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    Régions

    Marrakech: Une nouvelle arme contre le cancer

    Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5230 Le 15/03/2018 | Partager
    Un traitement des tumeurs au 10e de millimètre
    Disponible à la clinique spécialisée Ménara et financé par ODM

    Jusque là, il fallait aller en France ou rester au Maroc avec sa tumeur. L’acquisition du Truebeam Novalis STX™, fruit du couplage de 2 technologies modernes d’une société américaine et d’une allemande, change la donne. En effet, cette machine permet de traiter de toutes petites tumeurs, qui se développent à côté d’organes nobles. La clinique spécialisée Ménara se dote ainsi d’un outil plus rapide, plus puissant et surtout beaucoup plus précis pour réaliser les soins du cancer plus efficacement.

    «Nous pouvons atteindre une précision au 10e de millimètre, ce qui nous permet de traiter les tumeurs du cerveau les plus profondes, du foie, des poumons, des ganglions ou de la prostate. C’est comme faire de la chirurgie sans scalpel» explique Ali Tahri, oncologue radiothérapeute à la clinique.

    Outre sa puissance décuplée qui permet de réduire le nombre de séances de thérapie et la durée d’irradiation, la machine bénéficie de systèmes d’imagerie permettant un repositionnement automatique à la recherche de la tumeur et une synchronisation avec les mouvements de respiration, qui évite d’irradier les tissus sains avoisinants. D’éminents professeurs sont venus à Marrakech à l’occasion d’un temps de partage autour des actualités thérapeutiques des tumeurs cérébrales.

    Face à quelque 60 neurochirurgiens, neurologues et oncologues radiothérapeutes nationaux, le professeur Cornu, expert international et chef de service de neurochirurgie à l’hôpital Pitié Salpêtrière de Paris, explique comment «le cerveau, centre de notre intelligence et de notre âme, nous oblige à avoir des traitements adaptés, qui ne sont pas plus terribles que la maladie».

    C’est ce qui vient d’être possible à la clinique Ménara avec une jeune patiente dont la tumeur était tout près du nerf optique. «Opérer dans ce cas engendre un fort risque de cécité» confirme Tahri. La technique permet donc de brûler de petites tumeurs sans opérer dans des zones parfois difficiles d’accès.

    Les 50 millions de DH, coût global de la machine, ont été supportés par le groupe ODM (Oncologie et diagnostic du Maroc), un réseau d’investisseurs non médecins, résolus à développer la qualité et le niveau des soins dans tout le Royaume. «Sans ce partenariat avec ODM, nous n’aurions jamais pu supporter un tel coût financier» rappelle Tahri. Car oui, «pour ne plus rien avoir à envier à d’autres pays, il faut des investissements» continue Mohamed Elmandjra, le DG du groupe ODM.

    Cette acquisition, sur le territoire depuis un peu plus de 3 mois, est donc une première au Maroc et en Afrique du Nord, puisqu’il s’agit de la 2e machine sur le continent après celle d’Afrique du Sud. Les patients marocains ont ainsi accès à cet outil moderne de lutte contre le cancer, qui augmente leurs chances de guérison.

    Le coût d’un tel traitement est de 65.000 DH, qui peut être supporté jusqu’à 100% suivant la couverture sociale. Un prix égal à celui pratiqué en France et égal au tarif de la chirurgie qu’il remplace. «Il s’agit d’une technologie considérée comme un outil normal dans le traitement du cancer», rappelle Elmandjra. Ajoutant que «ça ne sert à rien d’avoir ce type de machine si le citoyen marocain n’y a pas accès».

    Même avec une proportion de patients traités gratuitement, le problème se pose lorsque ce dernier n’a pas de couverture sociale ou pas d’accès géographique. «C’est là que le développement de partenariats public-privé serait utile pour concerner l’ensemble des citoyens» continue-t-il. En attendant, ce système permet de prendre en charge, sur le territoire, des cancers qui étaient jusque là impossibles à traiter.

    Un réseau marocain qui prend de l’ampleur

    ODM tente de compenser la pénurie importante en termes d’équipements en oncologie et diagnostic dans l’ensemble du pays. Ce groupe de santé spécialisé, qui se focalise sur la détection, le traitement et le suivi du cancer, est d’ores et déjà présent à Casablanca et à Marrakech, avec un nouveau centre achevé à Oujda, inauguré dans quelques mois, et des projets en cours à Tanger mais aussi en Afrique subsaharienne. Quant à la clinique spécialisée Ménara, elle accueille une population du sud du pays estimée à un peu plus de 8 millions d’habitants. Autour de 300 patients traités sont prévus la première année depuis l’installation de cette arme complémentaire dans la radiothérapie oncologique.

    De notre correspondante permanente, Stéphanie JACOB

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