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    Culture

    Musiques sacrées du monde

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5299 Le 22/06/2018 | Partager
    Des artistes et artisans célèbrent le renouveau de la médina
    Issam Sarhan, Dhafer Youssef et Jordi Savall…en guest stars
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    Très sobre, le mapping du spectacle inaugural partira d’un dessin graphique noir et blanc très stylisé pour donner successivement naissance à une architecture historique colorée (Ph. YSA)

    Entrée des artistes, textes, musiques et mapping…  Alain Weber, le metteur en scène et concepteur peaufine pendant les répétitions (mardi, mercredi et jeudi) le spectacle-création prévu en ouverture du festival de Fès des musiques sacrées du monde.

    Sous le regard attentif de Abderrafih Zouitene, président de la Fondation «Esprit de Fès», organisatrice de l’événement, des dizaines d’artistes marocains et étrangers ont défilé le 20 juin à Bab Makina.

    En effet, dessiner une fresque qui se produit, comme à l’accoutumée, en présence d’un gotha national et international, n’est pas une mince affaire. Rappelons que l’ouverture de cette 24eédition, à l’image de toute la programmation qui suivra, mettra à l’honneur le renouveau de la Médina de Fès et ses savoirs ancestraux.

    Ainsi, le coup d’envoi de l’événement sera donné, ce vendredi à Bab Makina, par une création intitulée «Les Savoirs Ancestraux». Celle-ci sublimera l’architecture et fera se tourner les pages d’un livre musical en l’ornant tant de lettres calligraphiées que de motifs de broderies. Les transformations orchestrées par l’homme sur la matière seront, également, mises en lumière par certaines manifestations du génie humain, cristallisées dans l’acier, le verre, le bois ou la pierre.

    «Ces savoirs techniques traditionnels seront confrontés à l’art de la parole et, notamment, à la poésie, pierre angulaire du chant, tissant ses mots comme les fils de soie s’étirent dans les ruelles de la médina de Fès», indique Alain Weber, Directeur artistique du festival. Sur scène, l’on retrouvera Ramzi Aburedwan à la direction musicale, Christophe Olivier, pour la création lumières, et Franck Marty pour la création scénographique.

    Un travail sur des motifs géométriques, issus de mosaïques, moucharabieh ou de motifs de tissage, s’associera au kalam de Julien Breton, calligraphe en live (light-graph). Au fil du spectacle, des artistes prestigieux du Maroc et du monde arabe mettront en valeur l’aspect traditionnel et contemporain des métiers de l’art.

    Y figurent notamment la star du Malhoun, Sanae Mrihati, du flamenco espagnol marié à des chants andalous de Issam Sarhan, la dernière révélation du programme «The Voice», ou encore de la musique amazighe et El Gaâda. Sur fond de musique, la fresque mettra en évidence les savoirs et le renouveau de la cité de Fès qui a si merveilleusement préservé ses traditions culturelles et artisanales. Les maâlems de la poterie, zelligeurs et dinandiers mettront leur touche pour révéler cette osmose entre l’âme de la ville «musée vivant».

    «Ces maîtres artisans ont toujours veillé à transmettre leurs savoir-faire et leur passion vers l’excellence. Grâce à eux, ce précieux patrimoine est bien vivant. Il est plus que jamais d’actualité», exprime Zouitene.

    Selon lui, «le festival de Fès est à l’image de sa médina: franchir ses portes est une manière de s’imprégner de traditions millénaires, de valeurs de tolérance et de spiritualité. Les générations défilent au cours des siècles mais l’âme de la ville se perpétue et ce, grâce aux ramifications entretenues entre les différentes traditions culturelles creuset de l’Histoire du Maroc mais également artisanales à l’origine du tissu social qui la compose».

    C’est aussi ce que proposeront les musiciens et les chanteurs venus d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique qui participeront à cette 24e édition dont la programmation est particulièrement riche et diversifiée.

    Le but est de faire le lien entre un héritage artisanal exceptionnel dont la pierre angulaire demeure la spiritualité, et une création contemporaine offrant des perspectives prometteuses. Tout au long des 9 jours du Festival, se succéderont rythmes porteurs de grandes traditions spirituelles d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie, d’Amérique, d’Europe occidentale et orientale. Aux liturgies orthodoxes, hébraïques, grégoriens, andalous, jésuites de Bolivie répondront voix soufies, shaers arabes, griots d’Afrique subsaharienne et rwayyes du Haut-Atlas marocain mais aussi rythmes du Rajasthan, du Pakistan ou de Bali.

    Tenus sous le haut patronage de SM le Roi, le festival et son Forum mettront à l’honneur le renouveau de la Médina. Préserver les héritages anciens, porteurs de réponses à nos questionnements d’aujourd’hui, les revitaliser et ne pas hésiter à les emporter ailleurs, dans une réflexion plus contemporaine, figurent aussi parmi ses enseignements.

    Dhafer Yousef et Jordi Savall à ne pas rater

    Le grand maître du oud, vocaliste et compositeur tunisien Dhafer Yousef est attendu le 23 juin à Bab Makina. Il juxtapose dans ce spectacle, qui a fait l’objet d’un album homonyme, la musique ancienne soufie avec la texture du jazz actuel. Les vocalises, très haut perchées, constituent l’élément fondamental de cette création. Le 24 juin, Jordi Savall, un habitué du festival, viendra ressusciter Ibn Battuta. Considéré dans le monde comme l’un des principaux protagonistes du renouveau de la musique historique, Savall, avec son ensemble musical Hesperion XXI, convie les mélomanes à un voyage musical éblouissant qui suit les traces du grand explorateur Ibn Battuta. On rappellera que, parti de Fès en 1333, il s’est rendu jusqu’aux confins de l’Asie avant de traverser le continent africain.

     

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