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    Analyse

    Marrakech-Safi: Comment l'agriculture a changé la région

    Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5239 Le 28/03/2018 | Partager
    Des coopératives agricoles qui se professionnalisent
    Des cultures et leur irrigation qui s’étendent
    Mais toujours ces difficultés à surmonter en matière de gestion et de commercialisation
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    Sur les 1.907 coopératives agricoles réparties dans toute la région de Marrakech-Safi, 21% sont notamment établies dans la province du Haouz, 18% à Essaouira et 15% à Chichaoua. Ce sont là les provinces qui disposent de zones montagneuses et d’une importante richesse en produits du terroir

    Sur les 1.907 coopératives agricoles que compte la région, 93% sont fonctionnelles et 7% sont féminines. Parmi ce vivier, 1.392 coopératives sont conformes à la nouvelle loi 12/112, et 503 ont réussi l’adaptation, soit la moitié des anciennes coopératives.

    Si le tissu organisationnel professionnel agricole dans la région est important et diversifié, sur le plan fonctionnel, il demeure confronté à des problèmes de gestion, de financement, de communication et de commercialisation de ses produits. Pour redynamiser ce secteur, le ministère a intégré ces difficultés dans le cadre du Plan Maroc Vert, qui accorde une attention particulière aux coopératives et groupements en les accompagnant et les appuyant financièrement pour leur mise à niveau et leur initiation aux impératifs de la commercialisation.

    En outre, le Programme national de création de coopératives agricoles (PNCCA) et d’accompagnement a été confié à l'Office national du conseil agricole (ONCA), avec une nouvelle démarche organisationnelle basée sur la gestion entrepreneuriale des coopératives. Ce plan a été décliné en plan régional, en cours d’exécution dans la région Marrakech-Safi, qui dispose d’un potentiel important et diversifié en termes de filières de production.

    De même et pour répondre aux besoins du secteur en ressources humaines qualifiées, la région mise sur la formation professionnelle agricole. «Les filières de formations dispensées sont révisées en continu pour tenir compte des filières de production porteuses du plan agricole régional» explique le directeur régional de l’agriculture de Marrakech-Safi, Abdelaziz Bousraref.

    Ajoutant que «l’appui à l’insertion sociale et professionnelle, à travers la formation par apprentissage, des jeunes ruraux déscolarisés, leur permet d’acquérir une qualification favorisant leur insertion dans le milieu du travail ou d’assurer la relève au niveau des exploitations agricoles. Près de 300 lauréats et 600 apprentis sont injectés dans le secteur chaque année».

    La région regroupe à elle seule 285.000 exploitations agricoles, réparties sur les 3,92 millions d’hectares, dont 350.000 hectares sont irrigués. A savoir que sur les 4,52 millions d’habitants dans la région, soit 100 habitants au km², 57% sont des ruraux. Alors non seulement Marrakech-Safi possède de nombreux atouts pour le développement de ce secteur phare, mais aussi autant de mains-d’oeuvre disponibles.

    En effet, son climat favorable à la diversification des productions agricoles et à la précocité de certains produits agricoles et sa position géographique proche des grands centres de consommation, comme Marrakech et Casablanca, sont autant de bases favorables à cette économie.

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    L’apiculture, les viandes rouges, la filière lait et la filière d’arganier sont les quatre principales activités des coopératives dans la région. Celles dédiées à la valorisation des produits agricoles représentant 12% du total de ces structures

    Tout repose donc sur l’olivier, qui représente 20% du total national, les agrumes, ou encore le lait avec une production de 488 millions de litres, dont 220 millions de litres usinés, les viandes rouges et l’aviculture. Les produits du terroir ne sont pas en reste, avec l’arganier, le noyer ou le câprier, qui représentent, dans la région, 45% du domaine national.

    L’inventaire ainsi fait, l’état d’avancement global des projets Pilier II à fin décembre 2017 montre que les objectifs pour 2020 devraient être pleinement atteints. En effet, 21 projets sont achevés pour un investissement de 480 millions de DH. Alors que 52 autres projets sont en cours de mise en œuvre, pour une enveloppe de 1.799 millions de DH. Au total, 68% des objectifs 2020 sont d’ores et déjà atteints. Quant au Pilier I, 82% des projets prévus à ce même horizon 2020 sont lancés.

    En parallèle, la certification des produits labellisés, offrant une meilleure visibilité, continue son œuvre. Rien qu’en 2017, 15 coopératives d’huile d’argan ont été certifiées, pour un nombre total d’adhérents de 492 dont 99% sont des femmes. Huile d’olive, cumin et câpres faisant également partie des cibles de cet appui à la certification.

    Même progression pour la reconversion individuelle (PNEEI) dont la superficie cumulée en hectares est passée de 18.295 à fin 2008 à 83.250 à fin 2017, avec une superficie moyenne reconvertie de 7.217 hectares par an et un taux de réalisation des objectifs 2020 qui bondit à 148%.

    Pour financer tous ces projets, un montant de 3.386 millions de DH a été accordé dans le cadre du FDA (Fonds de développement agricole) par la direction régionale de l’agriculture (DRA), entre 2009 et 2017, pour un total de 52.269 dossiers et projets, qui concernent, pour 83% d’entre eux, l’aménagement hydro-agricole.

    L’atout cactus

    Il n’y a qu’à traverser la région pour voir l’étendue des cultures du cactus. Son atout premier: sa forte résistance à la sécheresse. Une culture majeure pour l’alimentation animale. Sa rentabilité dépassant celle des céréales dans ces zones semi-arides. Sauf que depuis 2 ans, le cactus est touché par un parasite ravageur, la cochenille à carmin.
    Un plan d’urgence de lutte a alors été déployé à ce sujet. Tous sont sur le pont. Premières mesures gouvernementales: des traitements chimiques et l’arrachage des plantations infestées.
    Dans un même temps, l’Institut de recherche INRA s’attelle aux recherches de variétés résistantes et aux alternatives de lutte biologique, alors que l’ONSSA, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires, s’occupe de l’innocuité et de l’efficacité des produits de traitement. Résultat: 8 écotypes ont ainsi été identifiés et sont actuellement en cours de multiplication pour les mettre à la disposition des agriculteurs. L’utilisation de ces variétés étant le moyen le plus efficace et le plus rentable pour lutter contre ce ravageur et relancer une production durable de cactus.

     

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