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    Société

    Les Musiques sacrées de Fès au Sénat français

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5001 Le 12/04/2017 | Partager
    La 23e édition promue à Paris
    Un hommage à la denrée rare «l’eau et le sacré»
    La Chine à l’honneur du 12 au 20 mai, à Fès
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    Du beau monde pour célébrer le lancement de la promotion du Festival de Fès des musiques sacrées du monde en France. De gauche à droite, Christian Cambon, secrétaire du Sénat, Edgar Morin, philosophe et sociologue, Abderrafih Zouitene DG de l'ONMT et Chakib Benmoussa, ambassadeur du Maroc en France, posant sous le portrait de Napoléon (Ph. YSA)

    Un passage obligé, un rituel, pour la promotion du Festival de Fès des musiques sacrées du monde. L’événement phare de la capitale spirituelle est présenté, chaque année, au Sénat français, à Paris. Une rencontre que considère Christian Cambon, président du Groupe interparlementaire d’amitié (GIA) France-Maroc du Sénat, le 2e plus grand groupe de sénateurs (70) après celui de France-Chine, comme «un trait d’union culturelle entre le Maroc et la France, un symbole de l’amitié, la fraternité et l’histoire qui unissent les deux pays».

    C’est aussi une occasion pour ses organisateurs d’inviter le gotha français à venir découvrir l’âme de Fès et célébrer son festival de paix et de tolérance. «Il y a des vols directs entre Fès et Paris ainsi que d’autres destinations françaises», rappelle Abderrafih Zouitene, président de la Fondation Esprit de Fès et du festival et également patron de l’Office national marocain du tourisme (ONMT). C’était à l’occasion de la présentation de la 23e édition du festival de Fès des musiques sacrées du monde, lundi dernier, au sein d’un prestigieux appartement de Napoléon, sis au Sénat à Paris.

    Lequel a accueilli, ce 10 avril, au côté de la presse française, des invités de renom tels Edgar Morin, Zhour Alaoui, Bariza Khiyari, ou encore la célèbre poète et chanteuse Sapho, Malek Belarbi et Zineb Filali. Cette dernière a donné un avant-goût du festival en Malhoun. «Le festival de Fès est une réponse aux extrémistes», renchérit Cambon. Ce dernier faisait allusion à l’attentat de la veille (dimanche 9 avril) en Egypte.    
    Prévue du 12 au 20 mai, la nouvelle version célébrera l’eau dans sa dimension sacrée. Elle promet des moments de musique et de partage mémorables au fil de quatre rendez-vous: les concerts et spectacles autour des musiques sacrées, les Nuits de la Médina, le Forum de Fès, premier événement à prendre place à Al Quaraouyine depuis sa restauration, et le Festival dans la ville, s’offrant au plus grand nombre.

    Cette 23e édition sera ainsi placée sous le signe de l’eau entendue comme source de vie et d’inspiration irriguant tour à tour le corps et l’âme. «Tout sauf anodin, ce choix répond à la nécessité de sensibiliser le plus grand nombre aux problématiques écologiques qui travaillent la planète et dont dépend le sort même de l’humanité. Souvenons nous que la COP22, ayant eu lieu à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016, a mis l’emphase sur l’eau comme enjeu primordial, certains chercheurs affirmant que les écosystèmes pourraient connaître un effondrement total et irréversible d’ici 2100», précise Zouitene.

    Selon lui, Fès, la ville aux mille sources, incarne cette vision. Son festival aussi. D’ailleurs, à l’affiche de cette 23e édition, on découvre la Mederssa d’El Attarine, datant de l’époque des mérinides (XIV siècle) et sa fontaine centrale. Tel un appel pour visiter la médina de Fès, mais pas seulement. «D’importants investissements ont été mobilisés pour restaurer les monuments de Fès, Rabat «ville lumière», Tanger, Casablanca, et Marrakech…pour que les Marocains s’approprient leur culture et pour que les touristes viennent de plus en plus nombreux découvrir notre patrimoine», explique le patron de l’Office.  

    De son côté, Chakib Benmoussa, l’ambassadeur du Maroc à Paris, a noté que «le festival de Fès qui se renouvelle, reflète l’attachement du Maroc pour le dialogue des cultures et des civilisations». «Aussi bien le Maroc que la France se mobilisent pour défendre ces valeurs communes et font en sorte que leur coopération culturelle soit extrêmement forte…salon du livre, colloques et festivals en sont des exemples», témoigne le diplomate.

    Des ponts culturels

    Dialogues et échanges autour de la sacralité spirituelle, mythologique et philosophique de l’eau seront au rendez-vous du forum de Fès: une âme pour la mondialisation. Initiées du 13 au 15 mai, les réflexions dudit forum esquisseront «les dimensions spirituelles de l’eau», «l’eau dans les exigences du développement durable», et «l’eau dans les écosystèmes fragiles». «Sur les traces de la COP22, l’événement scientifique recevra entre autres, le grand philosophe Edgar Morin, Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau, Abdeladim Lhafi, Haut-commissaire aux eaux et forêts, Pierre-Louis Mayaux, chercheur en politique de l’eau et de l’environnement Cirad/Ecole de gouvernance et d’économie (EGE)», indique Driss Khrouz, directeur du forum. De la grande musique, des rencontres, des expériences multiculturelles, mais surtout de la création et du partage, c’est ce qui caractérise le Festival de Fès. Côté littérature, le dernier ouvrage de Tahar Benjelloun sera lu par Nicolas Pignon et accompagné en musique par Driss El Maloumi et ses musiciens, en présence de l’auteur. Une première proposition qui sera suivie de La Fiancée de l’eau, une sélection de textes signés également par Tahar Benjelloun.

    Une création «Spirit on the Water»

    A Fès, pour la seconde année consécutive, le festival met à l’honneur une culture: après l’Inde, la Chine au patrimoine millénaire d’une incroyable richesse sera honorée. La soirée inaugurale du festival, patrimoine de l’Unesco, se veut engagée en faveur du respect de l’environnement, comme le prolongement naturel d’une démarche spirituelle. Y sera présentée une création sur-mesure mobilisant des artistes venus des quatre coins du monde: Spirit on the Water, imaginée par le directeur artistique Alain Weber et mise en musique par le compositeur et chef d’orchestre Ramzi Aburedwan. «Ce spectacle, dont le titre est emprunté à une chanson mythique de Bob Dylan, porte un regard sur l’eau comme source de vie. Sa mise en scène et sa narration musicale se veulent contemporaines et «organiques»», décrit Weber. «Spirit on the Water qui se base sur la technique du mapping et le son des dauphins…ouvre avec éclat une programmation inspirée par l’eau et l’amour de la nature, et ponctuée par la liesse du flamenco, l’esprit de fête inhérent aux patrimoines insulaires, la magie de créations originales et de toutes sortes de surprises... En une dizaine de jours, concerts, nuits soufies, tables rondes se succèderont dans différents lieux (voir programme sur www.fesfestival.com)», conclut-il.

    DNES, Youness SAAD ALAMI

     

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