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    Education: L’improvisation continue!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5113 Le 26/09/2017 | Partager
    Les enseignants ne savent pas comment utiliser les nouveaux manuels
    Le livre de français du CE5 changé sans que les écoles n’en soient averties!
    Celui de 3e année du collège annulé à la dernière minute
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    Sans guide de l’enseignant, ni formation, chaque enseignant tente d’utiliser à sa manière les nouveaux manuels de français (CP, 5e et 6e année du primaire et les 3 années du collège). Les profs contractuels, recrutés sans formation préalable, sont encore plus perdus (Ph. Jarfi)

    Oui, la majorité des écoles publiques ont bel et bien repeint leurs façades et acheté de nouvelles tables. Même si une grande partie ne disposait pas du budget nécessaire pour y procéder, elles se sont débrouillées pour que la directive du ministre Mohamed Hassad soit respectée. Certains directeurs ont même payé de leur poche pour que tout soit prêt.

    Depuis la rentrée, le ministre s’évertue à effectuer pratiquement chaque jour des visites de terrain pour s’en assurer. De leur côté, les inspecteurs pédagogiques et directeurs centraux du ministère de l’Education nationale, munis de grilles d’observation et de suivi qu’ils doivent remplir, sont toujours en train de faire le tour des établissements, afin de vérifier si toutes les écoles se sont conformées aux instructions: peinture, inscriptions, démarrage des cours, évaluation du niveau des élèves durant les deux premières semaines… Que d’énergies déployées pour contrôler ces détails techniques… Pourquoi se donner tant de mal pour des choses, bien qu’utiles, ne relèvent pas de l’essentiel? Ces mesures plutôt esthétiques ne changent, hélas, rien à la dure réalité du terrain.

    Cette année par exemple, dans le cadre de la réforme, certains manuels de français et tous ceux d’éducation islamique ont été entièrement revus. Pour le français, les écoles s’attendaient à une révision des manuels de CP, CE6 et du collège. Mais surprise, celui du CE5 a également été revisité. «Personne ne nous a informés de ce changement. Pis encore, les profs n’ont reçu ni guide de l’enseignant, ni formation.

    Du coup, ils ne savent pas du tout comment procéder avec ce manuel, ils sont perdus. Même pour les autres contenus modifiés, ils n’ont pas bénéficié de formation», confie une directrice d’école primaire à Casablanca. «L’emploi du temps de ce livre, auquel 24 heures doivent être consacrées, non plus, n’a pas été élaboré», rajoute un deuxième directeur d’école à Casablanca.

    Les inspecteurs pédagogiques, occupés à faire le tour des établissements pour contrôler la logistique de la rentrée, n’ont pas eu le temps d’orienter les enseignants et de les préparer aux nouveaux contenus! Drôle de façon de préparer une réforme aussi importante…
    C’est toujours la même rengaine. Des stratégies et projets lancés en grande pompe qui finissent tous par échouer, faute de gestion prévisionnelle et de préparation. Que ce soit pour l’apprentissage du français ou l’éducation islamique, aucune formation préalable des enseignants n’a été organisée.

    Par ailleurs, le manuel de français de la 3e année du collège, «L’heure du français», a été annulé à la dernière minute, en raison de «l’incapacité de la Librairie papeterie nationale à le préparer dans les délais». Le ministère a adressé une note à toutes les académies le 12 septembre dernier afin de les en informer. Et ce n’est pas tout, les nouveaux livres n’ont commencé à être mis sur le marché que bien après la rentrée scolaire. Selon l’Association marocaine des libraires, la semaine dernière, 98% étaient enfin disponibles. Et trois semaines après la rentrée, les élèves commencent à peine à les acheter.  

    La limitation du nombre d’élèves à 30 au CP et à 40 pour les autres niveaux primaires, décrétée par Hassad, est pour sa part difficile à respecter. «Les inscriptions ne sont toujours pas terminées. Nous sommes obligés d’en refuser afin de nous en tenir à l’effectif précisé par le ministère, surtout pour le CP. Les parents n’acceptent pas notre refus. Nous ne savons plus comment les gérer. Certains nous adressent les pires insultes», confie la directrice. «Les décideurs du ministère ignorent tout de ce qui se passe sur le terrain, et des difficultés dans lesquelles ils nous mettent», fustige le directeur d’école.

    C’est le même scénario qui se répète à l’infini. L’Education nationale continue de décréter des mesures sans en préparer la mise en œuvre. Dans ces conditions, l’école reste irréformable.

    De la pure esthétique

    Repeindre les murs des écoles c’est bien joli. Cela dit, il ne s’agit nullement d’une réhabilitation. Les établissements non raccordés à l’eau potable, à l’électricité, ou au réseau d’assainissement, avec des sanitaires délabrés, sont toujours nombreuses, y compris dans les grandes villes. Par ailleurs, durant les vacances scolaires, les établissements situés en milieu rural et périurbain se retrouvent sans surveillance. Ils sont ainsi vandalisés ou squattés par des vagabonds. «A la rentrée des vacances d’été, nous trouvons souvent des catastrophes! Nos efforts sont toujours réduits à néant», livre le directeur d’une école périurbaine dans le Nord. «Nous avons besoin de sécuriser les lieux, à l’instar des écoles situées dans les villes», poursuit-il.

     

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