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    Dossier Spécial

    IDE: Quand le business défie les frontières!

    Par Safall FALL | Edition N°:4968 Le 24/02/2017 | Partager
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    En termes de destination d’investissement, le continent prend de plus en plus d’ampleur dans les investissements marocains à l’étranger. Une tendance qui s’est progressivement accentuée ces dernières années

     

    La ruée continentale des IDE marocains se poursuit. Il reste, toutefois, que le Royaume, à travers son histoire économique contemporaine, a rarement connu des épisodes aussi intenses dans ses relations avec les pays du sud du Sahara que celles des dernières années. Chiffres à l’appui, l’afro-optimisme marocain se caractérise par plus de 500 conventions et accords gouvernementaux et/ou privés, 51% des IDE sortants sur la période 2003-2013 (selon le ministère des Finances, juillet 2015), plus de 20% des activités des entreprises marocaines opérées dans le continent sur les 5 prochaines années (Etude BearPoint/Asmex)… Les statistiques parlent d’elles-mêmes. 

    Pendant longtemps exportateur de biens et de services, le secteur privé marocain a aujourd’hui fini de se positionner en tant qu’investisseur net et créateur de valeur ajoutée et de richesses dans les marchés subsahariens. 
    Après l’officialisation de la réintégration du Royaume dans les instances de l’Union africaine (U.A), l’on aurait été tenté de parier sur une éventuelle baisse de régime dans l’offensive économique menée par le Royaume dans cette région du monde. Mais la thèse de «la diplomatie économique au service de la cause politique» est en train d’être démontée. Après l’étape historique d’Addis-Abeba, le Souverain vient en effet de boucler une nième tournée qui l’a mené au Ghana puis en Zambie, en VRP de premier ordre. A la tête d’une délégation composée de tout ce que le Royaume a de meilleur à offrir en termes de business: agro-industrie, transport/logistique, énergie, infrastructures, banques-finances, industrie, IT&Telco et l’immobilier. Ce sont d’ailleurs ces 4 derniers secteurs qui concentrent le gros des flux d’investissement vers l’Afrique subsaharienne. 52% de ces IDE sont à l’actif des banques marocaines, 32% dans les télécoms, 7% auprès de divers holdings et 3% dans les industries (selon le ministère de l’Economie et des Finances-juillet 2015). En bons «champions», ce sont les grands groupes qui ont montré la voie. Une étude de la DEPF, publiée en juillet 2015, soulevait déjà le paradoxe: «Les investissements en Afrique subsaharienne portent sur un ensemble diversifié de secteurs, mais demeurent l’apanage d’un cercle restreint d’investisseurs». Radioscopie d’une politique qui n’a pas encore révélé tous ses secrets.

    Banques: Les baliseurs
    Ce sont les bailleurs de l’expansion économique du Royaume dans le continent. Aujourd’hui, le top 3 du marché (Attijariwafa bank, BMCE Bank of Africa et le Groupe Banque Populaire), opère en moyenne sur un réseau d’une vingtaine d’implantations sur les 54 marchés que compte le continent. Chez AWB, cette présence est déployée sur une quinzaine de pays. 10 ans après sa première implantation en greenfield au Sénégal, le groupe bancaire a réalisé près de 30% de son Produit net bancaire (PNB) essentiellement sur les marchés de banque de détail du continent. Ce qui correspond à une valeur de 2,8 milliards de DH, à fin juin 2016. BMCE BoA, elle aussi, a résolument «panafricanisé» son identité et son business. Le groupe opère sur 20 implantations dans le continent qui couvrent 4 des 5 principales zones économiques du continent. A fin 2016, l’Afrique pesait 31% du Résultat net part du groupe. Cette contribution augmente régulièrement depuis 2011 de 18% par an. Une étude du cabinet BearPoint classe ces deux banques dans le «top of mind» des entreprises marocaines modèles en termes de développement en Afrique. Last but not least, outre ses activités de détail via sa filiale subsaharienne Banque Atlantique (ABI), présente dans tout l’espace UEMOA, le Groupe Banque Centrale Populaire (GBCP) se positionne aussi en véritable acteur de la finance inclusive à travers sa branche micro-finance. Les activités du groupe sur ce segment sont portées par Atlantic Microfinance for Africa (Amifa). A fin juin 2016, ABI a porté à 13% sa contribution au PNB du groupe, contre 12% un an auparavant. Aujourd’hui, le principal challenge est de sortir des zones de confort et de se positionner sur les marchés d’Afrique de l’Est et australe.

    Télécoms: Le connecting people
    Sur ce terrain, Itissalat Almaghrib (IAM) en est de loin le principal player. Le groupe assure sur le marché subsaharien une très vieille présence. Dès 2001, l’opérateur s’implantait en Mauritanie en prenant le contrôle, à l’époque, de Mauritel. 16 ans plus tard, le périmètre de consolidation du groupe intègre de nouvelles filiales en Côte d’Ivoire, au Benin, au Togo, au Niger et en Centrafrique, ainsi que Prestige Telecom qui fournit des prestations IT auprès de ces entités. Ce qui porte les implantations internationales de l’opérateur à un total de neuf pays (Onatel au Burkina Faso et Sotelma au Mali). Au cours des neuf premiers mois de 2016, les activités du groupe à l’international ont enregistré un chiffre d’affaires de 11,4 milliards de DH, en hausse de 12,4%. Cette performance s’explique par l’effet combiné de «la forte croissance des revenus des nouvelles filiales (17% à base comparable) en Côte d’Ivoire et au Niger et de la croissance solide des revenus des filiales historiques (5% à base comparable). Sur le volet opérationnel, le groupe opère sur le mobile dans l’ensemble de ces neuf marchés subsahariens, ainsi que sur le fixe dans uniquement quatre d’entre eux (Mauritanie, Burkina Faso, Gabon, Mali).  

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    Les banques pèsent près de la moitié des flux d’IDE marocains sortant. Le secteur a largement assuré son rôle d’éclaireur dans une zone où les investissements marocains étaient encore très peu présents

    Assurances: Les sentinelles 
    Même si les ambitions panafricaines sont relativement récentes dans ce secteur, elles demeurent très prometteuses. Elles ont démarré avec le groupe Saham, via son pôle assurance Saham Finances. La compagnie panafricaine de Moulay Hafid Elalamy est aujourd’hui présente dans 26 pays à travers 61 filiales, dont 34 compagnies d’assurances et de réassurance. Elle opère sur un réseau de plus de 600 agences dans le continent pour un business d’un peu plus de 1 milliard de DH (2014).
    Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps avant que d’autres compagnies marocaines se décident à se lancer. A la seule différence près que celles-ci peuvent s’appuyer sur le réseau de leurs filiales bancaires sœurs. Wafa Assurance, par exemple, a réalisé en Afrique quelque 282 millions de DH de chiffre d’affaires en 2016. L’assureur est présent en Tunisie, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Cameroun. RMA Watanya a aussi dévoilé ses ambitions de croissance sur le continent. Il faut savoir que le marché africain de l’assurance, encore peu développé, devrait doubler de taille sur les 5 à 7 prochaines années. Ce qui laisse entrevoir d’importantes opportunités d’investissement pour les compagnies marocaines. 

    Industrie/Mines: L’heure de la maturité
    L’implantation industrielle est une étape décisive dans l’internationalisation des investissements marocains. Face aux potentiels du marché subsaharien et au cumul d’expertise, les entreprises marocaines n’ont pas tardé à faire le saut. Le groupe

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    OCP, par exemple, leader mondial de l’industrie des engrais, vient d’asseoir résolument son rôle de locomotive en lançant, il y a une année tout juste, une filiale dédiée au continent: OCP Africa. Sur les neuf derniers mois de 2016, le marché subsaharien a représenté 24% des exportations globales du groupe. Une proportion qui fait de cette région un relais de croissance stratégique. D’où, justement, la décision d’y investir gros. 
    Le géant s’est récemment associé au groupe nigérian Dangote pour la réalisation d’une plateforme industrielle de production d’engrais dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. La même approche est déployée en Ethiopie en partenariat avec le gouvernement de ce pays. Coût global du projet: 2,4 milliards de dollars, dans un premier temps, puis 1,3 milliard de dollars à partir de 2025. Managem, leader marocain des mines, figure aussi dans la liste des success-stories. Actif depuis 2000 sur le continent, le groupe opère aujourd’hui dans huit pays dont le Gabon, l’Ethiopie et la Guinée Conakry. Sur ce dernier marché, le groupe vient de finaliser une importante convention minière avec le gouvernement guinéen et des partenaires privés, relative au projet aurifère Tri-K (en Haute Guinée). L’investissement porte sur 100 millions de dollars pour la réalisation de la mine, pour une production annuelle de 100.000 onces d’or. 
    Sur le segment industriel, des acteurs comme Delattre Levivier Maroc (DLM) et Buzzichelli ont également réussi à se frayer une place à l’échelle continentale. Des investissements industriels sont aussi notés dans les secteurs du ciment (Cimaf de l’homme d’affaires Anas Sefroui), de l’agroalimentaire (Aiguebelle en Côte d’Ivoire) de la fabrication de médicaments (Cooper Pharma en Côte d’Ivoire, Sothema au Sénégal, Pharma5) et de la pétrochimie (SNEP en Côte d’Ivoire)…

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    Immobilier: Les bâtisseurs
    L’émergence d’une classe moyenne  et la multiplication des politiques d’habitat en Afrique ont rapidement rendu ce secteur attractif. La plupart des promoteurs et aménageurs-développeurs s’y sont déjà positionnés depuis plusieurs années. Les groupes Addoha, Ynna Holding, Peacok Investment (Holmarcom) et Alliances sont parmi les grands acteurs de cette expansion dans le continent. En Côte d’Ivoire, Addoha a lancé en 2014 la construction de 8.000 logements économiques ainsi qu’une école sur une superficie globale de 29 hectares, pour un investissement global de 2,2 milliards de DH. Alliances a également investi sur ce même marché, quasiment le même montant, pour la réalisation du projet immobilier «Résidences Akwaba», d’un coût global de près de 2 milliards de DH. Les deux opérateurs sont aussi présents au Sénégal pour d’importants projets immobiliers et d’aménagement urbain. Tout dernièrement, c’est le groupe Palmeraie Développement qui vient renforcer ces acquis en lançant un projet résidentiel de 5.000 logements économiques à Kigali, au Rwanda, en partenariat avec la Banque rwandaise de développement (BRD) et la BMCE BoA. Le coût global du projet est annoncé à 1,5 milliard de DH. Il sera développé sur un site de 20 hectares.  

    Energie: Les électrons du Sud-Sud
    L’un des acteurs majeurs de la coopération Sud-Sud en matière d’énergie, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) opère depuis plusieurs années au Sénégal un contrat de concession de 25 ans. L’engagement porte sur l’électrification des départements de Saint-Louis, Dagana et Podor (nord du Sénégal). L’Office est aussi présent dans la production et la distribution d’eau potable au Cameroun. Dans le secteur des énergies renouvelables, un segment à gros potentiel en Afrique, Masen ne cache pas ses ambitions panafricaines. L’agence, acteur institutionnel de référence des énergies vertes au Maroc, s’est récemment associée avec l’industriel français Alcen pour le développement de technologies solaires nouvelles dans le continent. Les deux organismes participent aussi activement au partage de savoir-faire et d’expertises dans leurs domaines respectifs. Dans le privé, Platinum Power est parmi les acteurs les plus dynamiques du moment. L’opérateur indépendant d’électricité panafricain opère présentement près de 1.000 MW de projets hydroélectriques, éoliens et solaires au Maroc, en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Sénégal.

     

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