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    L’industrie du médicament veut combler son retard

    Par El Hadji Mamadou GUEYE | Edition N°:5003 Le 14/04/2017 | Partager
    L’Amip décline sa nouvelle feuille de route
    L’export et la R&D toujours à la traîne

    Un an après sa prise de fonction, la nouvelle équipe de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP) a tenu, jeudi 13 avril à Casablanca, la 2e édition des «Pharma Days». Placé sous le thème: «Industrie pharmaceutique: Modèle 2.0», ce rendez-vous a réuni plusieurs experts nationaux et internationaux.

    Si le thème s’inscrit dans l’actualité, il n’a toutefois pas été au cœur des débats. Les intervenants ont certes évoqué l’éthique dans la pratique médicale face à l’évolution des technologies, mais ils se sont surtout arrêtés sur le secteur du médicament au Maroc. Le constat est là: ce secteur reste encore loin des performances qui sont annoncées pour l’Afrique du Nord et le continent. En effet, l’industrie pharmaceutique marocaine devrait croître de 2,2% sur la période 2016-2020. Un petit bond comparé aux projections annoncées pour l’Algérie (+7,2%), l’Égypte (+10%) ou les Émirats arabes unis (+12,7%).

    «On a commencé à avoir un rythme de croissance modéré depuis la crise de 2008», constatent les industriels. Au Maroc, la consommation de médicaments per capita est faible (400 DH/habitant), malgré la baisse des prix depuis 2012, tandis que les autres marchés sont dopés par le traitement des maladies chroniques.

    Globalement, le secteur génère un chiffre d’affaires de plus de 13 milliards de DH, dont 9 milliards pour le marché privé. Il emploie près de 40.000 personnes et compte 46 unités industrielles, 10.000 pharmacies et 61 grossistes répartiteurs. En outre, il représente 1,5% du PIB et 5,2% de l’industrie. Cela dit, les contraintes restent nombreuses. Le secteur exporte peu (1 milliard de DH) à cause notamment de la faiblesse de la production locale et de l’absence d’un vrai écosystème de R&D.

    L’objectif de l’Amip est de «renforcer la production locale pour que le Maroc devienne un important exportateur régional», souligne son président, Ayman Cheikh Lahlou. Pour ce faire, les industriels réclament de «meilleures incitations financières et réglementaires pour stimuler les producteurs locaux» ainsi qu’une baisse des taxes et une facilitation de l’acquisition du foncier. Les modèles jordanien et indien sont cités en exemple.
    Le premier écoule 80% de sa production dans 60 pays, dont 90% dans les pays arabes. L’Inde est de son côté parvenue à renforcer la propriété industrielle et protéger ses laboratoires face aux majors mondiaux.

    Actuellement, près du tiers des médicaments consommés sont importés. Cela représente près de 5,8 milliards de DH de déficit dans la balance des paiements. «Il y a 7 ou 8 ans, le Maroc était pourtant à 2 milliards de déficit», regrette Ayman Cheikh Lahlou. «À long terme, on ne pourra pas se contenter de n’exporter que des génériques, des comprimés et des sirops». C’est là où la R&D doit être mise au premier plan. Dans les pays industrialisés, les laboratoires consacrent 14% de leur chiffre d’affaires à la R&D.

    Au Maroc, quelques initiatives sont déjà lancées avec l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguérir. Pour le professeur Gabriel Malka, directeur de l’Institut de formation et de recherche en biotechnologie et ingénierie biomédicale à ladite université, l’établissement dispose de tous les atouts pour devenir l’un des lieux sûrs de la R&D. Plusieurs Marocains qui ont exercé à l’étranger y travaillent. Prochainement, les équipes seront même renforcées par des Asiatiques.

     

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