Entreprises

Ciment: Les ventes au plus bas niveau

Par Nadia DREF | Edition N°:5293 Le 13/06/2018 | Partager
Repli de 4,8% à fin mai
L’année 2018 étant compromise, les professionnels tablent sur 2019
Nouveau bureau au sein de l’APC
ciment_vente_093.jpg

Les ventes du ciment sont à leur plus bas niveau depuis plus de 7 ans. C’est l’effet de la baisse de l’auto-construction et de la promotion immobilière malgré une reprise des chantiers TP

Les cimentiers ne sont pas au bout de leur peine. Ils ont vu leurs ventes chuter de près de 5% au cours des cinq premiers mois.  Les volumes écoulés à fin mai ont totalisé 5,76 millions contre 6,04 millions de tonnes, un an auparavant, selon les statistiques fournies par l’Association professionnelle des cimentiers (APC).

Par région, Casablanca-Settat se taille la part du lion. Elle a absorbé 1,24 million de tonnes en repli de 6,7%. Elle est suivie par Marrakech qui, en revanche, a connu une reprise de 8,4% des volumes écoulés (808.561 tonnes). Tanger-Tétouan-Al Hoceïma arrive en troisième place cumulant 735.783 tonnes, en baisse de 3,3% par rapport à fin mai 2017.

Cette région est talonnée par Rabat-Salé-Kénitra dont les écoulements ont régressé de 6,3% totalisant 719.034 tonnes. Pour le seul mois de mai, les ventes ont reculé de 1,9% par rapport au même mois de l’année précédente (1,21 million contre 1,24 million de tonnes).  

Cette contreperformance laisse les professionnels perplexes et compromet la thèse d’une éventuelle reprise ou du moins une stagnation des ventes. Le scénario le plus réaliste est celui annoncé à L’Economiste (Cf. Edition du 11 mai 2018) par l’ex-président de l’APC, Mohamed Chaïbi qui s’attend à une année baissière.

En face, LafargeHolcim Maroc anticipe une demande stable pour 2018. Quant aux analystes de CFG Bank, ils prévoient une hausse de la consommation de 1% en 2018, de 2,5% en 2019 et de 3,5% en 2020. «La baisse des ventes en mai compromet sérieusement les réalisations du secteur cimentier. Elle est accentuée par la non-reprise de la construction», précise un professionnel du secteur.

Ceci est visible à travers les canaux de distribution dédiés. Le circuit bâtiment a vu ses volumes se replier de 6.500 tonnes au cours des cinq premiers mois de l’année par rapport à la même période en 2017. Pareil pour le négoce qui a totalisé des ventes en repli de 46.500 tonnes.

A contrario, les autres segments ont vu leur écoulement augmenter que ce soit les TP (53.772 t), préfabriqué (108.877 t) ou encore le béton prêt à l’emploi (201.021 t). C’est l’effet de la relance des chantiers de travaux publics et d’infrastructures (tramway, LGV, nouvelles gares, …).

Malgré une conjoncture défavorable, les cimentiers maintiennent leurs projets de développement dans un marché en ralentissement, avec des coûts de l’énergie en forte hausse. Néanmoins, les prix sont restés stables. A titre d’exemple, le leader du marché LafargeHolcim Maroc poursuit sa stratégie de développement et d’innovation pour mieux satisfaire les besoins de ses clients. Malgré des résultats en baisse, le groupe veut accélérer son développement dans les provinces du Sud. 2018 sera marquée par l’entrée en production de la station de broyage de Laâyoune ainsi que la passation de la commande de la ligne clinker pour la nouvelle cimenterie du Souss. Le groupe lancera également le premier laboratoire de développement de solutions constructives au Maroc.

Côté interprofession, l’Association professionnelle des cimentiers vient d’élire un nouveau bureau et a renouvelé ses instances au sein de son conseil d’administration. La présidence a été confiée à Tarafa Marouane, président du conseil d’administration de LafargeHolcim Maroc. Il succède  à Mohamed Chaïbi qui a été coopté en tant qu’administrateur et nommé conseiller spécial auprès du tout nouveau président de l’APC.

L’assemblée générale, tenue le 7 juin, a également désigné Malik Sefrioui en qualité de vice-président tandis que le poste du trésorier général revient à Brahim Laraqui. Par ailleurs, Mohamed Boujnaoui a été retenu en tant qu’assesseur. Pour sa part, Ahmed Bouhaouli conserve son poste de directeur délégué. Le nouveau bureau devra préparer un nouveau plan d’action.

Vivement 2019!

Les professionnels ont les yeux rivés sur 2019. Ils tablent sur la relance promise par Abdelahad Fassi Fehri, ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. Le ministre PPS a reçu vendredi dernier les membres de la Fédération nationale de la promotion immobilière (FNPI). Les discussions ont porté sur l’assouplissement des procédures d’octroi des autorisations de construire, le recadrage du programme de logement social, le logement pour la classe moyenne, le règlement général de la construction ou encore le statut professionnel du promoteur. Une réunion qui vient en préparation du projet de loi de finances 2019. La problématique du secteur de l’habitat réside dans le développement du marché de l’offre en adéquation avec les spécificités de la demande, tout en améliorant les mécanismes d’accès au logement (propriété ou location), relève le ministère de tutelle. Ce qui est loin d’être le cas actuellement. En attestent, d’ailleurs, les méventes enregistrées dans le secteur et la hausse des stocks d’invendus, tous segments confondus.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc