International

Algérie: Le FMI s’inquiète toujours

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5295 Le 18/06/2018 | Partager
Chômage, déficits budgétaires, dette publique… élevés
L’institution souligne la nécessité des réformes

La chute des prix du pétrole a affaibli l’économie algérienne. En dépit d’un assainissement des finances publiques en 2017, les déficits budgétaire et courant demeurent élevés, estime le FMI. En raison principalement d’une contraction de la production d’hydrocarbures, la croissance du PIB réel a fortement ralenti les deux dernières années (de 3,3% en 2016 à 1,6% en 2017).

Le taux devrait s’établir à 3% en 2018 et 2,7% en 2019. Quant à la croissance du secteur hors hydrocarbures, elle est restée stable. La crise économique que traverse le pays a fait grimper le taux de chômage. Il s’est hissé à 11,7% en septembre 2017, contre 10,5% un an plus tôt.

Ce sont les jeunes (28,3%) et les femmes (20,7%) qui sont particulièrement touchés. Si la dette extérieure reste négligeable, la dette publique brute a augmenté depuis 2016. Elle devrait atteindre environ 34,8% du PIB en 2018 puis évoluer à 39,9% du PIB en 2019.

L’équipe du FMI a pris note des mesures prévues par les autorités, à savoir une hausse des dépenses budgétaires en 2018 suivie par la reprise de l’assainissement des finances publiques à moyen terme, le financement monétaire des déficits budgétaires, des restrictions temporaires aux importations... Cette approche pourrait certes offrir un répit à l’économie à court terme, mais également faire peser des risques sur les perspectives. Elle aura comme conséquence probable d’exacerber les déséquilibres budgétaires et extérieurs, d’alimenter l’inflation, d’accélérer la diminution des réserves de changes, d’aggraver les risques pour la stabilité financière et de ralentir la croissance.

Pour le FMI, il serait possible de mener un assainissement progressif des finances publiques dès 2018 sans recourir au financement par la Banque centrale. Mais en s’appuyant sur une variété de mécanismes de financement, dont l’emprunt extérieur pour financer des projets d’investissement sélectionnés avec soin. Une dépréciation progressive du taux de change, accompagnée de mesures visant à éliminer le marché des changes parallèle, favoriserait les mesures d’ajustement.

Les économistes de l’institution encouragent les autorités à se tenir prêtes à durcir la politique monétaire si des tensions inflationnistes se manifestent. Ils déconseillent le financement monétaire du déficit. Toutefois, si celui-ci se poursuit, ils soulignent la nécessité de mettre en place des mesures de sauvegarde pour en atténuer l’impact négatif.

Dans ce contexte, ils saluent l’engagement de la Banque centrale à «stériliser», le cas échéant, les liquidités apportées par le financement monétaire. Plusieurs réformes visant à encourager le développement du secteur privé en améliorant le climat des affaires, en facilitant l’accès au crédit, ainsi qu’en renforçant la gouvernance, la transparence et la concurrence sont saluées.

Il est utile d’agir pour réduire l’inadéquation des qualifications, améliorer le fonctionnement du marché du travail, accroître le taux d’activité des femmes et continuer d’ouvrir l’économie au commerce extérieur et à l’investissement direct étranger.

Renforcer le cadre macroprudentiel

Le secteur bancaire continue de se porter relativement bien. Eu égard aux risques macroéconomiques et aux liens financiers au sein du secteur public, il convient de renforcer le cadre macroprudentiel. Et ce, notamment en menant plus régulièrement des tests de résistance et en établissant un dispositif de gestion des crises.

 

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