Economie

Formation des profs: Amzazi veut en finir avec la méthode «cocotte-minute»

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5304 Le 29/06/2018 | Partager
Un nouveau modèle étalé sur 5 ans
80% du corps enseignant renouvelé d’ici 2030, un sacré défi!

Nous vous l'annoncions il y a deux jours (voir L'Economiste N° 5301 du 26 juin 2018), le ministère de l’Education nationale a élaboré un nouveau programme de formation des enseignants du primaire et du secondaire. Cette nouvelle démarche a été présentée, mercredi dernier, au Conseil supérieur de l’éducation et de la formation, dans le cadre d’une séance d’audition et d’interaction.

Cette instance, présidée par Omar Azzimane, avait multiplié les appels pour accélérer la mise à niveau de la formation du corps éducatif. «Cette question constitue aujourd’hui un véritable défi transversal, pour assurer la qualité des apprentissages au sein de l’école marocaine. Elle traverse l’ensemble des actions que nous aurons à engager, et de ce fait, elle doit fédérer l’ensemble des acteurs de l’éducation», a expliqué Azzimane.

Pour lui, «toute réforme passe par les enseignants. Elle ne peut réussir que par leur engagement et ne peut prospérer que par leur implication». Même son de cloche chez le ministre en charge de ce dossier. Pour Saïd Amzazi, «l’école de la qualité passe par la mobilisation d’enseignants compétents».

Revenant sur l’état des lieux, il a rappelé que «les différents rapports d’évaluation, notamment TIMSS, PIRLS et PISA, ont insisté sur le rôle décisif des performances des enseignants en matière d’apprentissage des élèves et leur rendement éducatif». Il a également mis l’accent sur «l’influence des enseignants durant les périodes de mise en œuvre des réformes du système éducatif».

Ce nouveau programme de formation permettra de répondre au défi du renouvellement du corps éducatif. Entre 2015 et 2030, le ministère de l’Education nationale prévoit de recruter et de former plus de 200.000 enseignants. Cela permettra de renouveler près de 80% des effectifs actuels.

«Ce qui constitue un défi, mais également une véritable opportunité», selon Amzazi. C'est, en effet, un sacré challenge! Il s’agit d’insuffler une nouvelle dynamique au secteur. Actuellement, l’enseignement constitue un choix par défaut pour les jeunes diplômés. L’objectif du nouveau modèle est de «consacrer le choix de ce métier en tant que vocation, basée sur des convictions assumées», a expliqué le ministre.

A travers cette nouvelle approche, le modèle de formation sera étalé sur 5 ans (y compris une année de formation alternée). Les candidats seront sélectionnés sur la base de critères précis. Ils seront choisis parmi les lauréats du cycle de licence au niveau des universités. Les candidats retenus devront rejoindre les Centres régionaux des métiers de l’éducation en vue de renforcer leurs compétences pédagogiques.

Des sessions de perfectionnement pratique sont également au programme, en alternance au niveau des écoles et des centres régionaux des métiers de l’éducation. Cette approche sera complétée par des sessions de formation continue, visant «la professionnalisation du métier d’enseignant».

Piètre diagnostic

Le nouveau programme de formation des enseignants a été élaboré suite à un diagnostic ayant permis de mettre à nu les différents maux du modèle en vigueur. C’est ce qu’a rappelé le ministre de l’Education nationale. Il s’agit essentiellement de la durée limitée de formation, qui ne dépasse pas une année. A cela s’ajoute la faiblesse en matière de compétences pédagogiques au niveau des matières de spécialité, en plus de l’absence d’articulation entre le contenu des formations dans les universités et les besoins en termes d’aptitudes didactiques.

 

 

 

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