pestilentielles sont à l’origine de maladies respiratoires, notamment chez les allergiques et les asthmatiques. Sans oublier les risques induits pour les riverains, l’environnement, la nappe phréatique… En réaction, les habitants des environs (notamment la ville verte de Bouskoura) se sont organisés dans le cadre d’un collectif de 7 associations autour de la même cause: la défense de l’environnement. Il s’agit des Mamans de Bouskoura, CGR (Association California Golf Resort), AMAK (Association Al Madina Al Khadra), Al Wifak pour la protection de l’environnement, Save Casablanca, Zerozbel et Association Médiouna.

    47 décharges non contrôlées au Maroc 

    Le site de Médiouna fait partie des 47 décharges non contrôlées qui existent encore au Maroc. Pour rappel, le programme national des déchets ménagers (PNDM) ambitionne d’améliorer la gestion et mettre à niveau le secteur des déchets en milieu urbain. Voici les derniers chiffres en date sur l’évolution du PNDM: 

    Augmentation du taux de collecte professionnalisée à 85,2% contre 44% en 2008

    Augmentation du taux de mise en Centre d’Enfouissement et de Valorisation (CEV) pour atteindre 62,44 % (3,94 millions de tonnes) des déchets ménagers produits, contre 10% avant 2008.

    25 CEV à  Fès, Oujda, El Jadida, Essaouira, Rabat, Berkane, Figuig, Guelmim, Al Hoceïma, Agadir, Nador, Dakhla, Mohammedia, Laayoune,Ifrane, Es-Smara, M’Diq-Fnideq, Safi, Khouribga, Meknès, Ouarzazate, Marrakech, Khénifra, Tanger et Béni Mellal.

    47 décharges non contrôlées réhabilitées: Salé, Témara, Oujda, Benslimane, El Jadida, Fès, Essaouira, Casablanca, Al Hoceïma, Agadir, Ifrane, Azrou, Mohammedia, Nador, Guelmim, El Oualidia, Tamsia, Ouled Taïma, Azilal, Akkreuch, M’diq, Fnideq,Errachidia, Ouarzazate, Bouznika, Dakhla, Tarmigt, Sidi Moumène, Khénifra, Mrirt, Aguelmous, Marrakech, Sidi Allal Bahraoui, Guercif, Jerrada, Laayoune, El Ouatia, Moulay Bousselhame, Missour, Mehdia, Tata, Akka, FoumLahcen, FoumZguid, Oued Nachef, Ben Taïb et Kelaa Sraghna.

    8 en cours de travaux: Meknès, Souk Larbâa Al Gharb, Souk Larbâa oulad Bousbaa, Taounate, Jabhab, Safi, Béni Mellal et Tanger.

     

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