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    La recette BMCE Bank en Afrique de l'Est

    Par Safall FALL | Edition N°:5003 Le 14/04/2017 | Partager
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    Pour M’Fadel El Halaissi, directeur général délégué en charge de la Banque de l’Entreprise – BMCE Bank of Africa, «l’Afrique est un réservoir de croissance exceptionnel pour l’économie mondiale pour les prochaines décennies» (Ph. L’Economiste)

    Acteur bancaire aux dimensions désormais panafricaines, BMCE Bank of Africa est dans la short-list des institutions financières privées les plus présentes dans le continent. Le groupe opère dans une vingtaine de marchés et couvre 4 des 5 principales zones économiques du continent. Parmi celles-ci figure l’Afrique de l’Est, la nouvelle frontière du business made in Morocco.  La banque nous livre sa recette

    - L’Economiste: Le groupe BMCE BoA vient de mener la 2e édition de «l’African business connect» dans 3 pays d’Afrique de l’Est (Rwanda, Tanzanie et Madagascar). Quel bilan faites-vous de cette opération?
    - M’Fadel El Halaissi:
    Les résultats sont au-delà de nos espérances. Je ne m’attendais pas à un tel succès, notamment auprès de nos partenaires dans ces pays. Je pensais que l’homme d’affaires marocain était dans une démarche de prospection. Mais non. Ils y étaient pour  explorer et concrétiser des opportunités concrètes. Et c’est une double réjouissance pour nous. Nous avons réussi, en tant qu’institution financière, à transmettre aux opérateurs économiques marocains l’intérêt de nouer des liens d’affaires avec leurs homologues de cette partie du continent, qu’ils méconnaissaient encore relativement. Notre rôle, en tant que groupe bancaire, est de relayer nos connaissances de ces marchés. Nous sommes la seule banque marocaine présente dans cette région de l’Afrique. Nous avons, par conséquent, un devoir de le faire, suivant la stratégie nationale de promotion des relations Sud-Sud, portée par les récentes et multiples visites du Roi Mohammed VI dans le continent. Il s’agit aussi de la poursuite des orientations stratégiques du groupe portées par le président Othman Benjelloun. L’ambition est de faire de la banque un acteur impliqué dans le co-développement et le co-investissement en Afrique.

    - Ces nouveaux horizons restent tout de même hors des zones de confort de l’offre marocaine…
    - Franchir des frontières naturelles ne fait pas peur à nos hommes d’affaires. Ce sont les risques de paiement qui pourraient dissuader l’expérience à l’international. C’est là où nous intervenons, justement, en apportant des solutions de couverture et de garanties de leurs opérations. Ces outils donnent plus de courage aux entreprises. Nous sommes convaincus que les relations économiques entre le Royaume et le reste du continent sont très faibles, et restent bien en deçà des aspirations de part et d’autre. Nous avons des décennies à rattraper et il faut aller vite. Nous avons beaucoup à gagner dans la promotion le «made in Africa», mais aussi à créer des liens économiques solides entre les diverses économies. Notre conviction est que l’Afrique est l’avenir du monde économique. C’est un réservoir de croissance exceptionnel pour l’économie mondiale pour les prochaines décennies.

    - Les secteurs bancaire et financier en Afrique de l’Est connaissent des acteurs et des influences traditionnelles diverses. Elles sont notamment sud-africaines, mauriciennes, chinoises ou indiennes… Quelle sera la recette de BMCE BoA?
    - Nous sommes la première banque francophone dans la région et nous adaptons notre stratégie à chaque environnement de marché. C’est cela la clé du succès. Vous ne pouvez pas avoir une seule formule pour mener une croissance à l’international. En Afrique subsaharienne, comme partout ailleurs, chaque marché a ses réalités et ses spécificités. Il faut s’adapter à chaque pays, dans le respect, évidemment, des réglementations locales. C’est notre règle d’or. Cela passe par l’innovation produit, par exemple… Nous assistons, en Afrique de l’Est, au succès de nouveaux canaux d’inclusion financière comme le m-pesa ou le m-banking. Ce sont des expériences réussies qui peuvent être déployées dans d’autres marchés où nous sommes présents.

    - Le maintien du franc CFA, comme monnaie commune, soulève beaucoup de passions dans la région ouest-africaine. Que vous inspire ce débat?
    - Il faut reconnaître que le CFA a jusque-là été un réel vecteur de croissance et de stabilité pour les économies de l’UEMOA, même s’il coûte beaucoup à ces pays. Je pense qu’il faudrait la maintenir, tout en revoyant les coûts. Je fais allusion, là, à une gestion optimale chez les détenteurs des réserves. On ne change pas une équipe qui gagne. Jusqu’à maintenant, cette monnaie et son espace de circulation ont réussi à garder une stabilité économique. Il faudrait préserver cette situation. Rien au monde ne remplacera cette sécurité monétaire. Par contre, ce que l’on pourrait faire, encore une fois, c’est d’en revoir les règles, dans l’objectif de les rendre plus adaptées aux réalités économiques actuelles des pays de l’espace UEMOA.

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    - En parlant de monnaie, justement, le dirham aussi se prépare à sa flexibilité. Qu’attendez-vous de ce tournant?
    - Le Maroc a une particularité d’avoir une monnaie quasiment convertible. Ce qui manque à sa convertibilité totale, c’est la possibilité de la changer dans n’importe quelle autre devise étrangère. Cette flexibilité permettra, progressivement, de faire prendre conscience aux opérateurs économiques que la monnaie est volatile et qu’elle s’adapte aux marchés internationaux, avec la perspective, à terme de la rendre totalement convertible. Nous avons habitué le marché à des garde-fous. A présent, nous rentrons dans la mondialisation et la véracité des prix et des monnaies.
    - L’ambition annoncée par le groupe est, à terme, d’être dans tous les pays du continent. Vers quelles régions comptez-vous vous positionner en priorité?
    - Nous n’excluons aucune région du continent dans notre vision de croissance à l’international. Là où nous trouvons des opportunités intéressantes, et qui correspondent aux capacités de la banque et en conformité avec les règles prudentielles, nous y serons. Nous ne privilégions aucune destination. Ceci étant, notre développement en Afrique du Nord continuera à se faire sous le label BMCE Bank, tandis que Bank of Africa sera notre brand au sud du Sahara.

    Chiffres clés

    73,7% détenue par BMCE Bank depuis 2010

    • 18 pays en Afrique

    • 5.500 collaborateurs

    • 2,9 millions de comptes clients

    • 1.200 agences

    • 2 milliards de Résultat net part du groupe (2016)

    Propos recueillis par
    Safall FALL

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