Economie

Masen: Bakkoury promet de dépasser l'objectif 2020

Par Nadia DREF Amin RBOUB | Edition N°:5212 Le 19/02/2018 | Partager
«Les 42% seront largement dépassés», promet le pilote des EnR
Eolien, solaire... Etat d'avancement global projet par projet
Les prochaines centrales dans les starting-blocks
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Pour monter en puissance et en capacité, Masen programme une série de centrales en 2018. Prochain lancement, Noor II dès mars prochain, promet Mustapha Bakkoury, président (Ph. Bziouat)

«Tous les objectifs escomptés qui consistent à porter les capacités de production renouvelable seront atteints à l'horizon 2020. Les 42% seront non seulement atteints mais dépassés», annonce Mustapha Bakkoury, président de Masen (Morrocan Agency for Solar Energy).

C'était lors d'un point de presse organisé vendredi dernier à Casablanca. Pour rappel, l'objectif à terme est de faire monter les capacités du renouvelable dans le mix énergétique national à 52% à l'horizon 2030. A fin 2017, «nous étions autour de 34% de capacités installées», tient à préciser le pilote en chef de la Stratégie nationale des énergies renouvelables.

Pour l'heure, le bras armé de la politique des énergies renouvelables de l'Etat s'attelle à accélérer le déploiement  de la stratégie nationale des EnR. A cet effet, il active plusieurs leviers liés à la gouvernance et le pilotage de projets collossaux, les processus d'identification et de qualification des sites de manière à assurer un maillage territorial à l'échelle nationale, la veille permanente sur la technologie et le marché mondial des EnR, les cahiers des charges et les spécifications techniques pour capter les meilleurs développeurs, l'optimisation des mécanismes et montages financiers, la convergence avec les différents acteurs institutionnels, les synergies techniques, le développement d'un écosystème, de filières, stimuler la compétitivité, le transfert de technologie ou encore la valeur ajoutée et l'intégration locale... L'enjeu également est d'améliorer la lisibilité et la visibilité des projets tant à l'échelle nationale qu'internationale.

L'un des objectifs majeurs de Masen est non seulement de monter rapidement en capacités, honorer les engagements et respecter les délais des différentes centrales, mais également de s'ouvrir à de nouveaux métiers et secteurs. Le challenge du bras armé des EnR est de multiplier les opportunités en se greffant à la mobilité/transport, tourisme, agriculture/pompage solaire, industrie, déchets/biomasse, systèmes d'éclairage public...

Huit ans après sa création, Masen a atteint sa vitesse de croisière. Le management entame l’année 2018 avec sérénité. Alors que les grands chantiers développés par la superstructure sont à un stade avancé, de nouveaux projets arrivent. La nouveauté phare porte sur le lancement de Noor PV II.

Il s'agit d’un programme ambitieux qui permettra d’injecter une capacité additionnelle de 800 MW. Il englobera l’extension des centrales solaires de Laâyoune et Boujdour. S’y ajoutent 4 nouveaux sites en cours d’identification. «Nous essayons de développer un site par région pour créer une dynamique économique locale et optimiser l’efficacité du réseau électrique», insiste Mustapha Bakkoury.

Dans le pipe également, le lancement en 2018 de la centrale Noor Tafilalet qui développe une capacité de 120 MW. Dans le cadre de la mise en œuvre de la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables, Masen envisage d’identifier des sites et de les proposer aux investisseurs.

L’éolien n’est pas en reste. «200 MW de capacité additionnelle d’origine éolienne est prévue en 2018», fait valoir le PDG de la super-agence. De nouveaux projets arrivent, notamment ceux de Midelt et Taza.

En 2019, Masen lancera le projet éolien de Boujdour. L’agence redéploiera également le site de Koudia Al Baida qui est déjà amorti. Il s’agit d’un projet de repowering qui donnera une nouvelle vie à cette plateforme. Masen reprendra ainsi tous les projets éoliens en développement ou en phase de planification de l’ONEE.

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Concernant le montage financier des nouveaux projets, le management de Masen n’exclut pas le recours à des emprunts obligataires ainsi que d’autres mécanismes de marchés, notamment les fameux «green bonds».   En plus des futurs projets, le management de Masen a également donné l’état d’avancement des centrales solaires.

Noor II sera mise en service fin mars avec une mise en exploitation fin avril, avec un stockage de 7 à 8 heures. Le prix du kWh est fixé à 1,35 DH, soit une baisse de 15% par rapport au tarif appliqué par Noor I (1,60 DH). La fameuse tour Noor III sera opérationnelle en automne prochain avec un prix équivalent à 1,42 DH/kWh d’électricité produite.

«Cette centrale permettra une meilleure performance et une qualité de stockage supérieure à Noor I, soit 7 à 8 heures», tient à préciser Bakkoury. La centrale photovoltaïque Noor IV, quant à elle, sera livrée en juin prochain avec un prix estimé à 0,44 DH/kWh produit.
 «Actuellement la dynamique enclenchée est assez claire. Notre objectif est de faire du secteur un vecteur d’intégration régionale et continentale. D’ailleurs, l’expertise marocaine est sollicitée par plusieurs pays», fait valoir  Mustapha Bakkoury.

Pour pouvoir exporter l’énergie propre vers l’Europe,  le Maroc est actuellement en discussions avancées avec l’UE pour la réalisation d’une feuille de route sur l’échange durable d’électricité. Après la réunion de Rabat, un autre round est prévu aujourd'hui lundi à Lisbonne. Il réunira le Maroc avec tous les pays partenaires de ce projet, notamment la France, l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne, ainsi que des institutions, telles  la Banque mondiale, l’Union pour la Méditerranée et la Commission européenne.

Intégration locale

A l'instar de l'industrie automobile et aéronautique, l'écosystème Masen parie sur la montée en compétences d'activités et de filières de manière à pousser plus loin les limites de l'intégration locale. «Notre challenge est de faire en sorte que les acteurs basés au Maroc prennent part aux différents projets», assure Bakkoury. A défaut d'avoir des usines, les centrales électriques sont des ensembles liés avec un intégrateur qui fait appel à une série d'acteurs. Pour chaque projet, Masen organise des réunions entre l'intégrateur et les acteurs locaux. L'idée est d'éclater le projet de manière à faire de la pédagogie, donner de la visibilité et détecter les opportunités. «Pour Noor I, le taux d'intégration de 30% est aujourd'hui largement dépassé. Pour Noor II, le taux d'intégration escompté est de l'ordre de 35%. L'enjeu n'est pas de monter un projet mais de créer tout un écosystème autour», assure le patron de Masen.

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