Entreprises

Achats en ligne: «Nous demanderons une exonération de la TVA»

Par Nadia DREF | Edition N°:5076 Le 31/07/2017 | Partager
L’Agence du développement numérique et la cellule d’animation pour l’offshoring… les priorités
Soutien aux PME et TPE pour leur permettre d’atteindre 20% de connectivité
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Salwa Karkri Belkziz, présidente de la Fédération des Technologies de l’Information, des Télécommunications et de l’Offshoring (Ph. Jarfi)

- L’Economiste: Quelles sont les propositions de l’Apebi pour la loi de finances 2018?

- Salwa Karkri Belkziz: La réforme pensée par l’Apebi et le Maroc Digital, de concert avec le ministère de tutelle, permettra d’activer des leviers efficaces pour contribuer à la dynamisation de l’économie. Sommairement, nous demanderons une exonération de la TVA sur les achats de biens en ligne tout en sécurisant ce canal de paiement et en l’améliorant. Des révisions de la loi sur les données personnelles ainsi que d’autres mesures relatives aux infrastructures et à la confiance numérique, seront également nécessaires pour doter ce secteur d’un cadre législatif incitatif.  

- A quel stade se situe le projet de loi relatif à la stratégie Maroc Digital 2020? Avez-vous une visibilité?
- Nous avons travaillé d’arrache-pied pour aider à sa concrétisation. L’Apebi a très favorablement salué cette nouvelle stratégie qui vise notamment à ancrer le pays dans l’économie digitale et participera activement à la réduction de la fracture numérique grâce notamment à la réalisation de 50% des démarches administratives par Internet et connecter 20% des PME marocaines.
Cependant, nous avons estimé que les choses n’avançaient pas assez vite. Certes, le retard sur la formation du nouveau gouvernement n’aidant pas, la mise en place de nouvelles structures chargées de l’application et du suivi de ces stratégies tardait à voir le jour. Le chantier primordial pour nous est l’activation de l’Agence pour le développement de l’économie numérique ainsi que la cellule d’animation pour le secteur offshoring.  Aujourd’hui, je peux vous dire que les choses avancent bien.

- Quels sont les axes prioritaires de la stratégie? Comment éviter de tomber dans les failles du Maroc Numeric 2013?
- Maroc Numeric 2013 a eu le mérite d’exister et de poser les bases de la stratégie marocaine en matière de nouvelles technologies. La gouvernance a fait défaut à la première mouture du plan et les professionnels ainsi que le partenaire public ont tiré les leçons de cette expérience. C’est ainsi que Maroc Digital 2020 permettra de faire entrer le Maroc dans le monde du digital, et ce à travers plusieurs piliers. Il s’agit de la dématérialisation, la transparence de l’information, la recherche et la transformation numérique de la PME-PMI qui au lieu d’investir dans le matériel informatique optera, éventuellement, pour des solutions cloud beaucoup plus viables. Ainsi, l’Agence du développement numérique aura une légitimité et un périmètre d’action étendus et constituera une instance de médiation.
La stratégie vise, notamment, à positionner le Maroc comme hub technologique régional, de par sa position géostratégique privilégiée et à ériger les TIC comme piliers du développement humain. Mais surtout à réussir le projet de l’e-Gov, qui est un des facteurs essentiels de succès sur lesquels mise la Stratégie numérique 2020.

- Qu’apportera cette stratégie au secteur privé?
- Les intérêts de tous les professionnels ont été pris en compte dans le cadre d’un think-tank que j’ai moi-même présidé pour travailler à plusieurs reprises sur les amendements à proposer. Arrivés en si bon chemin, nous maintiendrons notre vigilance pour accompagner la mise en place de cet organe stratégique (ndlr l’ADN) qui devra assurer rapidement le suivi et la pérennité des projets lancés. Les professionnels auront un interlocuteur indépendant et neutre chargé de recevoir leurs doléances et leurs attentes avec les preneurs de décisions publics.
- Dans ce package, quelle est la place accordée à l’accompagnement des PME et des TPE?
- Les PME et TPE sont aussi concernées par la stratégie. Cette catégorie d’entreprises constitue environ 90% du tissu économique au Maroc. Il est donc légitime de les accompagner davantage. Ainsi les PME bénéficieront d’un  soutien renforcé pour atteindre un taux de connectivité à 20%. Dans ce cadre, Maroc PME apportera son soutien financier aux PME et TPE, à travers ses programmes de modernisation compétitive en IT.

- Quelle est la position de l’Apebi suite à l’imposition des supports électroniques? Quel est l’impact sur le business?  
- Voilà une mesure qui démontre que le manque de concertation, avec les représentants des secteurs concernés et de leur ministère de tutelle, et d’implication dans la réflexion en amont, a provoqué une situation critique. Après plusieurs rounds de négociations musclés nous avons réussi à obtenir une réduction significative de l’impact financier des redevances imposées aux importateurs. Nous avons évité le pire, car les simulations que nous avions réalisées auraient pu sonner le glas d’un secteur qui souffre depuis un bon moment d’une stagnation voire d’un repli des investissements consentis par les donneurs d’ordre nationaux et internationaux. Avec l’appui des autorités nous avons œuvré pour produire un barème qui protège la copie privée à travers des redevances conséquentes globalement mais moins lourdes à supporter dans le prix de revient à l’unité. L’Apebi sera officiellement membre de la commission de révision de la tarification qui se réunira trimestriellement, et ce afin de veiller à éviter de nouvelles hausses injustifiées et garantir la protection aussi bien de ses membres que du consommateur final.
Propos recueillis par Nadia DREF

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