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Economie

Finance participative : Les chantiers avancent en ordre dispersé

Par Franck FAGNON | Edition N°:5030 Le 24/05/2017 | Partager
Le Takaful et le marché des capitaux loin d’être opérationnels
Cela pourrait retarder la distribution des crédits
Les banques reçoivent les premiers clients en agence
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Les assureurs et l’autorité de tutelle vont entamer des discussions sur le cadre réglementaire d’exercice des sociétés Takaful. Le périmètre d’intervention et le modèle de gestion susciteront des débats tendus, anticipent les opérateurs

L’octroi des agréments de banque et des fenêtres participatives en janvier a renforcé l’attente autour des produits financiers islamiques. Les autorisations pour Bank Assafa (Attijariwafa bank), Umnia Bank (CIH Bank et QIIB), Najmah (BMCI), Dar Al-Amane (Société Générale Maroc) viennent d’être publiées au Bulletin officiel. Malgré les ouvertures des premières agences -Umnia bank a simultanément ouvert 3 points de vente- les futurs clients ou autres curieux n’auront pas dans l’immédiat la panoplie des services bancaires. 
Le Conseil supérieur des oulémas (CSO) a déjà donné un avis conforme pour plusieurs produits. La profession est en train de finaliser les conventions d’ouverture de compte entre autres. Mais, plusieurs interrogations persistent sur le refinancement des banques participatives. Par ailleurs, l’assurance et le marché des capitaux qui sont des puzzles importants dans l’échiquier de la finance participative sont encore loin d’être opérationnels. 
Sur l’assurance islamique (Takaful), «nous aurons une meilleure visibilité vers la fin de l’année», confie un assureur. Le Takaful est essentiel pour l’octroi de crédit, en particulier les prêts immobiliers auxquels sont systématiquement adossées les couvertures d’assurance. L’idée de recourir dans un premier temps à l’assurance conventionnelle en attendant que le dispositif conforme à la Charia ne se mette en place ne fait pas l’unanimité sur le marché. 
L’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (Acaps) va entamer prochainement des discussions avec la profession sur les textes d’application avant de les soumettre pour avis de conformité au Conseil supérieur des oulémas. Plusieurs zones d’ombre dont le périmètre d’intervention des compagnies Takaful devront être clarifiées. Les activités vie et non-vie doivent être scindées dans deux entités distinctes. 

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Les entreprises qui ont manifesté un intérêt pour le Takaful devraient s’orienter vers l’activité vie

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Sur le marché conventionnel des assurances, les deux segments peuvent coexister au sein de la même entreprise. «Créer deux entités séparées serait lourd pour l’actionnaire, surtout sur un marché dont on ne connaît pas encore la profondeur», relève un professionnel. Le capital de départ pour une compagnie Takaful est fixé à 50 millions de DH. Pour un opérateur qui décide de se lancer dans les deux segments, cela supposera en plus de dupliquer les mêmes investissements: système d’information, réseau de distribution, etc. Tout porte à croire donc que les entreprises qui ont manifesté un intérêt pour le Takaful devraient s’orienter vers l’activité vie. «D’abord ce sont des opérateurs qui sont adossés à des banques, ce qui solutionne en partie la question de la distribution. Ensuite, c’est un mouvement naturel pour accompagner les banques dans la mobilisation de l’épargne», analyse un opérateur du marché. Néanmoins, cela limite l’offre puisque les assurances santé, multirisque habitat ou vol et perte ne seront pas couvertes. Or, le besoin devrait se manifester pour ces produits aussi dès le départ. Certains observateurs suggèrent des dérogations pour la commercialisation de ces solutions assurantielles pour les compagnies qui auront choisi d’investir dans la branche vie. Mais, ils se montrent réticents sur l’assurance auto. Cette branche concentre le tiers des primes émises par le secteur par an. Par ailleurs, elle bénéficie de l’absence de concurrence sur la responsabilité civile qui représente 24% du chiffre d’affaires des assureurs. La commercialisation de ce produit par les sociétés Takaful pourrait stimuler la compétition sur ce marché. Au-delà du périmètre d’intervention, «les discussions s’annoncent houleuses sur le modèle de gestion», anticipe un opérateur.
En dehors de l’activité assurantielle, les compagnies ont besoin d’un marché des capitaux «Charia compatible» pour investir les fonds qu’elles collectent. Ce chantier suscite le plus d’inquiétude parce qu’il n’avance pas au rythme souhaité. «Il faut être vraiment vigilant parce que l’on a pris beaucoup de retard», observe une source. «Nous avons le sentiment qu’il n’y a pas de coordination entre les différentes composantes de l’écosystème», ajoute-t-elle. 

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La migration des anciens produits se fera sans heurts  

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Youssef Baghdadi, président du directoire de Bank Assafa

- L’Economiste: A quand la commercialisation des premiers produits participatifs?
- Youssef Baghdadi:
Le travail réglementaire se poursuit. Nous sommes en train de finaliser les contrats types pour l’ouverture de compte et les produits de financement. Tout cela sera achevé dans les prochaines semaines. Maintenant, le Takaful est l’un des maillons essentiels, qui n’est pas encore prêt. Sans l’assurance, il sera difficile d’accorder des crédits immobiliers en particulier. Il y a un risque très important. Nous pourrions peut-être démarrer certaines activités. Mais, pour les produits de financement, il faudra attendre que le dispositif d’assurance soit opérationnel et compléter l’écosystème avec les sukuks. 

- Les banques financeront leur activité surtout par les dépôts de la clientèle. Comment s’assurer que ces fonds sont éthiques?
- Nous n’allons pas à chaque fois chercher l’origine de l’argent. Si nous connaissons sa provenance, nous allons le refuser si nécessaire. La Banque centrale est extrêmement vigilante à ce sujet. Il y a des moyens de lutte contre le blanchiment d’argent. Nous avons l’obligation de respecter toutes les procédures établies par Bank Al-Maghrib pour ne pas avoir des fonds à l’origine douteuse. 

- Qu’adviendra-t-il des crédits que vous avez déjà en portefeuille? 
- Il y a des ajustements de conformité que nous avons déjà effectués. Nous allons ensemble avec la Banque centrale et le Conseil supérieur des oulémas trouver le moyen pour mener en toute transparence pour le client la migration vers les nouvelles exigences. 

Propos recueillis par Franck FAGNON

(Interview réalisée en marge de l’IFN Forum Morocco 2017 organisé le 9 mai par RedMoney en partenariat avec Umnia Bank)

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