Entreprises

Les multiples enjeux de la transaction

Par Nadia DREF | Edition N°:5226 Le 09/03/2018 | Partager
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Nadia Fettah, DG de Saham Finances (Ph. Saham Finances)

Saham Finances, le pôle assurance que le groupe de Moulay Hafid Elalamy vient de céder à l’assureur sud-africain Sanlam est arrivé à maturité. Forte de son ancrage au Maroc et en Afrique, Saham Finances vise à poursuivre sa stratégie de croissance. Détails.

- L’Economiste: Quel sera l’impact de cette cession sur l’organisation de Saham Finances?
- Nadia Fettah:
Sur le plan de la gouvernance, c’est une équipe managériale basée à Casablanca, que je dirige, qui continuera à gérer Saham Finances. Par ailleurs, je siège désormais au sein du Comité exécutif de Sanlam Emerging Market. Je ferai partie de l’équipe qui définit et soutient la nouvelle stratégie. C’est extrêmement important pour moi et mes collaborateurs qui sont en train de me demander des garanties. Je vais continuer à gérer Saham Finances selon les mêmes règles d’expertise, d’équité et de respect. Il se peut qu’il y ait de petits changements. En revanche, il n’y aura pas d’opération de départs volontaires, car c’est une histoire de croissance. Nous visons à faire croître Saham Finances de plus de deux chiffres. Franchement, je continuerai à gérer Saham Finances aujourd’hui comme je l’ai fait dans le passé.

- Comment faire jouer les synergies avec la maison-mère?
- Le groupe Sanlam ne connaît pas très bien cette partie du monde. Nous leur avons fortement recommandé de garder une équipe managériale à Casablanca et de profiter du modèle Saham qui a très bien fonctionné. Sanlam achète un ensemble de groupes, une façon différente de manager, de faire de l’assurance et de créer de la valeur. Ce groupe veut renforcer son positionnement sur le continent avec cette transaction. J’espère bien qu’il apportera sa touche personnelle.

- Mais il y a des craintes sur une sortie de Saham Finances de la Bourse
- Pour moi, il n’y a aucune crainte à se faire. Sanlam est cotée en bourse. L’actionnaire principal du groupe ne détient que 11% du capital. La culture de la bourse est ancrée chez notre partenaire sud-africain. Ces nouveaux investisseurs sont partisans d’un ancrage local.

- Qu’en est-il de votre stratégie de croissance externe?
- Depuis 2 ans, nous sommes concentrés sur une croissance organique. Nous avons mis en place des plans stratégiques triennaux. Nous sommes optimistes et nous allons nous focaliser plus sur la croissance organique.
Reste que dans les pays majeurs, notamment le Nigéria et le Kenya, où les deux groupes étaient concurrents, Sanlam et Saham restent encore minoritaires malgré ce rachat. Nous ne pourrons pas rester petits sur ces deux marchés, car nous voulons être crédibles. Notre objectif est d’être dans le top 3 ou le top 5, cela dépend des marchés. D’ailleurs, c’était l’ADN de Saham Finances et c’est la même vision de Sanlam. L’Egypte est également un marché important pour nous. Nous sommes en train de voir ce que Saham et Sanlam peuvent y apporter comme valeur ajoutée. Autre marché prometteur, celui de la République Démocratique du Congo (RDC) que tout le monde suit de plus près. Nous prenons notre temps. Nous ne sommes pas des mercenaires pour aller ouvrir des marchés. L’Ethiopie est également un marché porteur.

Propos recueillis par Nadia DREF

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