Economie

Croissance: Ce qui marche, ce qui traîne

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5216 Le 23/02/2018 | Partager
Services, tourisme, agriculture, phosphate, en pole position
La reprise dans l’industrie de transformation et le BTP tarde à s’affermir
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Les crédits immobiliers s’inscrivent en hausse soutenue. A fin 2017, ils ont augmenté  de 4,2%, après 2,5% un an auparavant. Cette progression découle de la hausse des prêts accordés à l’habitat de 3,6% et de l’accélération des crédits attribués à la promotion immobilière (+8,7%)

Les premiers signes captés en ce début d’année  augurent d’une évolution favorable de certains secteurs, après un comportement positif constaté durant l’année écoulée. C’est particulièrement le cas du secteur des services, de l’agriculture et de l’immobilier.

Des tendances qui ont été confortées par les fondamentaux de la demande intérieure, notamment la consommation des ménages et l’investissement.  En revanche, la reprise peine à s’opérer dans certaines activités industrielles et le BTP. 

Pour le trafic aérien des passagers, l’année 2017 a permis, pour la première fois, de franchir le cap de 20 millions de voyageurs. Avec à la clé une croissance de 11,6%, soit la plus forte des sept dernières années. Des hausses  à deux chiffres ont été enregistrées au niveau de la plupart des aéroports nationaux: Marrakech (11,96%), Agadir (15,74%), Fès (24,93%) et Tanger (26,11%). En outre, le trafic du fret aérien a également enregistré sa plus forte performance sur sept ans: 19%.

Par ailleurs, l’activité portuaire gérée par l’Agence nationale des ports s’est renforcée de 8,1% à fin 2017, après une augmentation de 8,3%, un an auparavant. Cette évolution a été tirée par la forte hausse des volumes exportés, notamment les phosphates dont les quantités ont explosé de plus de 40%.

La bonne tenue du trafic aérien des passagers explique également la croissance qu’a connue l’activité touristique. Avec plus de 11,3 millions de touristes, le nombre des arrivées a enregistré une augmentation de 9,8% en 2017, soit son plus haut niveau sur les sept dernières années. Et la performance résulte à raison de 75%, des visiteurs étrangers: +14,9% contre -1% en 2016.

Parallèlement, le nombre de nuitées, dans les établissements d’hébergement classés, s’est renforcé de 14,6% à fin 2017, pour dépasser, pour la première fois, les 20 millions. Canalisant près de 83% de cette progression, le volume des nuitées réalisées par les non-résidents a augmenté de 18,3%, soit le plus fort score  depuis 2006. Pour ce qui est des recettes touristiques, elles se sont chiffrées à 69,7 milliards de DH, en hausse de 8,5%.

Pour le 1er mois de l’année 2018, elles ont maintenu leur évolution ascendante, affichant une hausse de 32,3% par rapport à la même période de l’année 2017, pour s’établir à 5,4 milliards de DH.
Le secteur extractif clôture  également l’année 2017 en forte consolidation, portée par la dynamique de l’activité de phosphate. En effet, la production de la roche s’est fortement accrue de 22% à fin 2017, soit sa plus forte performance depuis 2011. Dans le même sillage, le volume des ventes à l’étranger a explosé de 40%. Mais à des cours relativement bas. (Voir infographie ci-contre).

A l’opposé, l’activité du BTP affiche toujours une atonie malgré l’importance des financements orientés surtout crédit immobilier. Au cours du mois de janvier 2018, marqué par l’abondance des précipitations, les ventes de ciment, baromètre clé de l’activité du secteur du BTP, se sont repliées de 4,4%, après un recul de 4,1% à la même période de l’année précédente. Les principales baisses ont concerné les régions de Casablanca-Settat (-8,6%), Fès-Meknès (-16,5%) et Souss-Massa (-7,2%), atténuées par des améliorations dans les régions de Marrakech-Safi (+9,6%), Laâyoune (+21,3%) et Dakhla-Oued Eddahab (+46,9%).

Au-delà, la croissance dépendrait, pour l’essentiel, de l’évolution de la campagne agricole. Pour le moment, les principaux indicateurs sont au vert mais tout reste suspendu au climat, en particulier pour ce qui est de la céréaliculture. Quant à l’arboriculture fruitière, l’élevage et le maraîchage, la situation s’est nettement améliorée avec les précipitations des mois de janvier et février. La réserve des barrages à usage agricole ayant dépassé en moyenne les 40% de la capacité théorique.
Selon les dernières données du ministère de l’Agriculture, les semailles ont porté sur plus de 4,6 millions d’hectares dont 10% en irrigué. (Voir L’Economiste du 20 février).

Côté pêche, le volume des prises est resté stationnaire, voire en repli. Mais la valeur marchande est orientée à la hausse sous l’effet du renchérissement des prix. En 2017, elle a enregistré une progression  de 6,4%, après 4% l’année d’avant.

Tendance haussière des cours à l’international

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Les cours du phosphate brut se sont établis à 81 dollars la tonne en janvier 2018, en hausse de 1,3% sur un mois, ramenant leurs pertes à 18% en glissement annuel. Les prix des engrais phosphatés DAP ont atteint 395 dollars la tonne en janvier, en hausse de 2,6% sur un mois et de 22% sur un an. Les perspectives semblent s’améliorer, avec une reprise attendue des importations de l’Inde et un repli des exportations de la Chine.

 

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