Economie

Maroc-Nigeria: La 2e phase du gazoduc bientôt lancée

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5292 Le 12/06/2018 | Partager
Elle sera axée sur l’implication des Etats traversés par ce projet
Affiner les estimations des coûts d’investissements et mobilisation des financements
Un tracé mixte, offshore/ onshore, a été retenu suite à une étude de faisabilité
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SM le Roi Mohammed VI et le président du Nigeria Muhammadu Buhari, se dirigeant vers la place du Mechouar au Palais royal de Rabat. Après la cérémonie d’accueil officiel, les deux chefs d’Etat ont présidé une séance de signature de trois accords de coopération bilatérale

Le projet de gazoduc reliant le Nigeria à l’Europe en passant par l’Afrique de l’Ouest et le Maroc commence à prendre forme. La 2e phase de ce méga-chantier sera bientôt lancée. C’est ce qui a été annoncé à l’occasion de la 1re visite de travail et d’amitié du président du Nigeria, Muhammadu Buhari, reçu par le Roi, dimanche dernier, au Palais royal à Rabat.

Une déclaration conjointe portant sur ce dossier a été signée par les deux entités en charge du pilotage de ce projet, à savoir l’Onhym et la Compagnie de pétrole nationale nigériane (NNPC). Dans cette nouvelle phase, il s’agit d’impliquer les Etats qui seront traversés par le gazoduc. La mobilisation de la Cedeao pour accompagner ce projet à dimension régionale est également au programme.

Cela devra passer par la signature d’une série de protocoles d’accord avec les parties concernées. L’idée est également de démarrer les discussions avec les opérateurs du champ Tortue au large du Sénégal et de la Mauritanie, qui seront concernés par le passage du gazoduc.

Cette 2e phase sera également marquée par «la validation des volumes de gaz disponibles pour le marché européen». Une opération qui sera prise en charge par les «Majors» au Nigeria. Elle connaîtra également le lancement d’actions pour approcher des clients européens potentiels parmi les plus importants.

D’autres mesures sont aussi prévues, selon la déclaration conjointe des responsables de l’Onhym et de NNPC. Il s’agit notamment «d’affiner les estimations des coûts d’investissement et d’exploitation». Les responsables de ce mégaprojet devront également finaliser l’analyse économique, sur la base des volumes et des hypothèses de construction». L’une des étapes les plus décisives concernera la mobilisation des financements pour la réalisation de ce projet régional.

Cela devra passer par le lancement de «discussions avec les banques internationales de développement, pour vérifier leur disposition à financer ce projet». Parallèlement, les équipes en charge de ce projet devront se pencher sur la préparation des documents préliminaires.
Selon la conception proposée, le futur gazoduc va mesurer 5.660 km. Il sera réalisé sur une route combinée onshore/offshore. C’est ce qui résulte des conclusions d’une étude de faisabilité lancée durant la première phase du projet. Celle-ci a précisé que «plusieurs tracés ont été évalués. Le premier est un tracé offshore, le second onshore qui longe la côte et le 3e est un tracé mixte», est-il indiqué.

Le choix de la 3e solution est lié à «des raisons d’ordre économique, politique, juridique et sécuritaire». La construction du gazoduc devra se faire sur plusieurs phases. Ce qui permettra de «répondre aux besoins croissants des pays africains et européens concernés durant les 25 prochaines années».

Au-delà des aspects économiques, les responsables des deux pays ont mis l’accent sur l’aspect stratégique de ce chantier. «La collaboration régionale entre le Maroc, le Nigeria, la Mauritanie et les pays de la Cedeao permettra de promouvoir le commerce et le développement dans l’intérêt mutuel des pays, et de favoriser l’intégration des économies de la sous-région, conformément aux objectifs du Nepad», selon la déclaration conjointe signée par Amina Benkhadra, DG de l’Onhym, et Farouk Garba Said, DG de NNPC.

L’OCP s’y met aussi

En plus du mégaprojet de gazoduc, le partenariat entre le Maroc et le Nigeria concernera également le secteur des phosphates. L’OCP sera impliqué dans cette dynamique sur la base de la convention signée dimanche dernier, à Rabat, devant le Roi et le président du Nigeria. Il s’agit d’un protocole d’accord entre l’OCP et le fonds souverain Nigeria Sovereign Investment Authority. L’objectif est de mettre en place une plateforme industrielle au Nigeria pour la production d’ammoniaque et produits dérivés. Une autre convention de coopération a été signée lors de cette audience royale. Elle porte sur le domaine de la formation professionnelle agricole et de l’encadrement technique.

 

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