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    International

    Renault et PSA: Les prix de la pièce détachée artificiellement «gonflés»

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5287 Le 05/06/2018 | Partager
    Jusqu'à plus de 5 fois le prix d'achat, selon une enquête Mediapart
    Les prix de certaines pièces dépassent les 100%!
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    Un scandale dans le marché de la pièce de rechange automobile en France. «PSA et Renault auraient secrètement et artificiellement gonflé les prix de certaines pièces de rechange détachées grâce à l'utilisation d'un logiciel spécifique».

    C'est ce qui ressort d'une enquête récente de Mediapart et le réseau de médias European Investigative Collaborations (EIC). L'enquête révèle des profits indus, estimés à 1,5 milliard d'euros en 10 ans, pour les deux constructeurs automobiles français.

    Selon des documents exclusifs obtenus par le réseau des médias européens et Mediapart, «Renault et PSA ont utilisé le même logiciel -Partneo- permettant d'augmenter discrètement les prix de pièces détachées dites «captives» de 15% en moyenne».

    Et d'ajouter: «En France, les constructeurs bénéficient d'un monopôle pour les pièces captives, essentiellement les éléments de carrosserie». Par captives, l'on entend pièce détachée, accessoire  ou encore équipements fabriqués par le constructeur (ou ses sous-traitants) et distribués exclusivement sous sa marque par lui-même ou par ses concessionnaires.

    Selon Mediapart, uniquement dans ce business lucratif de la pièce captive, les 2 constructeurs généralistes français «auraient généré 100 millions d'euros de profits supplémentaires par an au niveau mondial, soit un total de 1,5 milliard d'euros».

    Plus encore, les complexes algorithmes ainsi que la base de données créée par Partneo ont permis de faire bondir les prix de certaines pièces de +264%. C'est le cas pour une protection de roue de Dacia Sandero, ou encore de +100% pour un rétroviseur de Clio III... Sur ce dossier, l'Autorité de la Concurrence a été alertée en 2017 suite à des soupçons de «pratique concertée anticoncurrentielle».

    Sauf que l'Autorité n'avait pas donné suite à la procédure, car elle ne disposait pas de suffisamment d'éléments.  Ceci étant, depuis 2012, l'Autorité française de la concurrence recommande la fin du monopole des constructeurs sur certaines pièces de rechange, notamment les éléments de carrosserie.

    Sur le fondement de l'investigation sur Renault et Peugeot, Mediapart, qui a publié 10 pages sur le sujet, affirme que «ses documents sont issus d'une procédure judiciaire intentée au civil devant le Tribunal de commerce de Paris par l'inventeur du logiciel, Laurent Boutboul. Celui-ci s'est estimé lésé par Accenture lors du rachat de son entreprise en 2010.

    Aujourd'hui, il accuse le géant du conseil, Renault et PSA d'avoir «utilisé son système pour coordonner les hausses des tarifs, en violation des règles de la concurrence». Selon le site français d'actualités Mediapart, «les pratiques de Renault et PSA sont d'autant plus choquantes qu'avant la mise en place du logiciel d'Accenture, les constructeurs vendaient déjà leurs pièces de rechange à des prix exorbitants: jusqu'à 5 fois leur prix d'achat en moyenne, selon nos documents, soit 80% de marge!

    Selon Accenture, les pièces de rechange pèsent «9 à 13% du chiffre d'affaires» des constructeurs, mais cela représente jusqu'à «50% de leurs revenus nets». Interrogés, les groupes incriminés ont tous botté en touche, voire démenti l'information avec vigueur. PSA conteste les «accusations infondées».

    Pour sa part, Renault affirme qu'il ne s'est jamais «engagé dans aucune coordination, de quelque forme que ce soit avec PSA». Plus encore, le groupe au losange dit n'avoir jamais «emprunté une démarche qui puisse relever, de près ou de loin, d'une violation des règles de concurrence».

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