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    Economie

    Enseignants, déclic décisif pour la réforme

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5109 Le 19/09/2017 | Partager
    Là où tout commence
    Un programme de formation continue démarre cette année
    Hassad relativise les chiffres de l’absentéisme

    «La réforme de l’éducation nationale est possible. Il faut simplifier le problème qui peut sembler difficile». Dans ce chantier titanesque, Mohamed Hassad s’est montré pragmatique lors d’une conférence de presse donnée 11 jours après la rentrée scolaire. C’est dire l’intérêt qu’il accorde à l’opinion publique et aux parents d’élèves. Qu’importe, le ministre a remis sur la table les efforts menés pour améliorer les conditions de travail pour les enseignants et pour les élèves.

    Le nombre de tables, de chaises,… (cf. leconomiste du 7 septembre). Un effort sera fait sur le plan pédagogique. «Même les plus mauvais bénéficieront de formations pour améliorer leurs méthodes d’enseignement», a-t-il dit, avant d’ajouter que sur tous ces registres, le Maroc est capable de relever les défis de la réforme de l’éducation nationale. Selon lui, si ses prédécesseurs n’étaient pas arrivés à réaliser la refonte du système éducatif, c’est que leurs stratégies s’étaient arrêtées au portail de l’école. Mohamed Hassad semble vouloir franchir ce seuil en inversant l’équation et replacer l’école au cœur des priorités. «Il faut stopper l’autoflagellation et revigorer les esprits».

    Pour cela, il use d’une formule pour montrer sa volonté d’aller jusqu’au bout: «Si l’enseignement public est à terre comme le répète constamment l’opinion publique, il est possible de le redresser pour le remettre sur pied», souligne le ministre de l’Education nationale. «Le principal défi que doit relever le ministre porte sur la qualité de l’enseignement, un travail de 3 à 4 ans», indique-t-il.

    Par ailleurs, le contrôle sera renforcé. Ainsi, en dehors de l’inspection pédagogique, deux inspecteurs seront affectés à 10 établissements. Dans cette même lancée, le ministre a cherché à tordre le cou à certains préjugés comme celui de l’absence des professeurs. Pour les défendre, il n’y a pas mieux que les statistiques soient tenues et rendues publiques, via le système Massar.

    «Il est essentiel de maîtriser cet aspect pour que les données soient claires pour tout le monde. Car, contrairement à ce qui est avancé ici et là, 70 à 75% des enseignants n’ont pas enregistré une seule journée de maladie», martèle Mohamed Hassad. Dans cette étape de réhabilitation de l’école publique, il table visiblement sur les professeurs. «La réforme profonde est entre les mains des enseignants. C’est leur travail avec les élèves qui sera décisif», note-t-il, avant d’ajouter que le ministère apportera son appui total. Il se fera via la formation continue qui sera lancée cette année.

    Cet intérêt pour le corps enseignant s’illustre également dans le traitement des demandes de mutations. Cette année, le ministère a validé 32.000 sur 50.000 demandes de mobilités géographiques. Par le passé, à peine 7.000 demandes étaient acceptées, provoquant ainsi 43.000 mécontents. Cette fois-ci, le ministre a donné la priorité aux demandes pour rapprochement du conjoint ou celles des enseignants qui habitent très loin du lieu de travail. Pour les demandes de mutations à l’intérieur des provinces, la question est réglée au sein des académies régionales. Cette année, 8.000 demandes ont reçu un avis positif. 

    Sur la mixité à l’école, Mohamed Hassad est catégorique: «Ce débat a été tranché. Il faut arrêter de le sortir». Il profite de l’occasion pour donner son avis personnel sous forme d’interrogation: «Où se créent les plus grandes frustrations et violences, quand les filles et les garçons sont ensemble ou bien quand ils sont séparés? La réponse est évidente».

    Le ministre a été également interrogé sur les 500 mesures prises par son prédécesseur. Mohamed Hassad s’est contenté d’affirmer une autre démarche. «Il ne faut pas se disperser. Je suis contre les concepts comme pilote, expérimentation,…», souligne-t-il. Pour lui,  la prochaine rentrée scolaire sera marquée par le changement des manuels scolaires. Alors, si tous les enseignants sont d’accord pour le faire, pourquoi recourir à l’expérimentation.

    L’appui social a été abordé. L’opération de 1 million de cartables a en fait touché 4,262 millions d’élèves dont 46% sont des filles. Les bénéficiaires sont à hauteur de 64% dans le milieu rural et 36% dans les villes. Cette opération a coûté 426 millions de DH. Idem pour le programme Tayssir, où il s’agit d’accorder des bourses aux familles ayant des enfants scolarisés. Son coût cette année s’élève à 622 millions de DH pour un total de 474.830 familles.

    Le supérieur suivra

    Même si Mohamed Hassad s’est concentré cette fois-ci sur le primaire et le secondaire, l’enseignement supérieur, dont il a également la charge, ne sera pas délaissé. «Nous ne pouvons faire l’impasse sur l’enseignement supérieur qui est l’aboutissement de tout l’itinéraire scolaire», rappelle-t-il. Selon lui, pour la première fois, la date de la rentrée universitaire, fixée au 11 septembre, a été respectée à l’exception de quelques facultés qui organisaient les concours pour l’entrée du master.
    Attention, le ministre anticipe sur «les polémiques à venir autour de l’indépendance de l’université qui ne signifie pas anarchie. Le gouvernement a une responsabilité politique. S’il y a une indépendance pédagogique, il en va autrement pour l’organisation et la diversification des filières. Là aussi, le ministère a un rôle qu’il ne s’agit pas d’effacer».

    Renforcer l’amazigh

    Mohamed Hassad compte renforcer l’enseignement de la deuxième langue officielle du Maroc. Ainsi, la prochaine année scolaire, le ministère procèdera au recrutement de 500 enseignants spécialisés dans la langue amazighe, via les Académies régionales d’éducation et de formation.

     

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