Dossier Spécial

8 Mars/ Raja Marsou: La «Mama Hajja» au chevet des migrants

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5225 Le 08/03/2018 | Partager
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Prendre soin des migrants et découvrir leur visage humain, c’est la bataille menée par le médecin Raja Marsou, Mama Hajja pour les intimes  (Ph. RM)

Rajae Marsou est une femme médecin qui travaille au ministère de la Santé à Tétouan. Mais, auprès des migrants de la forêt de Belyounech, elle est, malgré son jeune âge, Mama Hajja, qui prend soin d’eux dans le cadre de l’association les Mains Solidaires. «Depuis que j’ai intégré l’association en 2014, je me suis intéressée de très près au sort de ces migrants qui, pour la plupart, sont dans une situation très critique», explique Marsou.

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Le dernier rapport des ressources humaines de la fonction publique a montré que le nombre total des fonctionnaires dans les secteurs ministériels a atteint 536.004 employés. Les femmes salariées constituent 35,3% du nombre total, soit 188.811 fonctionnaires

A Belyounech, à 16 km au nord de Fnideq et à 7 km à l’ouest de Sebta, il n’y a pas de refuge, seulement des abris de fortune fabriqués avec des morceaux de plastique. C’est là que ces migrants, issus pour la plupart d’Afrique subsaharienne, passent le plus clair de leur temps en attente de traverser la frontière.

Ils ne survivent que par les aides des associations comme les Mains Solidaires qui leur apportent des vêtements, mais aussi de quoi vivre, et les accompagnent avec des cours de formation pour décrocher un métier ou pour apprendre des langues comme l’arabe et l’espagnol.

Et c’est entre les arbres de cette forêt que démarre une partie de leurs malheurs. «Les migrants de Belyounech souffrent de diverses affections provoquées par les conditions de leur séjour dans la forêt, mais ce sont les blessures provoquées par les tentatives d’escalade qui sont les plus dangereuses», affirme «Mama Hajja». De nombreuses voix se sont élevées des deux côtés du détroit pour dénoncer ces grillages et leurs fils barbelés «Concertina» dont les lames coupantes sont redoutables.

Malgré ces conditions de vie, les migrants rencontrés par Raja Marsou n’ont pas oublié leur humanisme. «Quand nous arrivons à leur campement, ils nous accueillent avec un grand sourire. Nombreux parmi eux nous appellent après avoir réussi leur traversée et je suis restée en contact avec certains d’entre eux à travers les réseaux sociaux», indique-t-elle.

-13,3%  des sans-abri sont
des femmes
(Source : HCP)

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Un rapport de 2017 sur l’autonomisation économique des femmes, présenté par le ministère de la Famille, informe sur la part de celles qui deviennent médecins, dentistes ou pharmaciennes

La forêt de Belyounech excite l’imagination des riverains qui y voient, pour certains, un site dangereux duquel il ne faut pas s’approcher surtout depuis l’augmentation du nombre d’Africains qui y sont installés. «Que de fois on m’a dit de ne pas y aller, que même des «hommes» n’osent pas s’y approcher», remarque Raja.

«Je me sens très en sécurité, pour ma part, quand j’y vais, même si nombre de mes collègues m’assurent avoir peur pour moi vu que je suis une femme», raconte-t-elle. Pour elle, ceci est dû à la perception biaisée de la société qui voit le mal partout, et qui, surtout, continue à croire que les femmes ne sont pas vraiment capables.

 

 

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