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    International

    Golfe: La région au bord de l’embrasement

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5039 Le 06/06/2017 | Partager
    L’Arabie saoudite et quatre puissances régionales rompent leurs relations avec le Qatar
    Cet émirat est accusé de «soutien au terrorisme»
    Risques sur l’unité du Conseil de coopération du Golfe
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    La rupture des relations avec le Qatar intervient quelques jours seulement après la visite officielle du président américain Donald Trump, ici en compagnie du roi Salmane et du président égyptien Abdelfattah Al Sissi, dont l’une des principales résolutions était la relance de l’alliance pour la lutte contre le terrorisme (Ph. AFP)

    Ça chauffe entre les pays du Golfe. La semaine démarre avec un véritable séisme diplomatique dans cette région du monde arabe. L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn, le Yémen et l’Egypte ont annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Une décision qui se traduira par des bouleversements géopolitiques importants et des impacts économiques désastreux.

    Le Qatar en est conscient. Cet émirat a répondu en assurant qu’il «entreprendra les mesures nécessaires pour mettre en échec les tentatives d’affecter sa population et son économie». Face aux mesures prises par les 5 puissances du Moyen-Orient, le Qatar a dénoncé la «volonté de placer l’Etat sous tutelle».

    Depuis quelques semaines, la tension couve dans cette région (voir frise). Aujourd’hui, Doha est accusé de «soutien au terrorisme». Une accusation grave, dans un contexte régional marqué par la relance de l’alliance avec les Etats-Unis en matière de la lutte anti-terroriste. L’une des principales conséquences de cette crise serait certainement l’isolement du Qatar.

    Dans cette nouvelle configuration, ce pays semble plus proche de l’Iran. D’ailleurs, contrairement aux autres Etats du Golfe, le Qatar menait des relations plutôt apaisées avec cette puissance chiite. D’autant que Riyad accuse aussi Doha de soutenir «les groupes terroristes dans la province de Qatif».

    Il s’agit d’une zone à l’est de l’Arabie saoudite marquée par la présence d’une minorité chiite. Aujourd’hui, face aux accusations de soutien au terrorisme, Doha a dénoncé «une campagne hostile, fondée sur des mensonges, témoignant d’une préméditation à nuire à l’Etat». Des attaques qui font écho à la fuite de mails sur les activités de lobbying de diplomates des pays du Golfe aux Etats-Unis.

    Du côté de l’Arabie saoudite et de ses alliés, l’implication du Qatar dans le soutien des activités terroristes est «avérée». Parmi les organisations qui bénéficieraient de l’appui de ce riche émirat pétrolier, les responsables saoudiens pointent les «Frères musulmans, Al Qaïda et l’Etat islamique».

    Face à l’emballement de la situation, plusieurs observateurs commencent à craindre le pire. Dans un espace géopolitique embrasé, notamment en Syrie et en Irak, les risques sont importants sur l’unité du Conseil de coopération du Golfe. D’où les appels d’apaisement en provenance des différentes capitales.

    Les Etats-Unis, l’un des principaux alliés des pays du Golfe en matière de lutte contre le terrorisme ont opté pour la pondération. Washington n’a pas pris position, appelant seulement «les pays du Golfe à rester unis». L’Iran s’est aussi greffé à cette crise diplomatique, en plaidant pour «un dialogue franc». De son côté, la Turquie s’est engagée à «fournir tout type de soutien pour que la situation revienne à la normale».

    Au Maroc, l’un des principaux partenaires des pays du Golfe, un communiqué du ministère des Affaires étrangères était attendu dans la journée. Le partenariat stratégique entre Rabat et les membres du Conseil de la coopération du Golfe s’est renforcé ces dernières années. Le Maroc est aussi membre de la coalition conduite par l’Arabie saoudite contre les houthistes au Yémen.

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    Les mesures prises par l’Arabie saoudite et ses alliés contre le Qatar

    Rupture immédiate des relations diplomatiques.
    Les diplomates de ces pays appelés à quitter Doha dans les 48 heures.
    Fermeture des espaces aériens de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Bahreïn aux vols de la compagnie aérienne du Qatar et suspension des liaisons aériennes et maritimes avec ce pays à partir de ce mardi.
    L’Egypte a annoncé la fermeture de ses frontières aériennes et maritimes avec le Qatar pour protester contre des «comportements hostiles».
    Les compagnies aériennes Saudia, Etihad, Emirates et flyDubai ont suspendu les vols vers Doha à partir d’aujourd’hui. Qatar Airways a aussi annoncé des mesures similaires.
    Fermeture de la frontière terrestre entre l’Arabie saoudite et le Qatar, qui devra se traduire par une suspension des échanges commerciaux par voie terrestre entre les deux pays.
    Les ressortissants du Qatar, visiteurs ou résidents permanents en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et au Bahreïn, sont priés de quitter ces pays dans un délai de 14 jours. Seuls les pèlerins seront autorisés à se rendre aux Lieux saints en Arabie saoudite.

    Essoufflement du «soft-power» du Qatar?

    En très peu de temps, le Qatar avait réussi à se positionner sur l’échiquier géopolitique mondial en tant que véritable puissance régionale. Ce positionnement s’est appuyé sur la force de frappe de la chaîne Al Jazeera, principal instrument du «soft-power» du pays. Un atout que ce pays a consolidé en misant sur d’autres créneaux favorisant le renforcement de son capital-image à l’international. Parmi les leviers activés: l’accueil d’événements sportifs de grande envergure. La consécration devrait être l’organisation de la Coupe du monde du football en 2022. Or, vu la vitesse à laquelle évoluent les choses durant les dernières heures, «la puissance douce» du Qatar risque de s’essouffler. Surtout face à l’isolement du pays suite à la décision de rompre les liaisons terrestres, aériennes et maritimes des 5 pays du Glofe avec Doha. L’impact négatif sur l’économie du pays se fera également sentir de plein fouet. Lundi matin, au début de la crise, la Bourse de Doha a chuté de 8 points à l’ouverture des transactions. Les répercussions seront plus sérieuses à cause des entraves à la circulation des marchandises et des personnes qu’implique la décision de rupture des relations diplomatiques.

     

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