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Culture

Farid Belkahia: Un écologiste avant l’heure

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5025 Le 17/05/2017 | Partager
Une exposition dédiée à la symbolique de l’arbre dans l’œuvre de Belkahia
Des chercheurs et des poètes se penchent sur ce rapport
Une dimension symbolique et spirituelle
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«La Rectitude l’Etre», 1989 teinture sur peau 360 cm. La figure de l’arbre chez Belkahia va évoluer d’une manière manifeste vers une dimension symbolique et spirituelle (Ph. ABo)

Le Musée Mathaf Farid Belkahia (1934–2014), accueille du 13 mai au 13 novembre 2017 l’exposition «L’Entre-monde ou la symbolique de l’arbre chez Farid Belkahia». Quelques-unes de ses œuvres inédites, toutes consacrées à l’arbre comme symbole de la nature et de l’humanité sont exposées  dans le musée, créé et inauguré il y a moins d’un an par son épouse Rajae Benchemsi, également présidente de la fondation éponyme. 

Écologiste avant l’heure, Belkahia avait abandonné, dès le début des années soixante-dix, la peinture à l’huile, qu’il écarte, acte manifeste, au profit de pigments, de minerais et de matériaux naturels fortement utilisés dans les arts traditionnels, dont le cuivre et la peau, qu’il traitera, de manière exclusive. Fasciné par la nature, ce pionnier de l’art contemporain et moderne marocain ne pouvait faire l’économie d’une thématique aussi fondamentale que celle de l’arbre.

Dès sa période expressionniste, à Prague (Tchécoslovaquie) dans les années 60, Belkahia s’intéressait aux forêts. «C’est en se perdant dans une forêt des Carpates, dans les montagnes du Tatras, que Farid Belkahia a été marqué par les arbres. Il avait réussi à trouver son chemin dans l’obscurité grâce à un œil de lumière entre les cimes» raconte Benchemsi.

L’expérience sera relatée, en 1963, dans la première toile, actuellement au Musée arabe d’art moderne de Doha, traitant de l’arbre, qui deviendra un des thèmes de prédilection constant dans son œuvre. L’arbre, disait-il, «c’est comme l’homme», rappelant que dans toutes les traditions l’arbre est le symbole de l’homme.

D’ailleurs, c’est sur un coup de cœur pour un pistachier géant, que Farid Belkahia va acquérir sa propriété, dans la palmeraie de Marrakech –un terrain qui sera reboisé en 25 ans de vie d’un millier d’arbres. Sa relation avec l’arbre l’entraînera par la suite dans une dynamique d’exploration où, d’étape en étape, il interrogera l’arbre dans toutes ses dimensions, réelles, mais essentiellement symboliques.

«Farid Belkahia va passer d’une période expressionniste avant d’opérer une sorte d’élagage de ses arbres qui, petit à petit, abandonnent leur aspect feuillu pour arriver à un arbre caduque à l’image d’un Mondrian ou d’un Klee et au fur et à mesure, cet arbre va évoluer d’une manière manifeste vers une dimension symbolique et spirituelle» précise la présidente de la fondation.

L’arbre qui fera l’objet d’une multitude d’études tant poétiques que philosophiques et spirituelles, sera dans l’œuvre du défunt, toujours stylisé, et épousera  souvent la forme d’un carré, d’un triangle, d’une croix ou plus fréquemment d’un cercle. La dimension spirituelle, ainsi que la symbolique de l’arbre dans son rapport avec l’homme et aux signes universels qu’on retrouve dans l’œuvre de Belkahia a interpelé plusieurs chercheurs.

Certains se sont prêtés à un exercice d’analyse de ce rapport, lors de la table ronde organisée par la fondation lors de l’inauguration de l’exposition. Le poète et compagnon de route de Farid Belkahia, Mustapha Nissaboury, le chercheur  et directeur de l’Institut universitaire de la recherche, Farid Zahi ou encore Muhammed Valsan directeur de la revue Science sacrée, ont en effet discuté de thèmes tels que «l’animalité de l’arbre chez Farid Belkahia» ou encore  «L’arbre imaginal, propos sur Farid Belkahia».

Feu Farid Belkahia avait commencé à exposer à l’âge de 15 ans. En 1959, il se rend à Paris où il poursuit ses études à l’École des beaux-arts puis à Prague où il étudie la scénographie à l’Académie de théâtre.

De retour au Maroc, il était nommé directeur de l’École des beaux-arts de Casablanca où il avait réussi à rénover le concept de l’art et de son enseignement en s’entourant, de 1962 à 1974, d’une équipe de pionniers, dont les peintres Melehi, Chebaâ, Azema, Hamidi et des historiens de l’art comme Toni Maraini et Bert Flint.

C’est à cette époque qu’il s’attaque au travail du cuivre, puis des peaux, du bois découpé et des colorants naturels, recréant des symboles graphiques universels à partir de signes berbères. Un parti pris  qui le poussera à imposer l’idée d’une peinture indépendante de l’héritage colonial en instaurant des valeurs contemporaines. L’exposition organisée à Jamaâ El Fna avec Mohamed Hamidi, Mohamed Ataallah, Mohamed Chebaa, et Mohamed Melihi en 1969 est restée dans les annales de l’histoire de l’art!

 

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