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    Culture

    «Génération Flash»: Artistes solidaires

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:4992 Le 30/03/2017 | Partager
    38 artistes au chevet d’une résidence d’artistes en difficulté
    Une expo-vente du 30 mars au 10 avril à Casablanca
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     Ryad Piri-Piri, une résidence d’artistes qui veut soutenir des projets ancrés dans la cité en impliquant au maximum les riverains (Ph. Lmiditi)

    Ils sont 38 artistes, toutes générations et médiums confondus, à répondre à l’appel de leur collègue Younes Baba Ali. Objectif, sauver Piri-Piri, une résidence d’artistes à El Jadida, menacée de fermeture pour absence de subventions et par manque de sources de financements. L’opération est portée par l’association Lmiditi Temporary Art Projects (clin d’œil humoristique à cette fameuse humidité qui habite la ville et qui est responsable de tout selon les jdidis) et soutenu par la Fondation Alliance, une expo-vente a lieu à partir d’aujourd’hui, 30 mars et jusqu’au 10 avril 2017 dans les locaux de la fondation à Casablanca, l’exposition regroupe plus d’une centaine d’œuvres, destinée à  lever les fonds indispensables à la pérennité du projet.

    Mahi Binebine, Yamou, Hassan Darsi, Amina Agueznay, Malika Agueznay, Hicham Benohoud, Zoulikha Bouabdallah, Khalil Nemaoui, Anna Raimondo… la mobilisation a été instantanée, artistes et acteurs de la scène culturelle marocaine n’ont pas hésité à s’engager dans une action solidaire en faveur d’un projet porteur des valeurs auxquelles ils adhèrent. «Au début nous comptions sur une petite vingtaine d’artistes pour cette aventure, mais nous avons été surpris par l’intérêt qu’a suscité cette opération.

    Beaucoup d’artistes se sont proposés spontanément dans un très bel élan de générosité.  Je pense que nous venons tous de poser une grande pierre ensemble, un début d’aventure commune pour la création d’un hub culturel commun où les esprits se rencontrent et les projets fusent» précise Younes Baba-Ali l’initiateur, de l’opération qu’il s’est résolu à lancer après avoir essuyé 4 refus de prêts successifs de la part des banques. La photographe Zineb Andres Arraki ne peut, elle, s’empêcher de citer l’artiste autrichien Hundertawasser  pour expliquer son engagement: «Lorsqu’un seul homme rêve, ce n’est qu’un rêve. Mais si beaucoup d’hommes rêvent ensemble, c’est le début d’une nouvelle réalité», et d’ajouter «Flash c’est le genre de projet qui me pousse à me réveiller chaque matin souriante et optimiste».

    Intitulée «Génération Flash» comme le nom de ce chewing-gum bien de chez nous «qui traverse les générations réunissant les esprits autour d’une mémoire collective populaire née dans les années 60» selon le collectif d’artistes. «Nous avons beaucoup réfléchi avec les artistes et la fondation Alliance pour proposer des prix qui, sans dévaloriser le travail artistique, restent abordables (entre 5.000 et 90.000 DH), car nous voulons également encourager des personnes qui n’ont pas forcément des moyens illimités de pouvoir acquérir une œuvre d’art» précisent les organisateurs.

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    Vagues dorées de Hassan Darsi, qui compte parmi les artistes contemporains les plus influents du moment. L’œuvre fait partie de l’exposition «Flash» destinée à  lever les fonds en soutien à la résidence d’artistes d’El Jadida. (Ph. Lmiditi)

    Pensé comme une résidence d’artistes internationale, le Ryad PiriPiri, se veut une  plateforme de recherches et de production favorisant les rencontres et la collaboration des acteurs du monde culturel, Il est destiné aussi bien à réanimer le patrimoine local, en collaborant avec les artistes locaux, les associations et les riverains, qu’à mettre en place les conditions d’une recherche artistique contemporaine. «Nous voulons que tous les projets de la résidence soient ancrés dans la cité. Il y a ici un contexte historique et culturel très fort, d’où la nécessité d’impliquer les habitants de la cité, les artisans ou du moins choisir les lieux patrimoniaux comme objet d’inspiration ou d’exposition des projets artistiques de Ryad Piri-Piri» précise Baba-Ali.

    «Sawt El Mellah» est d’ailleurs l’un des premiers projets inclusifs de Ryad Piri-Piri. Il s’agit d’un laboratoire de création sonore et phonique. Les organisateurs veulent impliquer des programmateurs, producteurs  internationaux, de radios notamment Elisabeth Zimerman de la  Kunst radio Berlin ou Sylavain Gire, le fondateur de Arte radio, ainsi que des spécialistes du monde de l’art sonore  pour expérimenter des projets avec des artistes locaux. «On pourrait envisager de créer par exemple une radio éphémère, qui produirait du contenu avec les habitants».

    Un projet qui rentre parfaitement avec les objectifs de l’association Lmiditi: favoriser la recherche avec comme point de départ la cité portugaise, tout en valorisant son patrimoine et en étroite collaboration avec ses habitants, sous forme d’interventions artistiques, de résidences de recherche et de production, de rencontres et d’échanges sur un axe principalement focalisé sur les cultures et pratiques contemporaines.

     

     

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