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    Analyse

    Marrakech-Safi: L’eau, ce paramètre ingérable

    Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5239 Le 28/03/2018 | Partager
    Après quelques frayeurs de pénurie, la situation des barrages s’améliore
    Une année de pluviométrie tardive mais bien répartie dans le temps
    Des efforts importants en matière d’économie d’eau d’irrigation
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    Si les indices (en mm) de la pluviométrie dans la région, arrêtés à mars 2018, ont repris des couleurs grâce aux dernières précipitations et à la fonte des neiges hivernales, ils montrent également des disparités entre provinces. Autre particularité de cette campagne, la bonne répartition temporelle de cette pluviométrie jusqu’au 15 mars, ce qui a permis aux cultures d’automne, notamment les céréales, de rattraper le retard accusé au début de la campagne. Néanmoins, les agriculteurs de la région espèrent des précipitations pour fin mars et début avril, correspondant à une phase critique des céréales

    Sans apports en eau suffisants, les cultures stagnent. Pourtant, ce paramètre échappe aux prévisions. Arrêté au mois de mars, le taux moyen de remplissage des barrages est de 51% contre 50% à la même date de la campagne précédente. Bons présages.

    Si le programme d’irrigation pour la campagne 2017/2018 n’a retenu qu’une dotation de 304 millions de m3 (Mm3) destinée à la sauvegarde des plantations, il s’agissait de compter, pour l’amélioration des apports en eau, sur les importantes chutes de neige dans les bassins versants. En effet, la fonte des neiges a permis une amélioration significative de la retenue des barrages Bin el Ouidane, Hassan 1er et My Youssef.

    La situation reste par contre préoccupante pour le barrage Lalla Takerkoust qui n’est qu’à 25% de sa capacité. Malgré les caprices du temps, le programme national de l’économie de l’eau d’irrigation (PNEEI) poursuit sa stratégie. En effet, depuis le lancement du Plan Maroc Vert, le département de l’Agriculture tente le défi de produire plus avec moins d’eau et de manière compétitive et durable.

    Basée sur l’économie et la valorisation, cette politique place la maîtrise de l’usage de l’eau en agriculture irriguée au cœur des mesures transverses pour faire face à la raréfaction de ces ressources. Ainsi, depuis 2008, il s’agit de reconvertir 550.000 hectares de terres irriguées en irrigation localisée, pour économiser près de 1,4 milliard de m3 et doubler la valeur ajoutée par mètre cube d’eau, grâce à la transition d’une agriculture traditionnelle à faible valeur ajoutée vers une agriculture à valeur ajoutée supérieure et orientée vers le marché. Modernisation des infrastructures d’irrigation, équipement des exploitations agricoles en irrigation localisée, et amélioration de la mise en valeur agricole pour une meilleure valorisation de l’eau sont au cœur du programme.

    Plusieurs bailleurs de fonds sont à l’œuvre, tout comme le Fonds de développement agricole, qui accompagne l’équipement des exploitations en techniques d’irrigation localisée à travers des incitations financières de l’Etat aux agriculteurs. Ces aides atteignant jusqu’à 100% du coût d’investissement pour les petites exploitations de moins de 5 ha  qui représentent près de 80% de la superficie totale visée par le programme.

    Résultat, les zones équipées en irrigation localisée à l’échelle nationale ont plus que triplé, passant de 160.000 hectares à 540.000 hectares actuellement, soit près de 33% des terres irriguées au niveau national. En outre, la modernisation intégrale des périmètres collectifs d’irrigation (reconversion collective) a porté sur près de 65.000 hectares et 55.000 hectares supplémentaires sont en chantier. Les économies d’eau d’ores et déjà réalisées sont estimées à près de 1 milliard de m3 par an. L’équivalent d’un grand barrage.

    Un programme d’irrigation à 6,7 milliards de DH

    A l’horizon 2020, le programme d’économie d’eau en irrigation ambitionne de reconvertir une superficie globale de 100.900 hectares, au bénéfice d’environ 90.000 agriculteurs. Une superficie répartie entre 57.100 hectares en reconversion collective et 43.800 hectares en reconversion individuelle. «Le programme de modernisation de l’agriculture irriguée est bel et bien lancé. Nous avons d’ailleurs dépassé les 83.250 hectares irrigués par goutte-à-goutte. L’objectif étant d’aboutir à une meilleure valorisation des faibles disponibilités en eau de surface et de réduire la pression sur les eaux souterraines», explique le directeur régional de l’agriculture de Marrakech-Safi, Abdelaziz Bousraref. Le coût global du programme est estimé à 6,7 milliards de DH. A terme, le projet prévoit des retombées socio-économiques et environnementales non négligeables, entre une augmentation de la valeur ajoutée par hectare de 16.000 à 40.000 DH, une augmentation de la valorisation de l’eau de 3 à 6 DH par m3 d’eau, et plus généralement, une économie d’eau de près de 30%.

     

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